Posté par Medvedkine le 29.04.05 à 20:54 | tags : asie, japon
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Alors que Doppelganger n'est toujours pas distribué en France, Kurosawa Kiyoshi, grand explorateur dépressif d'une modernité japonaise désincarnée et spectrale, a déjà signé un nouvel opus. Visiblement dans la lignée du néo-film de fantôme japonais, Loft raconte l'histoire de Leiko, jeune romancière s'installant dans une maison tranquille de banlieue pour terminer son nouveau roman. Très vite, elle assiste à l'apparition étrange du professeur Yoshioka, obscur archéologue recherchant des momies. Travaillant la nuit, Leiko commence à voir un fantôme, apprend que sa chambre appartenait à une femme portée disparue, et la peur inexplicable dont elle est soudain assaillie fait alors surgir de nombreuses histoires du passé.
Sans pouvoir en juger réellement, à la vue des quelques lignes du synopsis il est déjà facile d'imaginer comment chez Kurosawa l'inconscient influencera encore le réel, déteignant sur lui en creusant les cadres et les arrières-plans comme des tâches, ouvrant un espace à la peur comme chez Tourneur ; ou comment encore l'imaginaire ici créatif d'une romancière va venir pénétrer sa réalité pour engendrer une confusion des sens dévoilant la porosité entre réel et fantasme. En attendant que ces hypothèses délirantes soient confirmées ou non, on attend une date de sortie ou le nom du futur distributeur français.
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Bon... Alors là, les choses sont simples.
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Posté par Medvedkine le 25.04.05 à 15:22 | tags : technologeek
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Otage, c’est un peu une revanche sur la vie. Pour Bruce Willis, ex-négociateur traumatisé (façon Richet) par la mort d’un gamin suite à une opération ratée, la famille c’est sacré. Pas de chance (et coup de bol, il peut ainsi régler ses comptes avec lui-même), sa famille se fait kidnapper par des malfrats demandant au négociateur devenu flic blasé de revenir dans la danse pour récupérer un DVD-R (de Heaven can wait, Lubitsch, métaphore) plein d’infos comptes off shore, planqué dans la luxueuse villa d’un comptable louche où trois jeunes en « manque de repères » se sont infiltrés. La situation dérape, prise d’otage, petit génie (fils du comptable), sensualité ado (sa fille, convoité par un des jeunes), SWAT team, huis clos musclé et hystérique, rebondissements.
Crypto film d’action/thriller psychologique stylisé à renfort d’éclairages clinquants et d’une bande sonore tonitruante, Otage commence mal. D’abord téléguidé, le film enfile les prétextes narratifs pour créer un fil conducteur rédempteur au héros dont personne n’est dupe. Puis, délaissant pendant un temps ce scénario commode (finalement plus complexe qu’il n’y paraît), Otage devient plus captivant en investissant cette maison/forteresse rappelant un peu Panic Room (trio, caméras de surveillance, clôture…). Las, plus par l’idée que par la mise en scène, Otage ouvre à des possibilités finalement très vite avortées (aucune exploitation réelle de cet espace). Finissant dans un délire apocalyptique grotesque (Ben Foster en psychopathe romantique courant comme un alien), le film s’immole (au propre et au figuré), tandis que Bruce Willis retrouve la foi en corrigeant les erreurs du passé, absolution. Les jeunes en « manque de repères » n’auront pas eu cette chance. L’amour d’un/du père, homme d’honneur, tout est dans le visage de Willis oubliant qu’il est d’abord un corps, étrange pour un acteur ici très Actors Studio. A la fois naïf et sérieux (et involontairement drôle), Otage est nulle part, un peu comme Siri, très investi mais incapable d’investir notre regard et de jouer avec nos fantasmes.
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Posté par Medvedkine le 21.04.05 à 19:15 | tags : festival, short list
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La liste est tombée. Enfin on sait cette année à qui on va remettre des bons points, quel auteur on va pister, aduler ou détester, lequel surtout on va consacrer, parce qu'après tout Cannes ce n'est que ça, de la consécration et du merchandising, et puis pas mal d'électricité et de sexe. Le cinéma, les fantasmes ? Oui, quelque part, peut-être, un souvenir, de temps en temps. Je crois qu'il y a des films mais après tout, l'important c'est surtout qu'il y ait des auteurs.
