Ashley Judd mène tranquillement depuis près d'une quinzaine d'années sa carrière d'actrice, entre thrillers et comédies romantiques, souvent il est vrai, de second ordre. Née en Californie, elle passe son enfance dans le Kentucky, fréquentant pas moins d'une douzaine d'écoles différentes avant d'intégrer l'université de l'état. En complément de ses études de langue française, elle s'intéresse à l'anthropologie ainsi qu'à l'histoire de l'art, et prend des cours de théâtre. Peu de temps avant la remise de son diplôme, elle décide de tout quitter et part s'installer à Los Angeles. Elève de la réputée école dramatique Playhouse West, elle fait ses débuts sur les planches avec la compagnie new-yorkaise Naked Angels dans
Busted, et ne tarde pas à décrocher un second rôle récurrent dans la série
Les Sœurs Reeds de 1991 à 1994.
En parallèle, elle signe pour deux épisode de
Star Tek : La nouvelle génération (1991) et apparaît brièvement dans
Kuffs (Bruce A. Evans, 1992), une mauvaise comédie policière avec
Christian Slater. En 1993, le rôle principal de
Ruby in Paradise (Victor Nunez), Grand Prix du Jury au festival de Sundance, la révèle aux yeux du public. Mais, par la suite, la jeune femme peine à trouver ses marques. Coupée du montage final de l'ultra violent
Tueurs nés (
Oliver Stone, 1994), elle doit se contenter d'apparitions secondaires, comme dans
Smoke (1995), l'adaptation du roman éponyme de
Paul Auster par le cinéaste hongkongais
Wayne Wang, et le polar magistral de
Michael Mann,
Heat (id).
A partir de 1996, la chance commence à lui sourire : elle rejoint
Sandra Bullock et Matthew Mc Conaughey sur
Le Droit de tuer ? (
Joel Schumacher), avant de jouer aux amants meurtriers, en compagnie de
Luke Perry, pour
Normal Life (id) de
John McNaughton. L'année suivante, elle poursuit dans cette veine dramatique avec le thriller
Le collectionneur (Gary Fleder, 1997) où ce vieux briscard de
Morgan Freeman la sort d'un mauvais piège. A l'aise dans ce registre volontiers physique, elle enchaîne
Voyeur (Stephan Elliot, 1999), mauvais remake de
Mortelle randonnée de
Claude Miller ;
Double Jeu (Bruce Beresford, id), remplaçant au pied levé
Jodie Foster ;
Crimes et pouvoir (Carl Franklin, 2002), pour lequel elle retrouve
Morgan Freeman ; et
Instincts meurtriers (2004), film de commande insipide et surtout indigne du talent passé de Philip Kaufman.
Elle s'essaye par la même occasion à la comédie romantique, à l'instar du gentil
Où le cœur nous mène (Matt Williams, 2000) et de la valse des sentiments d'
Attraction animale (Tony Goldwyn, 2001). Amie avec
Salma Hayek, elle n'hésite pas à lui prêter main forte sur
Frida (
Julie Taymor, 2002), biopic de l'artiste peintre mexicaine Frida Khalo. En 2004, sa prestation, notamment chantée, de l'épouse du célèbre compositeur
Cole Porter dans
De-lovely (Irwin Winkler) lui rapporte une nomination aux Golden Globes et tend enfin à prouver de ses réelles qualités dramatiques. Qu'elle exploitera ensuite de manière incroyable dans l'anxiogène
Bug (2006) qui marque le retour, très surestimé, de
William Friedkin. Après une nouvelle pause de deux ans, consacrée notamment à l'obtention de son diplôme universitaire laissé en suspens, Ashley Judd s'en est retourné sur les plateaux de cinéma, à l'occasion de
Crossing Over (
Wayne Kramer, 2008), énième film choral au casting de choix composé d'
Harrison Ford,
Sean Penn et Ray Liota. Pour ensuite porter sur ses gracieuses épaules,
Helen (Sandra Nettelbeck, id) où elle interprète un professeur luttant contre ses tendances dépressives.