Abel Gance



Abel Gance Nationalité : française
Naissance : 25 octobre 1889 à Paris
Mort le : 10 novembre 1981

Métier : Réalisateur
J'ai filmé Napoléon parce qu'il était un paroxysme dans une époque qui était elle-même un paroxysme dans le temps.
Ajouter une citation de Abel Gance
Cannes 2009 : tous les films en compétition
C'est dans les salons d'un grand hôtel...
Le cinéma expérimental à l'épreuve du...
On a longtemps qualifié "Meshes of the afternoon" de Maya...
La short list du Pape
On aime tous les short lists. Alors quand c'est...
Abel Gance est l'un des pionniers du cinéma aux côtés de l'Américain D.W. Griffith et du soviétique S.M. Einsenstein. Avec Louis Delluc et Marcel L'Herbier, il a élevé le cinéma au rang d'art via une constante recherche d'expérimentation, avec les risques et les échecs qu'une telle entreprise implique, comme en témoignent deux de ses films les plus connus (et innovants) : La Roue (1923) et Napoléon (1927).

Né dans une famille modeste, ses études secondaires lui donnent le goût de la littérature et du théâtre. Peu enclin à faire profession dans le domaine du droit, il se lance dans une carrière d'acteur et se fait engagé dès 1908 au Théâtre Royal du Parc de Bruxelles. Au cours de ses tournées en Belgique et en France, il se fait dramaturge et signe deux tragédies dont La Victoire de Samothrace. Apparu pour la première fois à l'écran dans Molière de Léonce Perret (1909) dans le rôle-titre qu'il s'est lui-même écrit, il se lance définitivement dans la jeune industrie du cinéma en tant que scénariste. Auteur des scripts du Portrait de Mireille (Léonce Perret, 1909) avec Louis Feuillade, il enchaîne avec Paganini (Albert Capellani, 1910) ou L'Auberge rouge (Camille de Morhlon, 1910).

Des ambitions cinématographiques


En 1911, il fonde la société Films Français et réalise son premier film : La Digue (id). D'une imagination débordante, il écrit et met en scène tout en essayant d'explorer les ressources techniques qu'offrent le cinéma, en particulier, la prise de vue et le montage. Jusqu'en 1916 il est ainsi l'auteur d'une quinzaine de films qui, peu à peu, lui permettent d'acquérir une petite notoriété, à l'image du Nègre blanc (1912), Le Masque d'horreur (id), L'héroïsme de Paddy (1915), Un drame au château d'Acre (id). Seul La Folie du docteur Tube (id) ne rencontre pas le succès espéré, probablement en raison de ses nombreuses tentatives de trucages, et même si Georges Méliès s'était déjà aventuré, et avec succès, sur son terrain. Cet échec ne décourage pas Gance qui se lance dans de nouveaux projets tels que Mater Dolorosa (1917), Le Soleil noir (1918) ou La Dixième Symphonie (id), ses premiers grands films, dont l'audace formelle provoque à la fois méfiance et enthousiasme de la part du public mais aussi des professionnels.

A ce titre, J'accuse (1919), plaidoyer contre la Grande Guerre qui l'a profondément marquée, à la fois grandiloquent et lyrique, empreint d'une sincérité naïve continue de diviser la critique. Tout comme La Roue (1923) se veut être une symphonie poétique dans laquelle « le monde des locomotives, des rails, des disques contraste avec un monde de neige, de sommets, de solitude » (Abel Gance). D'une ambition frôlant la mégalomanie, Gance, il est vrai ne fait souvent pas dans la nuance, et si ses films font preuve d'une créativité rare et précieuse, cette sdernière est trop souvent reléguée au second plan par une artificialité omniprésente et un symbolisme primaire que viennent appuyer des trucages incessants et le manque de subtilité de son propos. Si bien qu'à leur sortie en salles, ses œuvres seront souvent taxées de « mauvais goût » et Gance, loué pourtant pour son génie technique, souffrira d'une mauvaise réputation en raison de son manque reconnu de talent.


Génie créatif


Pourtant, les films qu'il propose sont d'un ordre nouveau. La vision que propose Gance est nouvelle, révolutionnaire, avant-gardiste. Alors que les techniques et la grammaire cinématographiques en sont à leurs balbutiements, ils inventent, au fil du temps et des films, les outils manquants, ceux qui viendront combler son imagination et ses ambitions débordantes. Surimpression, polyvision, écran panoramique, stéréophonie ou pictographe pour lequel il reçoit le prix international de l'Invention en 1954. Son chef d'œuvre, Gance en achève la réalisation en 1927 : ce sera Napoléon, une fresque colossale et grandiose, premier film à grand spectacle, resté inachevé faute de moyens et que le cinéaste sonorisera en 1931 et modifiera à plusieurs reprises. Avant qu'un gigantesque travail de recherches ne soit orchestré en 1981 avant de restituer le film dans sa quasi intégralité. D'une influence majeure sur les futures générations de cinéastes (notamment Francis Ford Coppola), La Roue parvient à transcender chaque défaut inhérent au style de Gance en une démonstration virtuose et lyrique.

Pris de cours


Mais l'ambiance fantastique de son film suivant, La Fin du monde (1931), n'attire pas les foules. N'ayant pas su réellement s'adapter aux nouvelles contraintes techniques liées au passage au parlant, Gance ne parvient pas à se renouveler. Contrairement au Maître de forges (1933) ou à Lucrèce Borgia (1936), Un grand amour de Beethoven (1936) et Paradis Perdu (1940) lui permettent pour un temps de se remettre en selle. Mais aucun de ses films suivants, La Vénus aveugle (1941), Le Capitaine Fracasse (1943) ou La Tour de Nesle (1955), ne sont dignes de son éclat passé. En 1960, le médiocre Austerlitz et ses essais télévisés (Marie Tudor, 1966 ; Valmy, 1967), l'entérinent définitivement. Paradoxalement, c'est à cette époque, que le cinéma français décide de lui rendre hommage et de louer son génie visionnaire, notamment par le Grand Prix national du cinéma en 1974 et un César d'honneur en 1980. Jusqu'à son décès l'année suivante, Abel Gance n'aura cessé de travailler sur différents projets, principalement des adaptations de grands classiques littéraires français, qui témoignent de la constance, en dépit de sa situation précaire, de ses ambitions. A noter qu'il est aussi l'auteur de deux ouvrages théoriques sur le cinéma, reflet de ses préoccupations techniques : Le temps de l'image est venu (1926) et Prisme (1930).

Abel Gance : dossiers et critiques

La fin du monde d’Abel Gance (1931)

Personnalités associées à Abel Gance

Collaborations Antonin Artaud, Vittorio De Sica

Abel Gance : vos commentaires

Ajouter un commentaire sur Abel Gance