Alex Proyas s'est fait connaître au milieu des années 90 par ses films à l'ambiance stylisée tels que
The Crow et
Dark City. Né en Egypte de parents d'origine grecs, il a 3 ans lorsque sa famille s'installe à Sidney en Australie où il poursuivra des études de cinéma à l'Australian Film Television and Radio School - il y côtoiera notamment
Jane Campion, avec qui il collaborera sur
A Girl's Own Story (CM, 1984). Proyas n'a alors que 17 ans lorsque, dans le cadre de sa formation, il réalise ses premiers courts métrages
Neon et
Groping (1980). Ce dernier, tourné en stop-motion (image par image), contient déjà en substance certains éléments à venir de son œuvre : une vision aliénante, sombre et angoissée de la ville, plongée dans des univers postmodernes ou futuristes où se combinent plusieurs couches de références artistiques. Le film se fait remarqué, Proyas enchaîne sur d'autres courts : l'oppressant et baroque
Strange Residues (1981),
Spineless (1987), puis il passe enfin au long avec
Spirits of the Air, Gremlins of the Clouds (1989), un film de science fiction post nuke à petit budget. Très stylisé malgré son manque de moyens, le film témoigne d'un sens inné pour l'image. Proyas sait poser une ambiance, travailler sa photographie, jouer sur la lumière, les couleurs, les cadre, les symboles, il s'impose comme un maniériste a priori doué dans une œuvre dont la liberté visuelle se rapproche plutôt du vidéo clip. Vers lequel il se dirige naturellement en tournant une kyrielle de films pour des artistes tels qu'Inxs ou Sting, ainsi que de nombreuses publicités.
En 1994 Alex Proyas se fait connaître du grand public en obtenant l'opportunité de tourner l'adaptation du comics culte de James O'Barr,
The Crow, avec Brandon Lee dans son dernier rôle. Pour un premier coup d'essai à Hollywood, ce n'est pas loin d'être un coup de maître. Le scénario est faible, bourré de lacunes ou de digressions débiles, mais Proyas installe une atmosphère incroyable : gothique et dépressive, expressionniste et maniériste. Chaque plan cherche la composition, comme s'il était ciselé au noir pour mieux faire le portrait romantique de son héros torturé, et l'installer dans les ténèbres de cette ville fantasmatique dont il est le symptôme. Le succès du film lui permet d'enchaîner sur un projet plus personnel et ambitieux dont il écrit le scénario,
Dark City (1998), avec
Kiefer Sutherland et
Rufus Sewell. Avec ce thriller futuriste paranoïaque, Proyas met tous ses talents de metteur en scène pour inventer un univers ultra stylisé, baroque, gothique, saturé de jeux sur la réalité. L'ambiance est à nouveau l'élément clé, sans que celle-ci soit au détriment du récit avec lequel elle se combine admirablement. Malgré son petit budget, Proyas fait preuve d'un talent rare. Hélas, s'il est devenu culte depuis, le film est un semi échec au box office. Il attendra alors quatre ans avant de tourner la comédie australienne
Garage Days (2002), passée inaperçue, puis de prendre les commandes du blockbuster
I, Robot (2004), film de S.F inégal avec
Will Smith. En 2009 il sort enfin
Knowing, un thriller avec
Nicolas Cage.