Benjamin Bratt est né à San Francisco au sein d'une famille aux origines métissées que son beau visage anguleux porte avec fierté. Sa mère, infirmière péruvienne Quechua, est venue s'installer aux Etats-Unis à l'âge de 14 ans tandis que son père, ouvrier métallurgique américain, possède des descendances germanique et anglaise. Elevé par sa seule mère, qui porta à bouts de bras une famille de cinq enfants dont il est le troisième, Bratt fait ses études secondaires au Lowell High School. Au sein de la Lowell Forensic Society de son lycée, il apprend à développer ses talents oratoires et dramatiques qui lui permettront par la suite d'intégrer l'University of California à Santa Barbara où il décroche un diplôme de premier cycle. Reçu au American Conservatory Theater de San Francisco en vue d'obtenir un Master of Fine Arts, prolongement logique à la fois de ses études et d'une tradition familiale héritée de son grand-père, acteur à Broadway, il décide pourtant de quitter la compagnie prématurément. Il vient en effet de décrocher le rôle principal d'un sergent de police dans la série
Juarez (1987).
Estampillé flic
Le pilote ne sera au final jamais diffusé, mais les producteurs ne manquent pas de constater que le physique racé de l'acteur convient idéalement à ce type de personnage. L'acteur va donc poursuivre dans cette voie et collectionner pendant plusieurs années les rôles de flic ou de justicier. Notamment dans
Police Story : Gladiator School (TV, 1988),
Nasty Boys (TV, 1989) ainsi que sa brève adaptation éponyme en série (TV, 1990) et
Knightwatch (TV, 1988-1989), show prometteur à l'unique saison où Bratt et sa bande s'érigent en redresseurs de torts à la moralité intransigeante. En 1991, il fait ses premières apparitions cinématographiques dans les thrillers lourdauds
Un bon flic (Heywood Gould) et
Réclusion à mort (TV, id ) où il côtoie respectivement
Michael Keaton et
John Travolta, puis change de registre avec le road-movie
Bright Angel (Michael Fields, id). Mais il lui faudra attendre
Les princes de la ville (Taylor Hackford, 1993) pour espérer obtenir un rôle principal. Ce drame urbain, dessinant le parcours dans les années 70 de trois amis séparés par la guerre des gangs à Los Angeles, lui permet alors d'enchaîner sur une série de films aux fortunes variées, dans lesquels il ne parvient pas véritablement à s'imposer :
Demolition Man (
Marco Brambilla, id),
Texas (TV, 1994),
Danger immédiat (
Philip Noyce, id) et
La rivière sauvage (
Curtis Hanson,id).
Consécration télévisuelle et errance cinématographique
Bratt décide alors de revenir à ses bases, en incarnant pendant 94 épisodes (1995-1999) l'inspecteur Reynaldo Curtis dans cette institution de la série policière qu'est
New York - Police Judiciaire (
Law and Order). C'est ce personnage qui lui apportera une véritable connaissance, essentiellement télévisuelle, autant auprès du public que de la critique qui le récompensera à plusieurs reprises. Si bien que le créateur de la série, Dick Wolf, n'hésitera pas à le développer dans ses productions dérivées : durant trois épisodes de
Homicide entre 1996 et 1999 et
Police contre Police (
Exiled : A Law and Order Movie, TV, 1998). Dès la fin de son contrat, le comédien tente une nouvelle fois de percer au cinéma, cette fois-ci en multipliant les genres, mais sans grand succès : la comédie (
Un couple presque parfait,
John Schlesinger, 2000 ;
Miss Detective, Donald Petrie, id), le drame (
The Last Producer,
Burt Reynolds, 2000 ;
Pinero, Leon Ichaso, 2001), la science-fiction (
Planète rouge, Anthony Hoffman, 2000 ;
Catwoman, Pitof, 2004), ou le film de guerre (
The Great Raid,
John Dahl, 2005). Seule exception :
Traffic de
Steven Soderbergh (2000) où il joue une nouvelle fois un officier de police aux côtés de Benicio del Torro.
Oscillant toujours entre petit et grand écran, il continue aujourd'hui de multiplier les premiers rôles dans des séries comme
DOS : Divsion des Opérations Spéciales (2005-2006), produite par
Jerry Bruckheimer, ou T
he Cleaner (2008) dans laquelle il incarne un bon samaritain cherchant la rédemption, tout en continuant d'apparaître régulièrement au cinéma, à la recherche du rôle qui le consacrera. Attendons de voir
Guerrilla (2008), le monumental projet biographique de Soderbergh sur le Che, pour s'en convaincre.