Mikio Naruse

Mikio Naruse Nationalité : japonaise
Naissance : 20 August 1905 à Tokyo (Japon)
Mort le : 02 July 1969

Métier : Réalisateur
Shochiku : 110 ans, ça se fête !
Jusqu'au 15 janvier, la Cinémathèque...

Mikio Naruse fait partie, avec Akira Kurosawa, Kenji Mizoguchi et Yasujiro Ozu à qui il fut souvent comparé, des plus grands auteurs du cinéma japonais reconnus à l’étranger. Sa carrière débute dès son adolescence puisqu’il est engagé à 15 ans à la Shochiku comme accessoiriste puis en tant qu’assistant réalisateur. Passant à la réalisation en 1930, il enchaîne les comédies satiriques comme Bon courage, larbin ! (1931) et les mélodrames modernes (gendaigeki) souvent influencés par le cinéma hollywoodien, tels que Après notre séparation (1933), Rêves de chaque nuit (1933) ou La rue sans fin (1934), son dernier film pour la Shochiku qu’il quitte pour mésentente avec son directeur, Shiro Kido. Il passe alors à la PCL (future Toho), spécialisée dans le parlant, et obtient un prix pour Ma femme, sois comme une rose (1935) où son style poétique culmine, bien qu’il soit encore relativement décoratif.

Après la guerre Naruse se spécialise dans le shomingeki (tragi-comédie sur les classes salariées), puis le mélodrame, où il s’intéresse à la famille en général et la mère en particulier : ses films les plus célèbres seront ainsi de vibrant portrait de femmes, belles, fortes, tragiques, souvent face à des hommes laches ou irresponsables. Marqué par un pessimisme social définitif l’opposant finalement à Ozu, ses chroniques de la vie ordinaire ont donné des œuvres magnifiques comme La mère (1952), Le grondement de la montagne (1954), Le Repas (1953), L’épouse (1953), Frère aîné, sœur cadette (1953), Au gré du courant (1956) et L'histoire de la femme (1963), qui toutes traitent de personnages incapables de trouver la liberté à cause des liens familiaux, de leur couple miné par la société ou de leur quotidien mis en péril face au changement. Cinéaste de la condition féminine et du désespoir, comme avec son film le plus connu, Nuages flottants (1955), Naruse se tourna avec l’âge vers un style de plus en plus traditionnel et conservateur, avec toujours plus d’économie de moyens dans la mise en scène, comme son ami Ozu. Cinéaste avec qui il partageait cette idée que les films devraient être « des choses qui ne vivent que dans la mémoire des spectateurs ou bien s’évaporent dans le néant ».

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