3. Week-end de Jean-Luc Godard (1967) (8/10)
En suivant Jean Yanne et Mireille Darc sur la route des congés, Godard transforme le voyage, voire le road movie, en film de guerre aux allures de comic book. A l'image de La Chinoise, Week-end est une comédie prémonitoire de 68. Sauf qu'à la révolte estudiantine que Godard filmait en s'interrogeant, Week-end imagine un pays en proie à la débâcle : ce sera une comédie noire, méchante, cynique. Durant son périple, le couple bourgeois avance sur une terre dévastée où se déplie un panel de la société. Comme à la guerre, on marche, des accidents obligent à changer de véhicule ; des cadavres de voitures jonchent les routes ou chemins ; on avance sur une terre où toute destination devient incertaine ; le sang coule, il y a des morts, des traîtres et des opportunistes, c'est le combat de l'homme contre l'homme et tout ceci est absurde. Week-end a cette beauté qu'ont les films apocalyptiques, une beauté radicale où chacun est renvoyé dans ses propres limites ou contradictions.
































