Michael Moore m'aurait menti ? Décidément le festival South By Southwest (on en parlait ici) regorge de curiosités documentaires. Dernière projetée : Manufacturing Dissent ou la première bio non officielle du Karl Zéro américain. Sous-titrée «Michael Moore n'aime pas les documentaires, c'est pourquoi il n'en fait jamais», l'affiche est intéressante, non dans sa contestation du contestataire (les deux auteurs s'excitent sur les origines sociales de l'accusé pas si ouvrières qu'il ne le revendique, sur son flanc gauche opportuniste et sur sa mésestime des interviews), mais plutôt comme étude d'un genre désormais hégémonique : le doc égocentré. On autopsie les stratégies de Moore destinées à faire triompher l'émotionnel sur le factuel ; comment par exemple il a occulté plusieurs entretiens vidéos avec Roger Smith, le boss de General Motors et bad guy de son pamphlet contre la libre-entreprise Roger et moi, pour s'octroyer au montage final le mérite d'une «minute volée» au PDG dédaigneux. Un nombrilisme qui aujourd'hui a fait école : Morgan Spurlock, Al Gore et le couple Rick Caine / Debbie Melnick, auteur de cette oeuvre qui en se faisant juge de ces pratiques finit par en devenir coupable. Méfiez-vous des contrefaçons qu'il disait, l'autre...Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum cinéma :
|