7. Les Naufragés de l’île de la tortue de Jacques Rozier (1976) (4/10)
Récit d'un fiasco qui fit un bide à sa sortie, Les Naufragés de l'île de la Tortue est un film vagabond, improvisé, libre, drôle et unique. Pierre Richard et Jacques Villeret y errent dans les Caraïbes, dépêchés par une agence de voyage pour mettre au point un concept de vacances révolutionnaire vendant à ses clients une vie à la Robinson Crusoé. Avec un style rare, qui n'appartient qu'à lui, Rozier invente un voyage improbable, loufoque, buissonnier, joyeusement bordélique. Un road trip où le film et son tournage semblent se confondre, avec la même décontraction, une attitude tranquille et amusée face à l'errance, le fait d'avancer sans but, généreusement. Le voyage comme succession d'accidents, manière de vivre plus que manifestation de l'imprévisible ; d'avancer sans direction, à l'aveugle, pour le plaisir, la joie de s'affranchir des habitudes, et ainsi partir enfin, pour de bon, à l'aventure, est sans doute sa pratique la plus sereine et vivifiante.
































