Une vieille maîtresse : Un château en Espagne ?

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Posté par Manu le 26.05.07 à 22:22 | tags : festival de cannes, sélection officielle

Breillat, celle qui aime se faire détester… et qui vient sur la Croisette avec un film qu’elle qualifie de « grand cinéma à vocation populaire mais qui reste sophistiqué ». Changement de registre ? Revirement voué à rencontrer une audience plus large ? Oui et non.

Au regard de la réception cannoise, on sent le public d’emblée partagé, encore et toujours. Il y a bien sûr les tièdes, vaguement ennuyés par un rythme peu trépidant et des images pas vraiment excitantes. Les éternels « contre », exaspérés par un discours asséné, toujours excessif sur les rapports de sexes et la soumission à l‘autre et au désir (même si cette fois, Breillat nous le sert avec plus de dentelles et de paroles que d’images « trash »).Et puis les « pour » - dont l’auteur de ces lignes -, bien en mal de dire pourquoi cette adaptation de Barbey d’Aurevilly les a passionnés, voire électrisés.

Il y a certainement du parti pris dans cet avis positif. Car quoi qu’en dise l’instigatrice, Une vieille maîtresse diffère peu de sa filmo passée. Moins de sexe, et plus chaste (tout au plus quelques galipettes dans le désert, à côté d’un bûcher, et des acrobaties sous baldaquin), mais toujours cette même attention à la langue, très écrite et en parfait mariage avec l’image. Qui dit mariage sous-entend complémentarité et opposition, les scènes venant contredire ou confirmer le sens des mots, avec une discrète ironie vis-à-vis des personnages et de leurs comportements. Comme si l’union de l’image et du mot reproduisait les rapports de sexe que Breillat prétend dépeindre avec lucidité, sans tabou. Et puis, il y a toujours cette attention portée au rituel, amoureux ou religieux. Un sens du sacré qui intensifie l’émotion ; et surtout donne un caractère sacrificiel aux actes, avec des êtres qui par amour donnent de leur corps et de leur sang, en contraste avec la joliesse de costumes et intérieurs estampillés XIXème siècle.

Alors grâce à cet adoucissement de la violence, plutôt feutrée, une image magnifique et un casting improbable (dont la Argento en courtisane espagnole !), mais qui sert de manière malicieuse la langue du romancier, Breillat la rebelle sera-t-elle réhabilitée par un succès public ? Je l’espère mais rien n’est moins sûr. Sauf si le palmarès la distingue parmi la très masculine sélection de cette année.

Une vieille maîtresse – Un film de Catherine Breillat
Avec Asia Argento, Fu’ad Aït Aattou, Roxane Mesquida, Claude Sarraute, Yolande Moreau, Michael Lonsdale – France, 2007, 1h54.
Sélection officielle, en compétition

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De ernst, posté le 27.05.07 à 00:49 Prévenir les modérateurs en cas d'abus Il semble surtout que Breillat soit passée à côté du sujet. La vieille maîtresse en question n'était autre que l'amant de Barbey d'Aurevilly. La référence multiple à "l'ombre de moustache" de la "dame en question aurait pu la mettre sur la voie. L'histoire à l'époque fit scandale et couta à Barbey un divorce quand la légitime découvrit en direct que son époux avait attrappé "les moeurs". Disons alors que Breillat a bavassé autour d'un roman assez terne et convenu aujourd'hui.N'est-il pas?...
De néel de néhou, posté le 27.05.07 à 19:19 Prévenir les modérateurs en cas d'abus Je serais réellement trés curieux de connaitre vos sources (sérieuses sans aucun doute);beaucoup de critiques vont devoir alors revoir leur copie car à ma connaissance ni Petit ni Berthier  , specialistes pourtant s'il en est de Barbey, n'ont jamais évoqué cette version d'une Vieille Maitresse
De Florentin, posté le 12.08.07 à 20:02 Prévenir les modérateurs en cas d'abus Il semble que le film n'ait rien a voir avec l'oeuvre de Barbey mais aucun document, aucune rumeur ne vont dans le sens de Ernst. Seulement l'hypothèse de Wanda Bannour. Petit et Berthier font autorité mais il y a Octave Uzanne, Léon Bloy, Baudelaire, Michel Serres qui ont approché de la vérité. Reste que Barbey avait un problème.

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