
On vous a déjà parlé du projet de loi relatif aux droits d'auteur et droits voisins dans la société de l'information (
DADvSI) sur
Playlist, le blog musique de Flu. Qu'en-est-il de la suite, et pour le cinéma ? La première mouture du projet est apparue très répressive à une opinion habituée au libre-accès offert par Internet. Le ministre de la Culture doit donc revoir sa copie, et tenter de concilier liberté des consommateurs et protection des auteurs. Principaux points de la version revue et corrigée par le ministère après la
claque d'avant Noël :
- les titulaires des droits d'une oeuvre pourraient y mettre un système anti-copie (dit
DRM), mais le vérouillage total d'un support audio ou vidéo deviendrait illégal : ils devront trouver le moyen de permettre une (deux, ou trois...) copie privée de leur Cd ou Dvd ;
- le contournement de ces systèmes DRM resterait sanctionné, mais les peines seraient revues à la baisse et graduées, allant jusqu'à un an de prison et 100 000 euros d'amende pour les gros contrefacteurs ;
- téléchargement et échange de fichiers (
peer to peer) : actuellement, la loi ne fait pas de différence entre l'internaute qui télécharge une chanson ou un film, et le trafiquant de copies. Le nouveau projet de loi prévoit des contraventions légères pour un internaute qui ne télécharge que de temps en temps.
Le principe de la
licence globale, qui aurait légalisé le
peer to peer en échange d'une taxe payée par les internautes, effraie la quasi-totalité des réalisateurs et producteurs, et a toutes les chances d'être abandonné. Les professionnels défendent les vertus d'une offre légale payante
(pay per view ou
per download). Mais quand on a l'habitude de télécharger des centaines de films gratuitement, c'est normal de rechigner à payer pour une offre bien plus limitée. Reprise des débats parlementaires en février. On vous tiendra au courant des suites du projet.
(illus. le copyright vu par l'Union Européenne)
Je suis surpris que les auteurs de ce brouillon n'aient toujours pas consultés des juristes de qualité.
je ne suis pas juriste, mais le citoyen que je suis combattra pour le respect de sa vie privée; et comment pouvoir tolérer la privatisation des missions de Police et de Justice?
Dans la vie courante, une personne ne peut être mise sur écoute qu'après autorisation du procureur de la République? Et dans ce genre d'affaire, l'infraction est proportionnelle à la gravité de mettre sur écote.
Tout ceci relève de la Haute Trahison! Comment accepter de surveiller les citoyens dans leur vie privée? La surveillance sera automatique, et la moindre déviance déclenchera une riposte automatique; Adoucir la riposte n'enlève en rien l'ignoble tentaive de gangrener notre démocratie par des pratiques que l'on croyais enterrées. Et tout ceci dans le silence le plus absolu! La résistance s'organise!
De genium, posté le 19.01.06 à 12:55Quand les résistants nous transmettent le flambeau!
De Stéphane Hessel, Ambassadeur de France, né à Berlin en 1917, ayant rejoint le Général de Gaulle en 1941, déporté à Buchenwald et à Dora, et toujours encore debout...
Que les héritiers du Général De Gaulle méditent ces propos! De Sandor, posté le 19.01.06 à 14:16
De Sandor, posté le 19.01.06 à 14:23
Sandor, comme l'ensemble de la presse, cet article n'évoque en rien la privatisation des missions police et de justice, ni d'ailleurs la mise en place d'un système de 'police de l'internet', dénoncée par M. Bayrou. Mais le titre de l'article (DADvSi revu et corrigé) nous le rappelle; en effet, la nouvelle mouture du texte va adoucir l'application de la "riposte graduée"; mais il n'empêche que le système en lui même est d'une monstruosité gravissime dans la mesure où les internautes seront surveillés automatiquement... A la moindre déviance, le système déclenchera une riposte graduée automatique, impliquant des sanctions gérées automatiquement, le tout orchestré par des applications et des systèmes informatiques privés!
Il s'agit ni plus ni moins de plusieurs violations de la Constitution, comme de la Déclaration universelle des droits de l'Homme d’ailleurs.
Il me semble important de parler de cette ignoble tentative, digne de pratiques que l'on croyait enterrées à jamais.
