Bernardo Bertolucci



Bernardo Bertolucci Nationalité : Italienne
Naissance : 16 mars 1940
Age : 69 ans
Métier : Réalisateur
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Fils du poète et critique italien Attilio Bertolucci, poète lui-même durant son adolescence (il commence à écrire à 15 ans et reçoit plusieurs prix), Bernardo Bertolucci s'intéresse très tôt au cinéma. Etudiant en lettres modernes à l'Université de Rome à partir de 1958, il fait la connaissance de Pier Paolo Pasolini qui lui propose d'être son assistant sur Accattone (1961). Dès l'année suivante, à 22 ans à peine, il dirige son premier film, La Camarde (1962), l'histoire du meurtre d'une prostituée à partir d'un scénario qu'il a coécrit avec Pasolini. Ainsi son véritable début en tant qu'auteur complet (scénariste et réalisateur) n'arrive-t-il qu'avec son film suivant, La Prima della rivoluzione (1968), encensé par la critique, aussi bien à Cannes qu'à Venise. Le film pose d'emblée l'un des thèmes bientôt récurrent chez Bertolucci, le dilemme de l'intellectuel italien, communiste et cultivé, aussi bien conservateur que révolutionnaire. A cela s'ajoute une étonnante maîtrise de la mise en scène, du cadre, de la lumière, des principes qu'il emprunte en partie à l'opéra (comme son confrère Visconti), et qu'il ne lâchera plus - ainsi qu'un rapport à la cinéphilie (qui culminera dans son dernier film, le très ampoulé Innocents - The Dreamers, 2003), et l'auto-analyse ou l'autocritique, qui s'achèvera partiellement avec La Luna (1979).

Tout en signant le scénario d'Il était une fois dans l'Ouest (1968) de son confère Sergio Leone, Bertolucci s'attaque ensuite à Partner (Id), qu'il reniera, puis le film à sketchs La Contestation (1969). Il enchaîne sur Le Conformiste (1970) avec Jean-Louis Trintignant : une critique radicale du fascisme adapté d'un roman d'Alberto Moravia, intellectuel de gauche très populaire à l'époque. La même année il demande au célèbre écrivain et poète argentin Jorge Luis Borges le sujet et l'histoire de La Stratégie de l'araignée (Id). Dans ces deux films, Bertolucci s'empare du texte pour leur donner une grande sensibilité par l'image, filmant la quête d'identité de ses héros avec un sens méticuleux de la mise en scène. Après le documentaire La Salute è malata (1971), Bertolucci tourne ce qui restera comme l'un de ses films les plus célèbres : Le Dernier tango à Paris (1972), avec Marlon Brando et Maria Schneider. Le scandale de sa sulfureuse scène de sodomie fait alors un peu oublier que le film tente de porter un regard ironique sur les œuvres précédentes de l'auteur.

Après quatre années de silence, le succès du Dernier tango à Paris permet à Bertolucci de s'engager dans une superproduction internationale, 1900 (1976). Une fresque de plus de cinq heures dans sa version non censurée, avec Robert de Niro, Gérard Depardieu et Burt Lancaster. Le cinéaste veut alors montrer sa vision personnelle du communisme italien et de la société rurale de 1900 jusqu'à la Libération. Malgré un immense travail en amont et une réalisation parfois époustouflante quoique un peu pompeuse, le film est un énorme échec commercial. Bertolucci reviendra alors à un format plus modeste avec La Luna et La tragédie d'un homme ridicule (1981), puis s'attaque à une autre grande fresque historique, en Chine cette fois : Le Dernier empereur (1987). Quoiqu'il garde ses thèmes de prédilections et une certaine virtuosité, et bien que le film remporte 9 Oscars et un nombre incalculable de prix, Bertolucci fait de cette histoire située dans La Cité interdite au début du 20ème siècle un film pétri d'un certain académisme. Ce que confirme son film suivant, Un thé au Sahara (1990) où l'on retrouve son intérêt pour les récits fitzgéraldiens. Dès lors Bertolucci va s'enfoncer : Little Buddha (1993) fera plutôt rigoler, Beauté volée (1996) seulement rêver pour la présence de Liv Tyler, Shanduraï (1998) sera vite oublié, et Innocents - The Dreamers (2003), où l'auteur tente de mélanger mai 68, sexe et cinéphilie made in Nouvelle Vague, sera franchement ridicule. L'âge ne semble pas lui réussir.

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Collaborations Michael Pitt, Anouk Aimée

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