Ecrans documentaires : expériences du sensible, expériences du temps
Au départ, je n'y pensais pas vraiment, mais c'est un peu la suite des interrogations de Gflu dans son post précédent : « Comment et pourquoi se sent-on concerné, impliqué par une œuvre de cinéma aujourd’hui, quand tout incite à "calibrer le regard", rythmer normativement les processus de narration, les codifier, les niveler en fonction d’un étalon imaginaire de l’intérêt, de la réceptivité, des facultés d’ennui. Aujourd’hui donc, la peur du vide, du "temps mort", de la contemplation, du lâcher prise, de la concentration, de la réappropriation par soi des intentions et des intuitions d’un autre ».Ces questions, c'est Didier Husson, délégué général des Ecrans documentaires d'Arcueil, qui les pose. Didier Husson postule donc que le cinéma, c'est plus qu'une seconde, cela sert avant tout à se donner les moyens de comprendre l'autre, et pour ce d'intégrer le temps de l'autre. Comprendre dès lors comment le temps se fragmente à travers "les mutations de la valeur travail dans le monde d'aujourd'hui" - pour mémoire, les Ecrans documentaires avaient récompensé le très beau Un Monde moderne, l'année dernière, sur les chantiers navals de Saint-Nazaire. Comprendre aussi la distance croissante qui semble s'instaurer entre ceux qui ont envie de faire des films (les cinéastes) et ceux qui ont encore principalement la charge de les diffuser - à la télé (programmation "Salon des refusés"). Comprendre enfin ce que tentent d'exprimer les auteurs les plus jeunes, à travers la programmation "Panorama écoles". L'édition 2005 des Ecrans documentaires a commencé hier soir, donc, je vous enjoins fortement à aller y faire un tour, me disant que cela a aussi sa place sur Ecrans, comme toutes les "images qui bougent" (décidément) ont leur place sur cet écran. Commentaires
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