|
Ce que les médias (journaux, Intenet et autres) nous disent du cinéma
Cannes : 100 photos pour la liberté de la presse
A l'heure où les stars et les badauds se massent autour des marches du Palais des festivals, jouons deux minutes les troubles fêtes pour une bonne cause. Rocky Balboa, facho facho man ? Il y a 30 ans, l'étalon italien mettait au tapis un afro-américain punk crachant sur le drapeau américain. Aujourd'hui, Papy Stallone réitère l'exploit sur Mason Dixon, un autre vilain ébène qui squatte son ring. Au lendemain de sa sortie britannique, le Guardian pond une chronique polémique fourrée aux raccourcis faciles sur ce Rocky 6, pourtant encensé par le reste du métier comme le meilleur opus de la saga. Il présente le mari d'Adrienne comme le symbole d'une Amérique white trash qui n'a jamais encaissé la starisation de Mohammed Ali, représenté à l'écran par les Apollo Creed (Rocky 1 et 2) ou autres Clubber Lang (Rocky 3). Rocky Balboa pousse le crime jusqu'à choisir une vraie idole des cordes (Antonio Larter) pour incarner la némésis du héros.Oh shocking ? Non pas vraiment, rappelons que le Guardian hurlait déjà au loup antisémite à propos du premier film Harry Potter (dans lequel un banquier présentait caricaturalement des «traits morphologiques juifs» dixit le quotidien) et surtout qu'au bout de la plume se cache Joe Queenan. Ce Jerry Springer de la presse new-yorkaise tente en effet de s'exporter en Europe après avoir subi le courroux des cols bleus, des papy-boomers et autres «yankees à petit cerveau» auxquels il a consacré tout un ouvrage. Dommage qu'il n'ait pas plus planché sur leur dévédéthèque, il aurait appris que Rocky mange sa mâchoire à deux reprises face à ses assaillants, qu'il va jusqu'à pactiser avec l'un d'entre eux et décortiquer du Dolph Lundgreen aryen (certes coco) pour le venger. Un coup dur pour la suprématie blanche... Campagne sauvage C’est pas dans les habitudes de la maison de parler marketing, mais là, vraiment, chapeau. La prod' du nouveau film de Christophe Ali et N. Bonilauri, Camping sauvage, a eu la brillante idée de créer le faux blog du personnage d’Isild Le Besco. La prose et les vidéos épurées du journal intime de Camille tiennent en haleine. Au-delà du jeu entre réalité et fiction, ce qui est intéressant, c’est que la démarche est, à l’image du film, une évocation du désir, de l’attente : Camille, 17 ans, rencontre Blaise, de 25 ans son aîné, sur la plage en été. En proie au même mal de vivre, ils se lancent dans une « dangereuse histoire d’amour ». Bon, j’irai peut-être pas voir le film pour autant, mais de la pub intelligente et créative, on pouvait vraiment pas passer à côté.Flu, le mag : tout Andy Warhol![]() Million Dollar Movie BabyLes sites qui vendent des pixels se multiplient à vitesse grand V, c'est le dernier système de cyber-mendicité à la mode. On y propose des pixels pour apposer une publicité qui restera en place pendant quelques années. Et ça marche très bien (pour le moment), les dits espaces pub se remplissent en quelques semaines, profitant du buzz, de la curiosité des surfeurs du monde entier.
