Billy Wilder



Billy Wilder Nationalité : américaine
Naissance : 22 June 1906 à Sucha (Autriche-Hongrie)
Mort le : 27 March 2002

Métiers : Réalisateur, Producteur de cinéma, Scénariste de cinéma
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Si Billy Wilder est connu comme l'un des plus grands scénaristes et réalisateurs de comédie hollywoodienne, sa carrière ne se limite pas seulement à de grands éclats humoristiques inoubliables. Exilé en Amérique dans les années trente pour fuir le nazisme, après un petit détour par la France et avoir commencé comme scénariste en Allemagne, il remporte ses premiers succès comme dialoguiste chez celui qui sera peut-être l'un de ses pères spirituels, Ernst Lubitsch : La Huitième femme de Barbe Bleue (1938), Ninotchka (1939), deux chef-d'œuvre absolus et indiscutables où l'on retrouvera plus tard dans ses films des thèmes propres à sa vision du monde. On lui doit alors aussi de nombreuses réussites chez divers réalisateurs dont Howard Hawks pour Boule de feu (1941), sur lequel il assiste au tournage afin de contrôler la mise en scène de son scénario. Un premier pas pour Wilder passant enfin à la réalisation en 1942 avec The Major and the Minor (Uniformes et jupons courts), une comédie romantique avec Ginger Rogers et Ray Milland.

Le cinéma de Wilder est riche, vif, intelligent, drôle, cynique, critique, perfectionniste, bourré de traits d'esprit et de bons mots intégrés à la mise en scène et la narration avec une étonnante virtuosité. Si on lui doit parmi les plus grandes comédies ou comédies romantiques tournées durant les années 50 et 60 : Sabrina (1954), Sept ans de réflexion (1955), Certains l'aiment chaud (1959), Un, deux, trois (1961), Embrasse-moi, idiot (1964), il a été en vérité un cinéaste éclectique. Il passe ainsi autant par des œuvres plus dramatiques et psychologiques (Le Poison, 1945), que d'autres touchant au mélodrame par l'entremise de la comédie grinçante, (La Scandaleuse de Berlin, 1948 ; La Garçonnière, 1960 ; Irma la Douce 1963), voire parfois même le film noir : le brillant Assurance sur la mort (1944), son troisième film américain et sa première œuvre importante. Co-écrit par Raymond Chandler (icône du polar américain), le film représente historiquement une œuvre significative pour le film noir dont il bouleverse les codes.

On a pu dire que les premières œuvres de Wilder étaient misanthropes : la face cachée d'Hollywood dans le spectral et célèbre Boulevard du crépuscule (1950), les mensonges du journalisme dans Le gouffre aux chimères (1951) ; mais plus tard, comme le souligne l'historien du cinéma Jean-Loup Passek, Wilder reconnaîtra que si l'on ne peut jurer que nous sommes tous corrompus, « c'est parce qu'on ne connaît pas tout le monde » (Un, deux, trois). C'est que pour Wilder, les entreprises de l'homme sont par essence douteuses, uniquement vouées au sexe et à l'argent (un trait qu'on retrouve chez Lubitsch). En quelque sorte c'est un moraliste qui connaît parfaitement les travers des hommes et s'amuse à en critiquer l'hypocrisie -donnant même parfois une leçon de tolérance (Stalag 17, 1953). Néanmoins, Wilder ne se pose jamais en haute autorité, attribuant à chacun ses qualités et ses défauts (Certains l'aiment chaud, Embrasse-moi, idiot). Comme l'écrit encore Passek, il estime que son spectateur est capable de démêler les différentes éthiques avec lesquelles il s'amuse et nous amuse. Son cinéma ne cache cependant pas une certaine amertume, qu'il compense par un humour redoutable, des personnages décents et nobles ainsi qu'une foi certaine en la sociabilité, contre la froide mécanique des systèmes que l'homme s'invente pour créer une société. On lui doit aussi une brillante relecture de Conan Doyle avec La vie privée de Sherlock Holmes (1970), à une période où ses films connaîtront une série d'échecs successifs. Ce qui lui fera dire, alors que la mode est au film catastrophe : « Les vrais films catastrophes, c'est moi qui les fais ».

Photos de Billy Wilder


Personnalités associées à Billy Wilder

Collaborations Marilyn Monroe, Howard Hawks, Raymond Chandler, Ernst Lubitsch, Danielle Darrieux

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