Des rencontres cinéma à la limite du supportable : Baixio das Bestas Dans l’isolement d’un petit village où la fabrique de sucre ne fonctionne plus, une adolescente est exhibée, nue, par son grand-père. Contre quelques billets, les hommes, camionneurs ou chômeurs, la regardent et la désirent… sans avoir le droit de la touche. Un véritable uppercut en pleine face. Telle est la sensation qui dominait après la projection de Baixio das Bestas. Sorte de Beau-père (Bertrand Blier) qui aurait été réalisé par Gaspar Noé, sans la délicatesse de Dewaere. Souffle court et regard perdu, les spectateurs n’en menaient pas large après avoir subi la violence du second film de Claudio Assis, dont le premier opus, Amarelo Manga, fut récompensé, ici même aux Rencontres cinéma d'Amérique Latine de Toulouse, en 2003. Impossible, en effet, de rester de marbre devant ces images choquantes qui flirtent avec le voyeurisme, malgré une très jolie photographie sombre qui en atténue la crudité. Les femmes y sont moins bien traitées que des animaux : la jeune fille ne parlera presque jamais alors que les autres femmes, des prostituées ou des mères maquerelles, encaissent (l’argent et les coups) mais ne valent guère mieux que les hommes, défoncés à l’alcool frelaté local. Dans cet Etat isolé et défavorisé du Brésil, pour tuer l’ennui et l’absence de perspectives, c’est la défonce qui prime, peu importe les moyens… Ce coup de poing en provenance de la sélection coup de cœur dresse donc un nouveau constat terrifiant de la situation du pays de Lula où pauvreté, inégalités et machisme restent la norme. Souvent insupportable, ce film possède cependant les qualités cinématographiques qui justifieraient une distribution hexagonale. A suivre… Commentaires
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