Quoi ! Un film avec Michaël Youn à la Semaine internationale de la critique ? Que vient faire le guignol de la télé dans cette sélection off supposée exigeante ? Opération marketing de bas étage, en guise de séance d'ouverture, ou vraie prise de risque sur un film déstabilisant ? Un peu des deux, mais on est bien obligé de reconnaître que Héros, par ses audaces, trouve ici pleinement sa place.
Derrière la caméra, pour diriger celui que l'on ne s'attendait pas à voir en comédien non dénué de talent, on trouve Bruno Merle. Auteur de clips, de pubs et de quelques courts, il use et abuse du contre-emploi (car on découvre également un Patrick Chesnais inattendu en Johnny de pacotille) et du poil à gratter visuel. La pellicule et l'écran large succèdent à la vidéo, les mises en abîme où Youn interpelle le réalisateur surprennent et agacent, les éclats visuels et sonores font sursauter. Le film se veut matière, physique, coup de poing, et plus d'une fois, fait mouche.
Et l'histoire me direz-vous ? Et bien, on s'en fout un peu, comme d'ailleurs peut-être le réalisateur lui-même. Non qu'elle soit inintéressante en soi. Inspirée de La Valse des pantins de Scorsese (explicitement cité), elle tourne autour de la séquestration d'une star vieillissante du rock franchouillard par un comédien raté, chauffeur de plateaux TV. Bifurquant après quelques cris et éclats vers une tragédie sur l'image du père et l'absence d'amour, le récit se fait plus psychologique, plus convenu aussi. Youn n'en parvient pas moins à être émouvant. Ce qui est un vrai tour de force si l'on considère que le réalisateur semble plus attaché à jouer avec l'image et le son qu'à approfondir son sujet. Se clôturant sur un des génériques de fin les plus étonnants de ces dernières années, version moderne des appels aux spectateurs qu'affectionnait Sacha Guitry, Héros ne fera pas l'unanimité et d'ailleurs ne la cherche pas. Personnellement, je reste indécis sur la pertinence d'un tel film, souvent creux et vain. Mais il faut néanmoins saluer son originalité visuelle, sa tentative d'affranchissement dans un cinéma populaire français encore trop scindé entre films de genre sans imagination, comédies débiles et romances plates et bavardes.
Héros - Un film de Bruno Merle
Avec Michaël Youn, Patrick Chesnais, Elodie Bouchez, Jackie Berroyer - France, 2007, 115 mn.
www.heros-lefilm.com
(illus. © Jaïr Sfez)
De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
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MERCI ,enfin une critique qui ne prend pas seulement l'acteur pour cible.
Je n'es pas vu ce film mais je tiens à vous féliciter pour votre courage d'oser ne pas déscendre cette oeuvre avec, je cite, "un acteur (Michaël Youn) aussi pitoyable que son personnage dans le début du film".
Pardonnez cette ironie mais apparament vous faites partie des rares critiques de films qui connaissent la signification du mot critique et pour cela MERCI, vous n'êtes pas qu'un simple téléspectateur contrairement à d'autres...