Barry Levinson, réalisateur, producteur et scénariste discret mais prolixe depuis bientôt une quarantaine d'années à Hollywood, passe par des études à l'American University de Washington avant de faire ses débuts à la télévision où il rédige les scripts de quelques séries télé. En 1976 sa rencontre avec Mel Brooks lui permet de collaborer au scénario de
La Dernière folie de Mel Brooks puis l'année suivante au
Grand frisson (1977). Il témoigne davantage d'ambition que ces parodies qui ne font plus rire personne avec
Justice pour tous (Norman Jewison, 1979), pour lequel il est nominé aux Oscars, ainsi qu'
Inside Moves (
Richard Donner, 1980) et
Best Friends (N. Jewison, 1982) avec
Burt Reynolds et
Goldie Hawn. En 1982 il obtient l'opportunité de passer enfin derrière la caméra pour
Diner, sur l'histoire d'un groupe de jeunes hommes se réfugiant dans leur diner favori pour fuir le passage à l'âge adulte. On y retrouve quelques graines de stars de l'époque, Steve Guttenberg,
Kevin Bacon,
Mickey Rourke. Le film est un succès, la critique encense le casting.
Robert Redford lui confie alors la réalisation du
Meilleur (1984), puis
Steven Spielberg celle du stimulant
Secret de la pyramide (1985), où
Chris Columbus, scénariste, imagine un Sherlock Holmes adolescent.
Après le brillant et modeste
Tin Men (
Les filous, 1987) avec Richard Dreyfuss et
Danny DeVito, où sa mise en scène se fait plus précise et élégante, il connaît une première fois la consécration avec le gentiment provocateur
Good Morning Vietnam (Id), tube de l'époque propulsant
Robin Williams dans les charts des acteurs les plus courus du moment ; puis une seconde et internationale pour
Rain Man (1988) avec
Tom Cruise et
Dustin Hoffman en autiste. Le film lui rapporte l'Oscar du meilleur réalisateur. Il ne tarde pas à rentrer dans l'histoire du cinéma tout en faisant connaître l'autisme au grand public. Suivra sa première production, le moins connu
Avalon (1990), sur l'histoire d'une famille de juifs polonais immigrant aux USA au début du siècle passé, puis
Bugsy (1991) avec Warren Beatty et
Annette Bening, un biopic du célèbre gangster Bugsy Siegel. Le film remporte deux Oscars. Premier véritable échec,
Toys (1992), dans lequel il retrouve
Robin Williams en fabriquant d'armes héritant d'une usine de jouets, est pourtant une fable au parti pris original. De même, mais cette fois pleinement justifié,
Harcèlement (1994), thriller érotique de pacotille où
Michael Douglas se fait dominer par
Demi Moore n'enthousiasme guère la critique.
Sleepers (1996) avec
Robert de Niro,
Kevin Bacon et
Dustin Hoffman ne fait pas non plus dans la dentelle mais remporte par contre les faveurs du public.
En 1997, Barry Levinson retrouve
Dustin Hoffman et
Robert de Niro pour
Des hommes d'influence, une satire politique réussie prouvant sa capacité à rebondir dans des genres différents. Ce qu'il tente de prouver sans succès en abordant la SF dans le médiocre
Sphère (1998) avec
Sharon Stone et
Dustin Hoffman à nouveau. Le film fait un bide au box office. Toujours sur la brèche et jamais en panne de projet, il réalise l'année suivante
Liberty Heights (1999), où il plonge
Adrien Brody dans le Baltimore de son enfance. Une bouffée nostalgique qui ne remporte toutefois pas tous les suffrages. Qu'à cela ne tienne, il revient l'année suivante à la satire avec l'inédit
An Everlasting Piece (2000), puis passe à la comédie romantique pour une géniale variation du triangle amoureux façon
Jules et Jim dans
Bandits (2001), avec
Bruce Willis,
Susan Sarandon et
Billy Bob Thornton. Frivolité et tendresse, grâce et humour, pudeur et ironie, font de ce film le meilleur Levinson depuis longtemps. Comme la comédie lui va bien, il tente ensuite avec
L'Envie (2004) de mettre devant sa caméra deux stars du Frat Pack,
Ben Stiller et
Jack Black, pour un résultat proche de la catastrophe. Le film fait un four en salles. Il devient ensuite producteur exécutif et réalisateur pour la série
The Jury (Id), puis revient au cinéma avec l'inédit
Man of the Year (2006), une autre satire politique où il retrouve
Robin Williams. En 2008 il regagne les faveurs du public et de la critique pour
What Just Happened ?, une comédie réunissant
Robert de Niro et
Bruce Willis. Il travaille également sur
A Walk in the Woods, un film d'aventure avec
Robert Redford, et une nouvelle adaptation du Saint avec James Purefoy.