The Bannishement de Andréï Zvyangintsev
A partir d'une nouvelle de William Sarroyan, Matière à rire, dont seule la trame est conservée, le Festival a connu un premier choc visuel rare et salutaire. Œuvre d'une beauté stupéfiante, The Bannishement se pose d'ores et déjà comme un sérieux prétendant à un très joli prix. Sans aucune concession, Andréï Zvyangintsev, met en scène un récit magnifié par l'image, extraordinaire, de Mikhaïl Kritchman. Celui-là même qui oeuvrait pour son premier film, Le retour (Lion d'Or à Venise), réalise la prouesse de capturer notre regard, 2H30 durant, malgré l'extrême lenteur d'un récit bien austère. Prenant son temps, il étudie avec un soin méticuleux une Nature, végétale puis humaine, qu'il laisse éclore, comme une fleur du mal. Cette famille, sur laquelle plane l'ombre d'un destin tragique, s'approprie peu à peu un espace et un temps nouveau. Pourtant la rupture s'approche, inéluctablement et de plus en plus vite, menaçant une structure immuable qui semble se régénérer dans un silence assourdissant.
En cherchant à gommer toute possibilité d'identification de lieux ou d'époque, l'image, dépouillée à l'extrême, donne au récit un caractère universel et intemporel qui séduit. Si l'extrémisme des partis pris formels peut rebuter, les courageux seront récompensés par la découverte d'une œuvre unique, souvent sidérante, qui devrait offrir une reconnaissance internationale à Andréï Zvyangintsev. Somptueux.
The Bannishement (ou Izgnanie) de Andréï Zvyangintsev, avec Konstantin Lavronenko et Maria Bonnevie, Russie, 2007. 2H30. De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum cinéma :
|