En partant de ce principe, deux étudiants de l’International Film School Wales (Newport, Pays de Galles) ont lancé le Million dollar Movie Project. Encore une page d'espace publicitaire, sauf que cette fois ci l'argent servira à financer un film. Chaque annonceur devient donc producteur de Waking Dreams (une sombre histoire de maladie orpheline accompagnée d'hallucinations qui forcent un jeune homme à rentrer chez papa maman...) Envie de commencer votre carrière de producteur ? Oscars en ligne
Deux solutions en ligne pour consulter la liste des nominés à la 78e cérémonie des Oscars, qui est tombée hier soir. La page idoine du Herald Tribune online, qui renvoie à des mini-bios de chacun des films nominés, ainsi qu'aux bande-annonces des 5 meilleurs films de l'année selon "The Academy" : Brokeback Mountain (Ang Lee), Munich (Spielberg), Good Night and Good Luck (George Clooney), Capote (Benette Miller) et Crash (Paul Haggis). Et le site des Oscars lui-même, avec des extraits de tous les films en coimpétition. And the winner is... Réponse dans la nuit du 5 au 6 mars prochains.Flu, le mag : Munich, 1972 Cette semaine, Flu le mag, aborde bien sûr la prise d'otage de dix atlhètes isaréliens à Munich lors des jeux olympiques de 1972. Spielberg, après avoir offert une vision singulière de La Guerre des mondes, revient où on ne l'attendait pas. Avec Munich, il donne à voir un processus multiple, éclaté, celui qui par l'entremise des liens familiaux amène au sacrifice. Plus didactique, Un jour en septembre de Kevin MacDonald, met en scène une machine qui broie les hommes. En mettant en scène la lâcheté, le gâchis et les arrangements internationaux. Mais le film manque d'appui : quid de la documentation, du contexte historique ?A lire également sur le mag, la chronique de Brokeback Mountain, histoire de solitude et d'amour mise en scène par Ang Lee. Et Flu profite de la rétrospective Scorsese au Centre Pompidou pour revenir sur la filmo la plus enfouie du plus "plus italo des réalisateurs américains". Bonne lecture, bonne semaine ciné sur Flu. (illus. Munich, Spielberg) Bollywood à Dublin
C'est un peu la suite de ce post : où comment la mondialisation de l'économie s'étendant bien sûr à l'industrie du cinéma, différents pays se tirent une furieuse bourre pour attirer chez eux les tournages des superproductions. Cette fois-ci, c'est l'Irlande. Un article du IHT paru la semaine dernière montre comment l'île a vu ses revenus tirés du cinéma plonger sérieusement en 2004 : 51 millions d'euros seulement, contre 211 millions l'année précédente et un niveau comparable depuis 1997, année glorieuse où la scène introductive d'Il faut sauver le soldat Ryan (Spielberg) était tournée sur une plage au sud de Dublin. C'est que, depuis deux ou trois ans, les pays d'Europe centrale proposent des abattements fiscaux plus intéressants aux producteurs internationaux : du coup, c'est par exemple à Budapest que Spielberg est allé tourner Munich, qui sort demain en salles en France.Et alors ? Bah alors l'Irlande a décidé de se tourner vers Bollywood, deuxième industrie cinématographique mondiale avec 800 films produits par an. En voyage en Inde la semaine dernière, le Premier ministre irlandais Bertie Ahern s'est rendu à Bombay pour vanter son pays auprès des poducteurs indiens. Une politique qui pourrait également être payante en matière de tourisme : depuis que Bollywood s'est mis à tourner en Suisse vers 2000, la Confédération a vu arriver quelque 75 000 visiteurs indiens désireux de voir en vrai les Alpes helvètes qu'ils avaient préalablement découvertes sur les écrans. (illus. un des pysages irlandais promus sur le site BollywoodIreland.com) NB : Lire notre dossier Bollywood, publié à l'occasion de la sortie DVD de Mother India (Mehboob Khan, 1957) Vendredi, 12h : rendez-vous avec les Cahiers Aujourd'hui à midi, la rédaction des Cahiers... vous donne rendez-vous pour un chat avec Jean-Michel Frodon. Critique de cinéma au Monde jusqu'en 2003 et fondateur de l'exception, un groupe de réflexion sur le cinéma, Jean Michel Frodon répondra aux questions des internautes jusqu'à 13 h sur le site des Cahiers...La rédaction organise ce type de rendez-vous chaque semaine ; j'ai assisté à celui de la semaine dernière, j'en attendais pas grand-chose, parce que bon ... un chat ça me semblait un peu superficiel et sans doute pas très constructif. Grave erreur ! La nécéssité de faire court et de tenir le rythme des questions/réponses donne un résultat intéressant, consultable sur le site. On a parlé de cinéma (évidemment), de critique, de choix et d'auteurs qui comptent aujourd'hui au regard des participants ou de la rédaction. Pas d'inscription nécéssaire, rendez vous sur le chat de la rédaction. Kitano : ciné-manga-minutePosté par Jypegue le 18.01.06 à 18:23 | tags : japon, cahiers du cinéma, média, web, asie, webfilm, réalisateur, takeshi kitano
Pour leur numéro 400, Les Cahiers du cinéma avaient invité Wim Wenders, pour le n°500 c'était Scorsese qui était à l'honneur. La rédaction a pensé à Takeshi Kitano pour fêter le numéro 600, il a accepté et a même proposé un petit jeu aux lecteurs et adeptes de la revue. Son ciné-manga interactif consiste en 69 photos prises par Kitano lui-même. A vous d'en choisir quatre et de monter votre petite histoire. Elle sera consultable aux côtés de celles de Kitano et d'autres réalisateurs qui ont accepté de se prêter au jeu. Bobines Sociales, 3e !
