Joy Division : un nom synonyme de mythe et de gloire fulgurante.
Control raconte justement les quatre années d'existence du groupe, de sa naissance en 1977 sous le nom de Warsaw, avec l'arrivée décisive de Ian Curtis en tant que parolier et chanteur, jusqu'au suicide de ce dernier, le 18 mai 1980. Pour autant, ce film n'est pas une simple bio, plate et didactique. Il se concentre sur la personnalité tourmentée de Curtis, traquant ses contradictions pour mieux en illuminer sa singularité.
Co-produit par sa veuve, auteur du livre dont il s'inspire, Control est réalisé de main de maître par Anton Corbjin. Habitué de l'univers rock, photographe aguerri, il signe là son premier film. Dès la première séquence, lointaine réminiscence d'Orange Mécanique, on sent sa maîtrise du cadre. Dans un magnifique noir et blanc, il pose l'ennui et le vide qui remplissent le quotidien de Curtis. Grâce à une musique oscillant entre Bowie et les Sex Pistols, il donne à entendre et à voir l'incertitude qui l'habite. Jusqu'à la rencontre avec les autres membres du groupe, décisive. Débute alors une errance émotionnelle, partagée entre l'accomplissement musical, la reconnaissance croissante et le quotidien on ne peut plus banal. Banal dans le travail, Curtis continuant à œuvrer comme employé de l'ANPE anglaise, et dans la vie de couple. Le film prend alors une voie inattendue, et pas toujours convaincante. Le chanteur, marié, père d'une enfant, tombe amoureux d'une jolie belge. Entre le « je t'aime, moi non plus », les tiraillements entre femme et maîtresse, sa vie semble se réduire alors à un drame conventionnel un peu longuet. Jusqu'à la survenue de l'acte fatal, irrémédiable, mais peut-être salvateur.
Reste une description subtile et finalement universelle d'une personnalité partagé entre adaptation au monde et rejet de la vie telle qu'elle est. Un être voué à une insatisfaction permanente, magnifiquement rendue par un acteur totalement habité, nouveau venu sur le grand écran : Sam Riley. Rien que pour sa présence et sa gestuelle, le film vaut d'être vu. Mais oublier le lyrisme discret du film, sa capacité à saisir un romantisme qui cherche à échapper au nihilisme, serait une totale injustice. Les esprits chagrins le taxeront d'académique et de lisse. Je préfère y voir une belle ouverture pour cette 39ème Quinzaine des réalisateurs qui s'annonce d'ores et déjà passionnante.
Control - Un film d'Anton Corbjin
Avec Sam Riley, Samantha Morton, Alexandra Maria Lara -1h59, 2007.
Quinzaine des Réalisateurs.
(illus. © La Fabrique de Films)
De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
Réagir à cet article
Un biopic réussi....ce serait nouveau....Sur un des groupes qui m'a rendu mes nuits diaboliques.... ce serait du bonheur...hâte
De Tatou, posté le 01.06.07 à 13:56
Allez voir le reportage fait à Cannes sur le film par un groupe de jeunes de la région
www.prixdelajeunesse.com ou le blog prixdelajeunesse sur france5.fr
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z