>> DE PASSAGE
Bien entendu que cela a un rapport! "DADVSI revu et corrigé"... Philippe Astor, de ZDNEt, a participé a une réunion de travail avec le président de l'UMP. Je tenais à citer sa réponse à mes inquiétudes :
Philippe Astor a écrit:
Genium, Mon apparté sur le fait que Sarkozy n’a pas l’intention d’embastiller les fumeurs de joints et les P2Pistes - il a fait référence à ce moment là à l’inapplicabilité de la loi de 1970 qui punit les consommateurs de joints d’une peine de prison - avait surtout vocation à rappeler à certains, sur le ton de l’ironie, que leur faculté de tolérance est à géométrie variable (vous ne verrez personne se lever, dans le milieu de la musique, pour demander une application stricte de la loi en matière de consommation de drogue).
Cela dit, le problème que vous soulevez est bien réel. Sous couvert de réponse graduée à des comportements jugés déviants (le téléchargement sauvage), ce qui pourrait passer pour une attitude relativement conciliante, c’est bien de la mise en place d’une police automatisée et privée qu’il s’agit, et vous avez raison de le rappeler. J’y vois, certainement comme vous, le signe que nos sociétés démocratiques risquent de se laisser gangréner par une forme de fascisme ou de totalitarisme rampant, inféodé à quelques oligopoles économiques, dans ce domaine comme dans d’autres.
Merci de nous rappeler, par la bouche de Stéphane Hessel, qu’en tant que citoyens nous devons rester vigilants et veiller à la sauvegarde de certaines valeurs et de certains droits fondamentaux. Cet appel à la résistance est toujours d’actualité. Et comme pour les vaccins, quelques piqures de rappel sont souvent nécessaires.
La plupart des maisons de disques raisonnent en terme de manque à gagner : si les gens téléchargent, c'est qu'ils n'achètent pas. A contrario, ils ne font pas la corrélation entre l'augmentation des abonnements haut débit et l'augmentation des ventes de disques (en magasin) en 2005.
De de passage, posté le 19.01.06 à 15:32
Je pense déjà qu'ils peuvent au minimum offrir pour le même prix un fichier qui aurait la même qualité qu'un CD (pour le prix équivalent, le support physique et tout ce qui s'y rapporte en moins et qui restera encore à la charge de l'internaute) afin de le graver et d'obtenir un produit digne de ce prix, un système de points pour gagner un je ne sais quoi, des images "collectors" de la même manière où elles peuvent se copier et s'échanger entre fans, le tout est d'en récupérer des nouvelles sur leur site, bref les idées ne manquent pas à ce point j'espère dans leurs petites têtes mercantiles.
Il n'y a pas de manque à gagner hélas pour eux, et il faut le répéter inlassablement, il y a eux un simple transfert dans les postes de dépense des ménages liés aux loisir. Et les fabricants de lecteurs mp3 ne vont certainement pas se plaindre du p2p, ils se frottent les mains en silence.
De Pas_Glop, posté le 19.01.06 à 15:33
Ces industriels de la musique qui aimeraient vendre la culture au kilo sont persuadés que l'interdiction du p2p se traduira par une ruée en masse vers le téléchargement payant. Ils misent donc sur ce providentiel jackpot mais je prie de toute mon âme que leurs prévisions soient foireuses et qu'effectivement ils en viennent à regretter la licence globale. Pour ma part, jamais de la vie je ne dépenserai 0.99 € pour un vulgaire fichier informatique infesté de DRM pourris.
De de passage, posté le 19.01.06 à 15:53Les DRM ne sont là que pour signer la mise en concurrence avec le p2p. Si ce dernier vient à disparaître, non seulement ces DRM subsisteront et serviront à la concurrence entre "catalogues" mais en plus ils se substitueront à la loi dans le sens où eux seuls dicteront le droit à la copie. Aujourd'hui fixé 5 d'après certains dires (rien n'est encore crytalisé dans la loi) mais tout reste encore à écrire de façon à ce que ces droits soient les plus flexibles possibles pour limiter totalement l'ancien droit à aucune copie possible.
Dans ce cas, le droit à la copie privée étant caduque, il peut être supprimé et en même temps retirer la taxe des support vierge qui en est la compensation économique. Dans le cas contraire, cette taxe serait illégale et s'apparenterait ipso facto à un racket organisé (legislateur / industriels).