Easywriter nous propose :
"Alors qu'on glose (abusivement) sur le retour du politique dans le cinéma americain (The Constant Gardener, le dernier Clooney...), c'est vers le 20e arrondissement de Paris que lorgneront à la fin du mois tous les amateurs de films engagés. Pour sa 3e édition, le festival Bobines sociales propose en effet, à partir du 27 janvier, 3 jours de plongée dans le cinéma militant français avec notamment des films retraçant l'épopée des groupes Medvedkine, dernière expérience commune vécue entre artistes et ouvriers au sein de la pétillante usine Peugeot de Sochaux. On y parlera aussi du Chili, des prisons, de la lutte sociale au MacDo' et même des net.activistes; tout cela sous le bienveillant parrainage de Marcel Trillat, inlassable chroniqueur de la grande classe ouvrière. On aimerait en dire plus mais les odieux fondateurs de ce site impérialiste nous en empêchent. Arrgghh !!! Tarifs et dates sur www.paveetmanivelle.org"Merci Easywriter ! (lui écrire : dan_dealmeida@yahoo.fr) Tant que j'y suis, je vous invite à écouter ce petit reportage sur les films des Medvedkine, c'est signé Arte-Radio et peut faire office de mise en bouche en attendant Bobines Sociales. CVICFF : et l'imaginaire, alors ?
La crédibilité est-elle un des critères essentiels sur lesquels un film doit être jugé ? C'est visiblement ce que pensent les animateurs du "Comité de Vérification Internationale de Crédibilité Fondamentale Filmique" (CVICFF), un module ironique de 5 minutes diffusé chaque samedi à 13 h sur Radio Nova (101.5 MHz FM Paris) depuis novembre dernier. A les entendre, on n'en est pourtant pas convaincu : fallait-il par exemple déboulonner deux films sensibles comme Grizzly Man (Werner Herzog) ou Trois enterrements (Tommy Lee Jones) au motif de leur improbabilité scientifique ? Pas sûr... Les émissions peuvent désormais être écoutées en ligne. A vous de juger...Ingagi, père planqué de King Kong![]() Vous reprendrez bien une tranche de Kong ? Via cet article du LA Times (en anglais), j'apprends l'existence d'un illustre oublié, Ingagi, dont la trame serait - selon BoingBoing - encore plus sinistre, raciste et sexy que l'opus signé Merian C. Cooper et E.B. Shoedstack. Hm... la banane. Shanghai renaissance"Il y a plein d'argent cash à Shanghai qui n'attend qu'un retour sur investissement", constate Ilan Carmel dans le papier - fort intéressant - qu'elle vient de consacrer dans le Asia Times à la renaissance cinématographique de la deuxième ville chinoise. Prenant acte de la prépondérance de Hong Kong et Pékin dans la production chinoise actuelle, la journaliste raconte toutefois l'émergence d'un secteur cinématographique indépendant à côté du Shanghai Film Studio tenu par l'Etat. Une émergence qui profite largement de la croissance du Festival international du film de Shanghai, et qui pourrait faire en sorte que la ville redevienne ce qu'elle était encore dans les années 1920 à 1940 : derrière Hollywood, le deuxième pôle mondial de production de cinéma. (illus. Pudong, quartier d'affaires de Shanghai, au petit matin) Elia Kazan au fil des motsEn 1970, Elia Kazan (illus. © Collection Christophe L.) accompagnait au Festival de Venise sa femme, Barbara Loden, qui y présentait son film Wanda (un film magnifique, m'ont dit tous ceux qui l'ont vu, moi pas encore hélas). Là-bas, il rencontra Michel Ciment, encore un French critic qui lui proposa de réaliser avec lui un livre d’entretiens pour le British Film Institute. Je ne sais pas si le livre a vu le jour, mais les entretiens ont été enregistrés. Ils sont diffusés depuis hier sur France Culture à 13h30, jusqu'au 3 février (un épidode de 20 minutes chaque jour du lundi au vendredi). Pour mémoire, Kazan c'est entre autres Sur les quais, Un tramway nommé désir, A l'est d'Eden, America America... NB : à vue de nez, après une rapide recherche sur le site de France Cul', les entretiens peuvent être écoutés en ligne durant environ un mois. Nouvelle-Zélande : petit pays, gros budgetsUn article original du Herald Tribune paru ce matin raconte comment la Nouvelle-Zélande, pays austral d'un peu plus de 4 millions d'habitants, a vu récemment son industrie cinématographique transformée par la production là-bas de blockbusters comme la trilogie du Seigneur des anneaux (illus.), Le Monde de Narnia ou King Kong. Grâce entre autres à une fiscalité locale très avantageuse pour la production audiovisuelle, des millions de dollars y ont été investis, ce qui a entraîné une augmentation considérable des salaires des professionnels du cinéma. Mais du coup, les jeunes cinéastes néo-zélandais ne trouvent plus l'argent suffisant pour boucler le budget de leurs films, et la production nationale stagne. Quand la mondialisation hollywoodienne n'est pas seulement affaire de distribution... Top 10 du New York Times : so French!Posté par Sandor le 26.12.05 à 16:12 | tags : short list, flu, le mag, média, david cronenberg, steven spielberg, philippe garrel, woody allen
