Acteur et réalisateur à la télévision à la fin des années soixante, metteur en scène et directeur du théâtre de Suresnes, Alexandre Arcady, fils de rapatriés juifs d'Algérie, tourne son premier long-métrage en 1979,
Le Coup de sirocco, avec
Roger Hanin et pour la première fois à l'écran
Patrick Bruel. Un film personnel sur l'immigration de la petite bourgeoisie pied-noir au moment des rapatriements où le cinéaste puise alors dans ses souvenirs. Très attaché à ses racines et à la communauté juive en exil, il obtient un grand succès commercial avec
Le grand pardon (1982), où il retrouve
Roger Hanin pour une chronique sur la mafia juive très influencée par
Le Parrain de
Coppola. Dix ans plus tard il tentera d'y donner une suite,
Le grand pardon II (1992), le film sera un énorme échec. En 1983,
Le grand carnaval, une fresque à gros budget sur le débarquement allié en Afrique du nord, prolonge son travail autobiographique et son goût pour le mélange des genres, de la comédie populaire aux standards hollywoodiens. Mais si on reconnaît à Alexandre Arcady un certain savoir-faire pour planter des ambiances folkloriques et dessiner des portraits chaleureux, il n'évite pas la convention ni la lourdeur ou la maladresse dans sa mise en scène.
Après l'échec de la comédie policière
Hold-up (1985), véritable écrin pour
Belmondo, il revient à son histoire avec
Dernier été à Tanger (1987), puis refait un tour par le polar tendance buddy movie dans
L'Union sacrée (1989), avec
Bruel de nouveau et
Richard Berry. Partagée entre son passé et ses envies de cinéma, la carrière d'Arcady ne cesse ainsi de balancer d'un genre à l'autre, tentant parfois de les mélanger, d'être sérieux et léger à la fois, mais sans jamais réellement y arriver. Avec
Pour Sacha (1991) il essaie de filmer la guerre des six jours et la réalité des Kibboutz sans convaincre ; dans
Dis-moi oui (1995) il tente le difficile exercice de la comédie romantique ; avec
K (1997) il retrouve
Patrick Bruel pour un thriller poids lourd sur fond de réminiscence nazi ; dans
Là-bas mon pays (2000), il replonge avec sentimentalisme et nostalgie aveugle dans une Algérie fantasmée ; en 2002 il succombe encore au polar avec le laborieux
Entre chiens et loups ; et enfin avec
Mariage mixte (2004), il ne réussit qu'une triste tentative de comédie sans une once d'humanité ou de générosité. Décidément inébranlable malgré ses échecs (artistiques ou commerciaux), Arcady sort en 2008 une nouvelle comédie romantique,
Tu peux garder un secret ?, adapté du roman éponyme d'Isabelle Alexis. A noter enfin qu'il est le père du cinéaste
Alexandre Aja et l'époux de la réalisatrice Diane Kurys.