La mise en place de ces DRM vont automatiquement engendrer des coûts : mise en place sur les fichiers/support, OS/software devant les gérer, matériel devant les supporter, gestion de ces droits par des entités privées, augmentation d'un traffic lié aux transaction, sans compter les problèmes de sécurité que cela peut engendrer (cas d'école de sony et son root kit).
Les DRM sont une calamité pour la société. Une machinerie à brasser et pomper du fric alors que tout peut fonctionner sans.
De Bishop, posté le 19.01.06 à 22:57
Quand on aime on prend plaisir à acheter le cd à aller au concert et comme quelqu'un me le disait il y a pas longtemps "de toute façon ils nous ont entubés avec le passage de la k7 au dvd, du vynil au cd, et maintenant au mp3...Sur certains produits cela fait déjà trois fois qu'ils nous les vendent"
De jyeffe, posté le 21.01.06 à 12:04
La riposte graduée
Renaud Donnedieu de Vabres , ministre de la Culture instaure une nouvelle police de l'Internet
De Jean Nash, posté le 22.01.06 à 15:19Ce système suppose une mise sous contrôle des internautes , l'abonné qui télécharge des fichiers illégaux reçoit un courrier électronique d'avertissement de son FAI ou une lettre recommandée ...
Il parle de dénonciation , de délation et de sanction pouvant aller jusqu'à 500 000 euros et cinq ans de prison ...
La riposte graduée heurte deux principes :
Celui de la non responsabilité des fournisseurs d’accès , principe posé par la loi de confiance dans l'économie numérique et , d'autre part , celui du caractère privé de l'activité des internautes ...
Jean Nash
Le projet de loi sur le droit d’auteur et le droit voisin est la transposition en droit Français de la directive européenne , DADVSI le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information .
De Jean Nash, posté le 26.01.06 à 02:50Elle devait être transposée par tous les états membres au plus tard le 22 décembre 2002 .
La France et l’Espagne n’ont pas encore satisfaits cette contrainte .
La France a déjà été condamnée , un retard supplémentaire pourrait la conduire à payer des amendes d’un montant très élevé .
Le gouvernement applique la directive européenne en renforçant son arsenal juridique , il est critiqué pour avoir opté pour les choix les plus durs dans les secteurs ou la directive donne une certaine latitude …
Les peines encourues pour le téléchargement P2P sont de 3 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende .
Des internautes ont été condamnés à de la prison avec sursis et à des amendes de plusieurs milliers d’euros pour téléchargement illégal de films et de fichiers musicaux
Jean Nash
Projet de loi DADVSI , les mesures anticopie , l’incompatibilité , l’interopérabilité , la copie privée
Le ministre de la Culture prétend que les systèmes de gestion des droits numériques ( DRM ) ou mécanismes techniques de protection ( MTP ) qui permettent de contrôler le nombre de copies , selon le souhait de l’industrie du disque , favorisent l’émergence de nouvelles offres et de nouveaux modèles économiques .La règle , c’est l’interdiction de copier , le droit de copie privée n’est qu’une exception .
Contourner les verrous de protections des supports ( DRM ) est un acte de contrefaçon passible de trois ans de prison et 300 000 euros d’amende .
Les dispositifs anticopie ne visent pas à empêcher une reproduction des œuvres , mais à limiter le nombre de lectures , à en rendre chaque utilisation marchande , en instituant des péages permanents.
Le fichier numérique peut être reproduit à l’infini , sans rien perdre de sa valeur et pour un coût dérisoire …
La musique de certains fichiers mp3 et CD protégés ne pourra pas être transférée sur un autre appareil à cause de l’incompatibilité des formats de compression .
L’interopérabilité des différents systèmes doit être une priorité pour les fabricants …
Comment comprendre que le gouvernement refuse d’étendre aux musées , bibliothèques et archives ainsi qu’aux enseignants et aux chercheurs , le droit de copie privée .
Ces établissements ne recherchent aucun avantage commercial ou économique …
Le droit de copie privée ne doit pas être une exception
Non à la copie contrôlée et limitée au nombre de 5 ( nombre insuffisant ) .
La règle , en France , c’est le droit à la copie privée de l’œuvre acquis légalement .
Jean Nash