Rotterdam 4 : Fashion, quand tu nous tiens... L'un des gros buzz cette année à Rotterdam courrait sur un film allemand - normal, au vue de l'extraordinaire éclat d'une cinématographie en pleine reconstruction (récemment Requiem, Montag, Lucy, Sehnsucht...). Die Unerzogenen (La malpolie, traduction approximative), suit pas à pas la jeune Stevie, jeune fille dont les parents, revendeurs et consommateurs de drogues, ne cessent de changer de pays pour échapper à la loi. Ils partagent leur maison avec quelques amis, et passent leur temps à traîner sur des sofas douteux. Langueur et décadence. Stevie, en pleine crise d'adolescence, ne cesse de se révolter contre ce mode de vie qui lui interdit d'avoir des amis de son âge. La réalisatrice Pia Marais s'inspire ici ouvertement des photographies de Nan Goldin, allant jusqu'à la citation explicite par la présence de Joana Preiss, dans un rôle qui évoque ces scènes que Goldin et elles partageaient. Si le portrait de Stevie tient la route, par son côté Rosetta frondeuse et rebelle, le film pêche par sa soumission totale à un univers pré-existant, donc un manque flagrant de personnalité. Sans doute fascinée par ces morceaux de vies captés avec grâce par la photographe, la cinéaste n'en garde que l'aspect le plus stéréotypé, et une tentation vers une certaine glamorisation de l'errance et de la perte de soi. Une pente glissante qui l'éloigne fondamentalement du travail de Nan Goldin, qui a toujours tendu vers la vie, là où Die Unerzogenen esthétise le laisser aller.Commentaires
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