Surprise ! Publié hier, le Top 10 cinéma 2005 des critiques du New York Times fait la part belle à quelques films français, dont notamment Les Amants réguliers de Garrel (illus.), Rois et Reine de Desplechin (sorti en France fin 2004), Caché de Haneke, Le Cauchemar de Darwin de Hubert Sauper ou même Comme une image d'Agnès Jaoui (que nous n'avions pas jugé utile de chroniquer). Autres films distingués : 2046 de Wong Kar-wai, Last Days de Gus Van Sant, A History of Violence de Cronenberg, Match Point de Woody Allen... et Munich de Spielberg, dont la sortie en France est prévue pour février. Le Top 10 ciné de Flu sera quant à lui publié dans quelques jours. En attendant, un petit flash-back sur l'année 2004. MAJ 04/01/05 : le Top 10 Ciné 2005 de Flu est en ligne. livraison : refresh ! Une fois de plus, en plein dans la réflexion sur les "images qui bougent" :
"Qu’il s'agisse de cinéma, de vidéo, ou d'image informatique, représenter le mouvement implique toujours un flux continu d'images - ou une image sans cesse renouvelée, rafraîchie par une autre. Ce numéro 5 de livraison", explique l'association rhinocéros qui édite la revue, "regroupe diverses pratiques (diaporama, performances, reportage dessiné, sculptures de synthèse, morphing, mise en pages) qui cherchent à articuler, à projeter, ou à interférer différemment dans cet enchaînement d’images." La revue est parue en septembre, mais elle est toujours disponible en librairies. rhinocéros, basée à Strasbourg, est un collectif qui s'intéresse à la diffusion de l'art et qui prône une idée phare : l'exposition n'en est plus la forme idéaltypique, il faut plutôt multiplier les publications, sur tous supports. D'où la revue livraison entre autres. Voilà qui devrait également intéresser nos amis de De Visu.Objectif Cinéma fait son ciné-clubCela faisait longtemps que je souhaitais ici tirer un petit coup de chapeau à nos amis d'Objectif-Cinéma, un site sans format qui balance en ligne, depuis plus de cinq ans, une série d'articles, d'analyses et d'interviews parmi les plus originales à lire en français sur le Septième art. Il se trouve qu'Objectif-Cinéma inaugure son ciné-club demain, en donnant carte blanche à Nicolas Saada, l'enfant terrible de Nova (en sa présence), pour une projection de son film Les Parallèles et de Conversation secrète de Coppola (le père). Ca se passe demain jeudi 8 décembre à 20h au Studio Galande (Paris 5e) et ce sera probablement grand. Toutes infos disponibles ici. DigimasieEn bonus pour les germanocomprenants : un mini-dossier sur l'importance des mangas chez les coiffeurs nippons traditionnels. Heureusement que les dossiers des anciens numéros sont toujours consultables pour les moins allemands d'entre nous. Un monde moderne : le travail vu de l'intérieur
Flu en a parlé sur le mag il y a 15 jours : nous avons aimé, nous avons adoré Un monde moderne de Sabrina Malek et Arnaud Soulier, remarquable documentaire sur le délitement des conditions de travail dans les sociétés contemporaines à partir de l'exemple des chantiers navals de Saint-Nazaire.Ce midi, l'émission Vu de l'intérieur sur Radio Fréquence Paris Plurielle (106.3 MHz, FM Paris) a elle aussi accompagné cette sortie en salles, en diffusant une demi-heure d'évocation radiophonique du film, à partir notamment de la parole des cinéastes récueillie par l'équipe de Flu. Une bande sonore enveloppante, à écouter en ligne pendant une semaine, qui fait entrer dans l'atmosphère du film aussi surement que celui-ci tente de donner à voir la résistance des hommes confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail. Mais rien ne vaut l'expérience du film lui-même, toujours visible en salles à l'Espace Saint-Michel (Paris), aux cinémas Le Concorde (Nantes) ou Les Korrigans (Saint-Nazaire)... |
Discussions en cours sur le forum cinéma :
|