On a trop souvent regretté que le cinéma français ne se perde pas assez dans l’épique et l’aventure pour ne pas saluer la tentative de Micha Wald. Tentative et non réussite car, malgré toutes les bonnes intentions et un réel talent de cinéaste, évident dès ce premier long, son film pêche par abus de confiance. Autrement dit, il sollicite abusivement chez le spectateur une crédulité que celui-ci ne peut pas lui accorder.
« Quelque part à l’Est en 1856 » nous dit le texte d’ouverture. Dans un territoire incertain où cosaques et voleurs vont se traquer et se battre sans merci. Dans une zone bien éloignée de la France… mais où tous les acteurs parlent la langue de Molière, et d’une bien moderne manière. Cette note discordante décrédibilise d’emblée le projet de Wald. Manque de fond, facilité de forme… que sais-je ? En tout cas, cette incongruité m’a empêché de rentrer dans son film. Ce Voleurs de chevaux est néanmoins porté par un souffle qui ne peut laisser indifférent.
Deux couples de frères s’entre-déchirent, férocement, physiquement. Pétri de vengeance, d’amour fraternel et de pardon, le récit débouche sur un réel spectacle visuel, certes minimisé par la modestie probable du budget. On est loin de la splendeur du Duellistes de Ridley Scott. Mais ce vrai cinéma d’action, où la psychologie passe par les combats et l’affrontement des corps, se nourrit aux mêmes sources.
Entre Joseph Conrad et Jules Vernes, les vents de la violence et des grands espaces traversent le film. Ça cogne, ça heurte, ça meurt. Les corps chutent lourdement sur le sol, les sentiments semblent un luxe que les protagonistes ne se permettent que rarement. Micha Wald capte l’horizon dans des plans larges qui soulignent l’absurdité de cette traque. Que du bon, en somme. Si n’était cette naïveté qui coupe court le souffle se dégageant du film. Sincère et habile, Wald n’en reste pas moins un nouveau nom à suivre.
Voleurs de chevaux – Un film de Micha Wald
Avec : Adrien Jolivet, Grégoire Colin, François-René Dupont – Fr/Belg., 2007, 1h26.
Semaine Internationale de la critique.
De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
De djack, posté le 30.09.07 à 00:06
j'ai hate de voir le film ;j'ai participé au tournage comme figurant. (super sympa micha..).