Présenté en début de Festival, La Voie lactée résume assez bien une certaine tendance de la Semaine de la critique, cru 2007. Une propension à jouer de la forme, de l'image et du son, pour un résultat souvent vain. Non que le propos en soit absent, bien au contraire. Mais la mise en scène peine à l'accomplir, à l'approfondir. On en reste au stade des seules intentions. Et celles-ci ne font pas un film. Ainsi de La Voie lactée. Hector aime Julia. Hector est professeur. Julia est actrice de théâtre. Ils s'aiment, un peu, beaucoup, violemment, dans l'urgence. Dès l'ouverture, on est plongé dans un temps de crise, d'inquiétude, avec une caméra qui bouge, tournoie, peine à se stabiliser. Jusqu'à la nausée. Alternent passé et présent, musiques de toutes sortes - au passage, on a droit à une compil de tous les morceaux classiques utilisés par la pub et le ciné d'action, de Schubert à Bach -, jeux amoureux et déceptions. Pour aboutir à un sentiment de grande vacuité.
La caméra ne parvient jamais à s'arrêter sur les sentiments, à les cadrer, au sens littéral. Convenu dans son appréhension du monde, incapable de saisir le poids de l'existence, la mise en scène se dissout, volatile. Elle dessine une valse répétitive, vouée à brasser du vent. Si on voulait être méchant, on dirait que Claude Lelouch a trouvé un parfait disciple en Lina Chamie, réalisatrice qui signe là son second film. Méchant pour qui ? Pour Lelouch, bien sûr.
La Voie lactée - Un film de Lina Chamie
Avec : Marco Ricca, Alica Braga - Brésil, 2007, 1h26
Semaine internationale de la critique
De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
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