|
|
|
Arnold Schwarzenegger se fait connaître du public avec son interprétation du mythique Conan dans Conan le Barbare (1982) de John Millius. La reconversion de l'ancien sportif tombe alors à pic. En plus d'habiller à la perfection le personnage de son corps musclé, il devient très vite une figure symbolique des années 80 et son culte de la performance, physique ou non (années fric). L'époque veut oublier les années 70 et sa déliquescence morale et politique, l'Amérique désire enterrer les traumas du Vietnam, son échec, ses vétérans amputés incapables de se réinsérer dans un pays qui veut tout oublier, fuir et retrouver l'innocence de l'après-guerre. Stallone, qui sera l'éternel concurrent bodybuildé de Schwarzenegger, a ouvert au même moment la voie avec Rambo, mais de manière beaucoup plus grave et subtile qu'il n'y paraît. Schwarzenegger en sera la facette sans blessure ni faille, l'incarnation du corps machine promettant à une société l'épanouissement dans le culte de soi. Rien d'étonnant donc, après un médiocre et kitsch Conan le destructeur (1984) du pourtant sympathique Richard Fleischer, de retrouver Schwarzenegger dans le rôle qui lui collera toute sa vie à la peau : Terminator (1984) de James Cameron.
Avec Terminator, monument du cinéma d'action et de science-fiction, maîtrisé à la perfection par Cameron qui plus tard fera exploser tous les compteurs des box-office avec Titanic, Schwarzenegger devient une machine. La collusion entre le symptôme et le symbole est alors parfaite. Le corps de l'acteur, de chair et de sang, donne l'illusion idéale d'une mécanique sans âme, froide machine à tuer qui pourrait illustrer son époque dans ses fonctionnements économiques, cet élan déboussolé dans un capitalisme débridé et naïf dont nous recueillons aujourd'hui le libéralisme. Schwarzenegger apparaît ensuite dans ce qui sera le modèle d'un cinéma d'action à la fois populaire et représentatif des années Reagan : Commando (1985) de Mark Lester et Le Contrat (1986) de John Irvin, où l'acteur fait jouer ses muscles et son allure martiale. En 1987, première rencontre avec le talentueux John Mc Tiernan, qui lui offre avec Predator un autre de ses rôles sur-mesure qui participent à sa popularité. Le film, en plus d'être un monument d'action SF d'une maîtrise étourdissante, représente aussi une vision abstraite et fantasmagorique du Vietnam que l'Amérique a déjà enterré, quoiqu'il ne cessera de revenir au cinéma durant cette décennie.
Avec Predator, Schwarzenegger prouve qu'il est également à l'aise et plutôt doué avec l'humour, souvent ironique. Ainsi, après Running Man (1987) de Paul Michael Glaser, adapté de Stephen King et très inspiré du film d'Yves Boisset, Le prix du danger, l'acteur s'essaie au comique décalé et aux vannes dans Double détente (1988) de Walter Hill, un buddy movie pur jus, puis passe littéralement à la comédie avec Jumeaux (Id) et le navet Un flic à la maternelle (1990) d'Ivan Reitman, histoire de montrer qu'il n'est pas simplement une armoire à glace intimidante. Après Total Recall (1990) de Paul Verhoeven, Schwarzenegger retrouve Cameron pour Terminator 2 : le jugement dernier (1992), suite très attendue du précédent épisode. Le film, voire la série, offre une perspective intéressante pour l'acteur. Menant désormais un combat sans merci contre un nouveau Terminator, le T1000, composé de métal liquide (popularisant ainsi pour la première fois le morphing au cinéma), pour protéger le fils de Sarah Connor, le personnage joué par Schwarzenegger s'humanise, il n'est plus simplement une machine à tuer. Ce virage choquera une partie du public attendant de retrouver l'acteur dans le rôle d'un Terminator froid et sans pitié. Pourtant, aujourd'hui ce changement trouve sa logique dans une mise en perspective conjointe de la carrière de Schwarzenegger et du personnage, avec l'époque comme point de fuite symptomatique. Il ne peut plus être seulement un corps, une machine, l'homme doit surgir derrière cette carapace, défiant ainsi le cinéma et les années 80 que l'on vient de dépasser.
