
Pour moi, l’événement de
ce lundi 11 décembre à la télévision, c’est moins la diffusion de
Sartre, l’âge des passions – le téléfilm en 4 parties où
Bruno Podalydès a un œil qui dit m… à l’autre – que le passage sur
France 3, à 14h55, de
Double messieurs. Deuxième film du comédien
Jean-François Stévenin, il porte en lui ce souffle de liberté qui manque si souvent dans nos productions nationales.
Deux hommes pour le moins à la dérive et souvent soumis à un état d’ébriété enlèvent la femme d’un troisième, soi disant ami d’enfance. Cette femme, c’est
Carole Bouquet, magistrale à une époque où elle savait encore prendre des risques. Leurs pérégrinations, totalement imprévisibles et incohérentes, les mèneront dans les hauteurs glacées du Jura.
Le ton des films de cet acteur est unique, éloigné de toute explication psychologique et laissant à l’humain le droit à la folie et à l’errance. Toujours avec drôlerie et de manière surprenante. Ce
Double messieurs ne ressemble donc à aucun autre film, sinon au
Passe-montagne et à
Mischka, les deux autres délires poétiques
signés Stévenin.