Jacques Vergès suscite les plus folles rumeurs. Que faisait-il entre 1970 et 1978 ? Dresser son portrait comme l'a fait Barbet Schroeder nous en apprend finalement plus sur le terrorisme de ces 50 dernières années (France et Algérie) que sur cet insaisissable animal verbal.
Riche en événements, dates, et noms, ce documentaire s'avère passionnant d'un bout à l'autre. Sa densité est contrebalancée par sa lisibilité et aboutit à la sensation que Vergès fut, en permanence, lié au terrorisme. Fascinant orateur, qui se révèle amoureux des femmes courageuses (surtout si elles posent des bombes), sa vérité n'est jamais menacée. Il choisit ce qu'il veut justifier, évince le reste d'un air supérieur de matou cruel. Sans aller jusqu'à susciter la sympathie, l'« avocat du Diable » se défend joliment même si le va-et-vient entre ses déclarations, les images d'archives, et certains commentaires ne lui est pas toujours favorable.
Un moment agréable et intéressant, souvent drôle, grâce à Sine, dessinateur (à Charlie Hebdo) et ami intime d'un homme qui conserve tout son mystère.
A Cannes, il y a des robes moins impénétrables que celle de l'avocat Vergès. Moins intelligentes, aussi, sûrement... mais notre irréprochable professionnalisme nous oblige à l'éclectisme.
L'avocat de la terreur de Barbet Schroeder, documentaire, 2007. Sélection officielle "Un Certain regard".
Sortie en salles le 6 juin 2007.
De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
Réagir à cet article
Un site très complet <http://www.lavocatdelaterreur.com/> a été réalisé en guise de prologue et/ou prolongement au film.
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z