On le croyait retraité depuis le bide
Mortel Transfert et son docu ovni sur
Loft Story, mais pour un oublié du cinéma de papa,
Jean-Jacques Beineix ne manque pas d'actus. Non, il ne se contente pas de scénariser des BD (la série
L'affaire du siècle éditée au Diable Vauvert) ou de dédicacer ses mémoires (
Les chantiers de la gloire chez Fayard) puisqu'il revient indirectement cette semaine sur grand écran en producteur discret d'
Allez, Yallah.
Sous son aile, le documentariste Jean-Pierre Thorn redouble de détermination pour imposer sa «positive attitude» concernant la question de l'immigration. Après ses portraits d'enfants anti-caricature «issus de» à l'affiche d'
On n'est pas des marques de vélo, il zoome cette fois sur le militantisme au féminin, celui mené au coeur des ZUP lyonnaises comme dans les douars marocains.
Allez, Yallah cherche à fixer un parallèle entre les deux rives de la Méditerrannée, il en ressortira une ligne droite. Ligne droite que ce soit dans les images, le ton, blindés d'optimisme. Leur coup de kärcher, les héroïnes de Thorn le passent en effet contre l'alarmisme ambiant : de l'intégriste religieux qui veut les museler au politique qui crie au loup insécuritaire, relayé par les médias montrant du doigt ses pairs sous l'angle de la destruction. A la recherche du génie caché en chaque Homme, les «caravanières» d'Allez, Yallah ne sont finalement pas sans rappeler Betty Blue. Le drame en moins.
Allez, YallahUn film de Jean-Pierre Thorn
France, 2006 – 1h56
Sortie nationale le 22 novembre 2006