Cinéma : actu ciné et dvd, films en salles - blog Ecrans

Otage de Florent Siri, non négociable.

Posté par Medvedkine le 25.04.05 à 15:22 | tags : technologeek
Otage : Bruce Willis meurt encore plus dur

Otage, c’est un peu une revanche sur la vie. Pour Bruce Willis, ex-négociateur traumatisé (façon Richet) par la mort d’un gamin suite à une opération ratée, la famille c’est sacré. Pas de chance (et coup de bol, il peut ainsi régler ses comptes avec lui-même), sa famille se fait kidnapper par des malfrats demandant au négociateur devenu flic blasé de revenir dans la danse pour récupérer un DVD-R (de Heaven can wait, Lubitsch, métaphore) plein d’infos comptes off shore, planqué dans la luxueuse villa d’un comptable louche où trois jeunes en « manque de repères » se sont infiltrés. La situation dérape, prise d’otage, petit génie (fils du comptable), sensualité ado (sa fille, convoité par un des jeunes), SWAT team, huis clos musclé et hystérique, rebondissements.
Crypto film d’action/thriller psychologique stylisé à renfort d’éclairages clinquants et d’une bande sonore tonitruante, Otage commence mal. D’abord téléguidé, le film enfile les prétextes narratifs pour créer un fil conducteur rédempteur au héros dont personne n’est dupe. Puis, délaissant pendant un temps ce scénario commode (finalement plus complexe qu’il n’y paraît), Otage devient plus captivant en investissant cette maison/forteresse rappelant un peu Panic Room (trio, caméras de surveillance, clôture…). Las, plus par l’idée que par la mise en scène, Otage ouvre à des possibilités finalement très vite avortées (aucune exploitation réelle de cet espace). Finissant dans un délire apocalyptique grotesque (Ben Foster en psychopathe romantique courant comme un alien), le film s’immole (au propre et au figuré), tandis que Bruce Willis retrouve la foi en corrigeant les erreurs du passé, absolution. Les jeunes en « manque de repères » n’auront pas eu cette chance. L’amour d’un/du père, homme d’honneur, tout est dans le visage de Willis oubliant qu’il est d’abord un corps, étrange pour un acteur ici très Actors Studio. A la fois naïf et sérieux (et involontairement drôle), Otage est nulle part, un peu comme Siri, très investi mais incapable d’investir notre regard et de jouer avec nos fantasmes.

Commentaires

De ::lynxfur::, posté le 26.04.05 à 12:59 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
La seule chose plaisante dans ce film est, a mon avis, l'affiche. Elle me fait penser à celle de "C'est arrivé prés de chez vous" de par son traitement en noir et blanc plutôt sale. Quand au film en lui même, trop holywoodien le thème du type que l'histoire amène à prendre une revanche sur un truc foireux de son passé. Mais bon, les amateurs de Bruce "sauver" Willis y trouveront leur compte...

De tcheky, posté le 26.04.05 à 13:29 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Dans la série Otages, j'aime autant Didier Julia. Il est plus rigolo.

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