Schwarzenegger prend alors davantage de distance avec lui-même, voire le cinéma. En acceptant de jouer dans Last Action Hero (1993), chef d'œuvre mésestimé du grand John Mc Tiernan, qu'il retrouve pour l'occasion, il ose avec beaucoup d'humour tourner en dérision son personnage. A la fois caricature et hommage au film d'action, tourné comme une parodie mais avec la même ambition que les modèles du genre, Last Action Hero est un exemple de générosité, en plus d'être d'une facture aussi inspirée que les meilleurs films de son auteur. Un an plus tard, Schwarzenegger tourne son dernier grand film, True Lies (1994) de James Cameron. Une fois encore, avec cette comédie d'action inspirée de La totale de Claude Zidi, le comédien prouve qu'il sait mélanger les tonalités avec une aisance déconcertante. On n'aura jamais vu l'histoire d'un couple prendre des proportions aussi démesurées, mêlant une légèreté digne d'un film de Lubitsch aux plus grands effets spéciaux que seul Hollywood peut produire.
La suite de sa carrière ne cesse ensuite de décliner, il ne trouve plus de réalisateur capable de lui offrir des rôles intéressants et le public s'est aussi lassé des gros bras, même si l'acteur à pourtant montrer qu'il était capable d'autre chose. Suivent ainsi une série de films pour la plupart mauvais ou médiocres : Junior (1994) d'Ivan Reitman, Batman et Robin (1997) de Joel Schumacher, La Fin des temps (1999) de Peter Hyams, Le sixième jour (2000) de Roger Spotiswood et Dommages collatéraux (2002) d'Andrew Davis. Mais en 2003, alors que parallèlement il se lance en politique et devient sénateur de Californie (poste qu'il détient encore en 2008), Schwarzenegger revient dans Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines de Jonathan Mostow. Le film offre un point de vue passionnant sur l'acteur, puisqu'il le trahit. Désormais incapable d'assumer le corps mécanique du Terminator, l'humain ne cesse de surgir au détour de multiples tressaillements : là des muscles moins saillants, ici un visage qui se ride, un regard moins assuré. Plus besoin d'humaniser le Terminator par le personnage, cette fois l'acteur prouve malgré lui qu'il n'est pas cet androïde dévitalisé, offrant ainsi une sorte de déclin nostalgique au film d'action dont il fut la vedette. La fin a donc bien sonné, désormais Schwarzenegger joue dans le réel avec son poste de sénateur, on l'avait même à peine remarqué avec ses apparitions récentes dans Le Tour du monde en 80 jours (2004) de Frank Coraci et The Kid & I (2005) de Penelope Spheeris.
![]() Arnold à la conquête de l'Ouest (2005) |
![]() Le Tour du monde en 80 jours (2004) |
![]() Bienvenue dans la jungle (2004) |
![]() Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines (2003) |
Tous les films d'Arnold Schwarzenegger
| Collaborations | Sharon Stone, Sylvester Stallone, Cécile De France, Claire Danes, James Cameron, Xander Berkeley, Alicia Silverstone, Nick Stahl, Masi Oka, Zak Penn, John Leguizamo, Edward Furlong, Chris O'Donnell, Roland Emmerich, Robert Duvall, Joel Schumacher, Paul Verhoeven |
| Inspirations | Lena Headey |
| Personnalités Similaires | Gabriel Byrne, Anthony Quinn |
A voir également :
![]() Sharon Stone |
![]() Sylvester Stallone |
![]() Cécile De France |
![]() Claire Danes |
![]() James Cameron |
![]() Xander Berkeley |
![]() Alicia Silverstone |
![]() Nick Stahl |
![]() Masi Oka |
![]() Zak Penn |
![]() John Leguizamo |
![]() Edward Furlong |
Cleaner, Enfances, Et puis les touristes, Ken 1 - L'Ere de Raoh, La Femme aux cigarettes, Le Journal d'une baby-sitter, Nous avons bu la même eau, On the Rumba River, Semi-Pro, Sous les bombes
Les films de la semaine prochaine
Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, Nés en 68, Peppermint frappé, Timber Falls, Un Conte de Noël
Frank Capra / Jean Gabin / Chow Yun-Fat /
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier

|
|
|
| + | Des places à gagner pour Ask the Dust et A place to bury strangers |
| + | Des B.O. et des livres Paranoid Park à gagner |
| + | Remportez l'autobiographie de Tony Visconti |
Zoom sur
George Clooney / Martin Scorsese / Scarlett Johansson / Sean Penn / Jean-Paul Rouve / Nathalie Baye / Jim Jarmusch / Tonie Marshall / Edouard Baer / Alice Taglioni / Mary-Louise Parker / Tim Burton
L'abécédaire
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher les films par :
genres / nationalité / années de sortie
- quizz Cinema ... Devinez le film.
- Cinéma et Rock'n'roll : vos films rock pré...
- [location] Mini35 et valise d'ojectifs
- Si j'avais su j'aurais pa vnu: le film que...
- Comment graver un DVD ?