Aure Atika, née d'une mère marocaine et d'un père français, fait ses débuts au cinéma à l'âge de neuf ans dans le second film de l'actrice
Jeanne Moreau,
L'Adolescente (1979). Après un détour par une faculté de droit parisienne et l'Ecole du Louvre, elle est repérée par une agence de casting et conviée à passer des auditions. C'est ainsi qu'elle décroche en 1992 le rôle principal de la comédie dramatique
Sam suffit (Virginie Thévenet). N'ayant pas de formation en art dramatique, Audre décide alors d'intégrer les sessions libres du cours Florent et les cours de comédie de Blanche Salant, tout en participant à quelques courts-métrages. Puis, tentée par une carrière de journaliste, elle s'occupe de la rubrique Courrier des lecteurs du quotidien
Le Jour et se lance dans l'aventure de la création de la revue
Au hasard du courrier, avant de quitter la presse écrite pour la télévision afin d'animer l'émission branchée
Nova diffusée sur Paris Première.
En 1997, elle reprend en main sa jeune carrière d'actrice en apparaissant dans la comédie du Sentier
La Vérité si je mens ! (
Thomas Gilou). Son naturel, son sens de l'humour et ses charmes généreux, associés au succès du film en salles, lui assurent alors un avenir prometteur. Oscillant entre des comédies mal dégrossies à l'image de
Grève party (
Fabien Onteniente, 1998) ou
Trafic d'influence (Dominique Farrugia, 1999), voire vulgaire comme
Bimboland (Ariel Zeitoun, 1998), et des drames appuyés comme
Une vie de prince (Daniel Cohen, 1999) ou
Premières neiges (TV, 1999), Aure commence à prouver qu'elle vaut un peu mieux que son physique avantageux avec
La Faute à Voltaire (2000), premier film d'
Abdellatif Kechiche. Ce qu'elle confirmera avec le fiévreux
De battre mon coeur s'est arrêté (
Jacques Audiard, 2005) et le serial parodique
OSS 117, Le Caire nid d'espions (
Michel Hazanavicius, 2006).
Entre temps, elle multiplie les genres et les expériences : avec une réussite toute relative, elle retrouve
Vincent Elbaz et
Gilbert Melki pour
La Vérité si je Mens ! 2 (
Thomas Gilou, 2001), cherche à se renouveler dans le registre dramatique avec
Mister V. (Emilie Deleuze, 2003) et
Le Clan (
Gaël Morel, 2004), collabore à des productions étrangères comme
Tenj'a (Hassan Legzouli, 2004) dans laquelle elle retrouve la terre marocaine de ses ancêtres, et s'essaye au polar avec
Le Convoyeur (
Nicolas Boukhrief, id). Un éclectisme qu'elle continue d'entretenir, souvent pour le pire, naviguant entre des rôles à dominante comique (
Comme t'y es belle !, Liza Azuelos, 2006 ;
La Vie d'artiste, Marc Fitoussi, 2007) ou plus sombres (
Le Vent mauvais, Stéphane Allagnon, 2007 ;
Peur(s) du noir,
Romain Slocombe, 2007). A l'affiche en 2008 de l'affligeante comédie domestique
48 heures par jour (Catherine Castel), du drame
Versailles (Pierre Schöeller) et du policier
Les InsoumisClaude-Michel Rome), Aure Atika est aussi la scénariste et la réalisatrice d'un court-métrage utilement intitulé
A quoi ça sert de voter écolo ? (2004)