Sorties en salles du 8 novembre![]() L’Histoire ressemble parfois à un disque rayé. Il nous rejoue toujours le même air, de manière heurtée et agaçante, en cassant la mélodie. Dans l ‘histoire du cinéma, cette rayure se situe entre les années 60 et 70. Considérées comme un âge d’or dont seraient sortis nombre de nouveaux talents et de nouvelles formes, ces années-là n’en finissent pas d’être répéter par un cinéma en mal d’avenir. Jusqu’au bégaiement. A croire qu’à l’ère du numérique, il a besoin de se forger une nouvelle identité en passant par la case des origines. Alors, quand ce n’est pas Spielberg qui croît être rugueux et adulte en singeant les zooms vus dans les seventies (Munich), ce sont des flopées de jeunes cinéastes qui pondent leurs remakes horrifiques en pensant tuer le père tout en lui rendant hommage. Pour quels résultats ? Souvent nuls, en tout cas, pas particulièrement vivifiants pour le cinéma, condamné pour encore quelques années à se singer lui-même. A quand les remakes d’Orange mécanique ou d’Apocalypse now ? En attendant ces possibles horreurs, on pourra constater cette semaine que ce regard en arrière fait effectivement plus de mal que de bien.
Entre Antoine De Caunes qui se la joue cinéaste et essaie péniblement de faire rire avec des stars rouillées, censées incarnées des idoles des années 70 (Désaccord parfait, ill. cent.), et Brian De Palma qui, trente ans après ces premiers grands opus, nous refait encore et toujours le même film, mais de façon de plus en plus maladroite (Le Dahlia Noir, ill. gche), on s’interroge sur la nécessité d’un tel retour au passé. Un effet de mode ? Un pur effet de style, éloigné de ces fonctions premières ? On peut le penser, en particulier en regardant Shortbus (ill. dte). Film qui chante la libération par le sexe, en se référant aux années érotiques, il dit aussi le désenchantement consécutif à cette libération. Les années 60 et 70 furent l’ère des utopies. Ce début de siècle sera celle de la résignation et du jouir entre soi. Triste constat, qui n’empêche pas malgré tout ce film de trouver son ton. Ce qui est également le cas de Libero. Ce film italien, le premier réalisé par l’acteur Kim Rossi Stuart, est à l’image des comédies italiennes d’il y a trois ou quatre décennies : tour à tour drôle et cruelle. Mais pour une fois, le modèle, convoqué uniquement par l’esprit, n’écrase pas. Cette amertume n’est pas le signe d’un désenchantement, comme dans le film de John Cameron Mitchell. Il est un juste produit de la lucidité. Et cette lucidité n’a pas d’âge, pas d’accroche temporelle. C’est peut-être là que ce situe l’avenir du cinéma, aussi. Dans une juste intelligence, une sensibilité humaine, qui ne réduiraient pas le monde à quelques motifs supposés indépassables. Et qui verrait enfin la richesse des possibles qui s’offre à son objectif. Autres sorties : C’est beau une ville la nuit (le roman était déjà plus que négligeable, alors le film…), Toi, moi… et Duprée (relecture US de Viens chez moi, j’habite chez une copine ; vive l’originalité), Nouvelle chance (Vous pouvez supporter les chants d’Arielle Dombasle ? Moi pas), Les Fragments d’Antonin, Princesas, Vivre dans la peur (un inédit d’Akira Kurosawa, sorti en DVD le 3 novembre). Commentaires
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