Au milieu d'un foisonnement d'inventions, d'objets hétéroclites et de petits mensonges qui embellissent la vie, un jeune garçon, Tsane, partage l'étonnante maison de son grand-père. Craignant de bientôt mourir, celui-ci l'envoie à la ville pour réaliser 3 promesses : vendre une vache, acheter une icône et trouver une épouse...qu'il lui conseille de ne pas acheter.
Deux fois palmé avec Papa est en voyage d'affaires (1985) et Underground (1995), le « canard sauvage des Balkans », Emir Kusturica, vole-t-il vers une troisième récompense ?
A base d'inventions plus baroques les unes que les autres, l'entrée en matière procure un vif plaisir. Ce souffle rafraîchissant se sera fait attendre sur la croisette. Au rythme entraînant d'une musique signée par son fils Stribor - à base de fanfares tziganes -, le public a vite signifié son contentement face à cette douce folie absurde.
Marque de fabrique d'Emir, ces deux heures sont un hymne constant à la fête, à la bonne humeur et à l'imagination. Il y bien des coups de feu, mais ils ne font ni peur ni mal. Les gueules caricaturales de personnages un peu barrés mais profondément humains nous emmènent vers un univers de cartoon où l'improbable devient la norme et l'impossible la règle.
A mi-film, pourtant, surgit l'idée d'une superbe machine absurde tournant à vide. Comme si la recherche de l'effet à tout prix prenait le pas sur l'éventuel sens du récit. Heureusement, la dernière demi-heure reprend du souffle, aborde, toujours avec une extrême légèreté, des sujets sensibles (sort des femmes prostituées ou vendues, machisme débilitant, pédophilie...etc.) et nous touche. Les deux jeunes acteurs ne sont pas pour rien dans cet attachement à une histoire qui, en surface, s'adresse « presque » à des enfants et dans le fond n'oublie pas d'évoquer les graves difficultés des Balkans.
Et tout l'art de Kusturica c'est d'être à nouveau capable de montrer le pire et d'en détourner l'horreur pour faire rire. Son sens du rythme fait merveille et la richesse de son univers visuel continue de surprendre. Alors, on pourra toujours lui reprocher, à l'instar des Coen ou de Gus Van Sant cette année, de nous refaire le même coup, on en redemande.
Plusieurs minutes de standing ovation ont salué cette réjouissante bouffée d'oxygène. Une récompense paraîtrait méritée. Réponse à 20h, ce dimanche, pour le Palmarès de Cannes 2007.
Promise me this (Promets-moi) - de Emir Kusturica
Avec Mirjana Karanovic, Uros Milovanovic
Serbie, 2005.
Sélection officielle en compétition
De notre envoyé spécial au Festival de Cannes 2007.
(illus. © Studio Canal)
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Les sionistes médiatiques vont tout faire pour censurer ce film en le dénigrant !
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De sigismund, posté le 27.05.07 à 22:34
Je m'autorise à penser dans les milieux autorisés que Borat était en fait une satire des films de Kusturica... :p
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