6. Voyage à deux (Two for the Road) de Stanley Donen (1967) (5/10)
Lorsqu'il tourne Voyage à deux, Stanley Donen porte un regard critique sur sa carrière. Ses comédies musicales de génie n'ont plus grand intérêt pour lui : trop sentimentales. En revanche cette histoire de couple avec Audrey Hepburn et Albert Finney le motive, il y voit une nuance apparemment absente de ses précédents films. Donen avait tort, bien entendu (ses musicals resteront parmi ses chefs-d'œuvre). Mais aussi un peu raison : le film est porté par une recherche d'ambiguïté teintée d'amertume. Voyage à deux, récit déstructuré d'un couple que Donen suit au long d'une route servant de point névralgique, est donc une œuvre dont la composition fragmentaire est une quête de vérité. Un film puzzle où la route sert de jointure à chaque pièce, pour une image du couple avec ses mensonges, trahisons, hypocrisies, ressentiments, joies et tristesses. Certainement pas le plus beau film de Donen, mais un voyage virtuose illuminé par la présence de notre éternelle âme sœur, Audrey Hepburn.
































