Faut-il être à la pointe de la modernité pour être moderne ? Apparemment pas, si l'on en croît le dernier film de
Pascal Thomas, le bien nommé
Grand appartement. Cette auberge espagnole accueille un casting pour le moins hétéroclite et se fiche de la bienséance et des modes. Et pourtant, il se révèle bien plus en phase avec notre monde versatile que bien des films prétentieux. Quand je dis prétentieux, je pense à ceux qui se veulent à tout prix modernes, soit par des prouesses virtuelles et vaines (voir
The Fountain de
Darren Aronofsky), soit en mêlant la métaphore à une violence crue et vide (voir
Transe de Teresa Vilaverde, un film sans concessions sinon à une noirceur ambiante et finalement de bon ton).
Comme quoi, saisir l’air du temps, ce n’est pas donné à tout le monde, et demande du talent. Surtout si on veut en faire naître le rire. Et le rire, ça demande du boulot. Ce que, soit dit en passant, semble parfois oublier certaines comédies qui préfèrent surfer sur les vagues de la facilité, tel
The Holiday – quoique que se blottir au chaud, dans une salle de cinéma, avec
Cameron Diaz (ou pour les dames,
Jude Law) ne soit pas déplaisant.
Parmi les autres sorties de la semaine, extrayons deux étrangetés qui, elles aussi, n’ont que faire de la modernité : la suite tant attendue par des millions de spectateurs
L’Homme qui sauva le monde, au titre si évocateur :
L’homme qui sauva le monde : le retour, un ovni turc à l’humour probablement intersidéral ; et
La Montagne sacrée, une reprise de Jodorowsky
Autres sorties :
Darat – saison sèche,
Les petites fleurs rouges,
The Grudge 2,
Le Lièvre de Vatanen
Le premier était un film qui se voulait sérieux, nulissime mais drôle, usant et abusant des rochers en cartons, des sauts à trampolines, des gants mappa dorés, des monstres en peluche, des mannequins en mousse, et surtout des stock shots de star wars sur une bande son repiquée à Indiana Jones (dont les cinq premières secondes repassent en boucle pendant tout le film). Ceci bien sûr avec le talent extraordinairement nanar de Cuneyt Arkin. Bref, un nanar culte (voire nanarland.com pour s'en convaincre).
Apparement, ce nouveau Turkish Star Wars est un attrape-couillon. Il ne se veut pas sérieux, c'est un film comique à gros budget sensé être la suite du précédent. Cuneyt n'y tient pas le premier rôle (logique vu son âge), et tout le côté nanar a disparu, remplacé par un humour turc non-compréhensible par nous autres pauvres français (et apparement pas très drôle de toute facon).
Du coup, aucun intéret, en tant que suite du précédent en tout cas.
Et il ne sort que dans une seule salle française (à Paris). De McKro, posté le 28.12.06 à 18:26
Et les filles de ce film ont l'air bien plus jolies que la potiche de l'original (ce qui contribuait un peu au potentiel nanar incroyable de celui-ci) De emilie, posté le 29.12.06 à 13:36