Acteur pour film musclé comme
Aliens alors que pourtant il n'est pas du genre gros bras, Bill Paxton mène sa carrière à Hollywood depuis la fin des 80 en passant d'un film à l'autre, jusqu'à trouver refuge à la télévision avec la série
Big Love. Ce Texan d'origine s'envole pour Los Angeles alors qu'il n'a pas vingt ans dans l'espoir d'intégrer l'industrie du cinéma. Il décroche rapidement un post de décorateur à la New World Pictures de
Roger Corman, le pape de la série B. Son nom sera ainsi au générique de
Big Bad Mama (Steve Carver, 1974), puis à celui de
Crazy Mama de
Jonathan Demme (1975), mais comme acteur, une brève apparition, sa première. Après avoir continué à œuvrer comme décorateur pour diverses petites compagnies, Pullman se lance enfin dans une carrière de comédien au début des années 80. Il fera de la figuration dans
Les Bleus (1981), la comédie d'
Ivan Reitman avec
Bill Murray et
Harold Ramis, puis après quelques apparitions sans importance dans des séries B oubliées, on commence à le reconnaître dès 1984 en barman dans
Les Rues de feu, film de gang culte des 80's signé Walter Hill avec Michael Paré. Punk dans
Terminator de
James Cameron (1984), qu'il retrouvera à plusieurs reprises tout au long de sa carrière, comme
Arnold Schwarzenegger, qu'il croise en militaire dans
Commando (Mark Lester, 1985), Paxton obtient son premier rôle important dans
Une créature de rêve (Id), teen movie de
John Hughes dans lequel il joue le grand frère abruti et sadique d'Ilan Mitchell Smith.
Sa notoriété monte d'un cran en 1986 lorsque
James Cameron lui offre une place à bord d'
Aliens. Il excelle en soldat badass aux dialogues à la vulgarité savoureuse. Très vite ces rôles de sociopathes lui vont comme un gant, ainsi en 1987 devient-il le leader ultra violent d'un groupe de vampires/junkies dégénérés dans le très beau
Aux frontières de l'aube de Katherine Bigelow. Frère assassiné de
Patrick Swayze et
Liam Neeson dans
Un flic à Chicago (John Irvin, 1989), super soldat dans le navet militaro-patriotique
Navy Seals, les meilleurs (Lewis Teague, 1990), flic de choc amateur de golf dans
Predator 2 (
Stephen Hopkins, Id), il sait aussi faire rire avec
A plein tube ! (Adam Rifkin, 1991) en partenaire d'un comique à qui pousse un troisième bras. Flic ambitieux dans le néo noir
Un faux mouvement de Carl Franklin, il fait équipe avec les rappeurs
Ice Cube et
Ice T dans le thriller de Walter Hill,
Les pilleurs (1992), avant de se laisser embarquer dans la comédie romantico-nostalgique de Mike Binder,
L'été indien (1993), puis de passer chez la jeune
Jennifer Chambers Lynch dans
Boxing Helena (Id). La même année il est Morgan Earp dans le western reloaded
Tombstone (George P Cosmatos), avec une pléiade de stars :
Kurt Russell,
Val Kilmer, ou encore Charlon Heston. Cameron le rappelle ensuite à lui en 1994 avec sa relecture blockbusterisée de la comédie du remariage,
True Lies, dans lequel il joue un looser vendeur de voiture. Hilarant.
Paxton voyage ensuite dans l'espace avec
Tom Hanks à bord d'
Appolo 13 (
Ron Howard, 1995), se met à table avec
Cameron Diaz de la comédie cynique
Le Dernier souper (Stacy Title, Id), s'envole aux côtés d'
Helen Hunt chasseuse de tornades dans
Twister (Jan de Bont, 1996), passe à la production avec
Les Truands (Jack N. Green, 1997), puis coule pour
James Cameron dans le blockbuster le plus romantique de tous les temps,
Titanic (Id). Avec
Sam Raimi, dans
Un plan simple (1998), Paxton revient au premier plan dans un thriller épuré et limpide mais saturé de contraintes narratives, puis rempile sous les drapeaux pour
Jonathan Mostow à bord de son sous-marin
U-571 (2000). Borderline et secondaire dans le sympathique
Vertical Limit du bondien
Martin Campbell (Id), propriétaire de parc d'attraction dans
Spy Kids 2 et
Spy Kids 3D pour faire plaisir à
Robert Rodriguez (2002/2003), sa carrière est alors en chute libre et a du mal à survivre aux années 2000. Ainsi après plusieurs sous-seconds rôles et productions indépendantes ou inédites en salles, Paxton se relance comme beaucoup d'acteur en disgrâce avant lui à la télévision. Il trouve refuge chez HBO dans la série
Big Love, où il a entre autres comme partenaire et épouse,
Chloé Sévigny, coqueluche du cinéma indé. Paxton y joue un mari polygame ayant quitté avec ses trois épouses et enfants leur communauté mormone pour vivre avec le commun des mortels, pas facile. En parallèle, Bill Paxton s'est lancé dans une carrière de réalisateur : il tourne en 2001
Emprise, un thriller psychologico-horrifique qui dérape et laissera la critique française sceptique ; puis en 2005 dans un genre à l'opposé, il signe pour Disney
Un Parcours de légende, un biopic avec
Shia LaBeouf sur l'histoire d'un jeune golfeur amateur lors de l'US Open de 1913. Un film sympathique et consensuel saturé d'effets de mise en scène clinquants et grotesques. A l'image de Paxton quoi.