Le listing donc. Je me garderai bien de le commenter, car peut-être il y aura de très beaux films là où on ne les attendait pas, ou de très beaux films là où on les attendait, après tout ça n'a pas d'importance. Bien sûr je rêve du post-cinéma de Jarmusch, Ghost Dog c'était il y a trop longtemps. J'attends toujours un film de Hou Hsiao Hsien, Johnnie To, Cronenberg... Je suis très curieux aussi du premier film de Tommy Lee Jones (The Three Burial of Mesquiades Estrada) et finalement pas tellement du Gus Van Sant. Quant au très alléchant Sin City fabriqué par Frank Miller et Robert Rodriguez, déboulant en compétition officielle (rien que ça), cette nouvelle sent trop l'effet de marketing pour être vraiment honnête.
Malgré tout il en est un que j'attends, avec impatience même. Non, surtout pas François Ozon, relégué en deuxième division, encore moins le professoral Michael Haneke ou le névrosé Lars Von Trier (à leurs admirateurs d'en débattre), mais l'un des plus grands stylistes de tous les temps auquel Jarmusch rendait hommage dans Ghost Dog en citant La Marque du tueur, Suzuki Seijun ! De retour avec Princess Raccoon, une comédie musicale (évidemment) aux allures renversantes (avec Zhang Ziyi, et une actrice chinoise est un évènement rare dans un film japonais), Suzuki (l'un des maîtres encore vivants du cinéma japonais, avec Oshima et Imamura) donnerait envie de faire le déplacement rien que pour lui.
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Posté par anita b. le 21.04.05 à 17:56 | tags : asie, cinema muet, corée
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Le nouveau Kim Ki-duk, Locataires, poursuit la synthèse des deux grands sujets qui sont apparus au cours de sa riche et prolifique filmographie : la violence implacable du monde et l'aspiration à une transformation spirituelle.
Dans un style d'une grande sobriété, ce nouvel opus, quasiment muet, nous entraîne sur les trace d'un jeune homme dont l'occupation principale consiste à investir des appartements en l'absence de leur propriétaire. Ce geste n'a rien de violent, pourtant, puisqu'il se montre très respectueux des lieux, arrose les plantes, lave le linge, puis disparaît sans laisser une trace. Personnage quasi fantomatique, il va rencontrer une femme battue qui le suit. Ce couple silencieux sera bientôt rattrapé par le destin selon Kim Ki-duk, c'est à dire la violence. Emprisonné, le jeune homme va progressivement apprendre à disparaître, par un entrainement solitaire qui rappelle le bouddhisme de Printemps Eté Automne..., précédent film du coréen.
Si ce virage quasi fantastique et assez comique apporte une bouffée d'oxygène à un récit qui semblait tourner en rond, Locataires ne parvient jamais vraiment à convaincre, trop incertain encore entre une volonté d'incarnation très forte des personnages et une volonté de plus en plus affirmée d'aller vers la métaphore. Plus que le vide, c'est le creux qui semble aspirer le film immanquablement.
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Dorothy Malone, Kirk Douglas, Rock Hudson : ce casting de rêve réunit en 1961 par Robert Aldrich vaut à lui seul au film le titre de Reprise de la semaine, haut la main. Déjà présents dans les plus beaux mélo de Douglas Sirk, ce trio magique entraîne El Perdido, western en technicolor, vers des horizons inattendus. Cinéaste polymorphe et souvent très inspiré, Robert Aldrich semble peu préoccupé par les thèmes traditionnels du western, une genre déjà agonisant à cette époque. Tout juste se sent-il obligé d'en citer les grands clichés : poursuites à cheval, attaque des indiens pendant la transhumance du troupeau, chanteur solitaire au banjo... Mais ici, les deux cowboys principaux sont un hors-la-loi (Kirk Douglas) et le flic qui le poursuit (le grand dadais Rock Hudson). Evidemment, ils tombent tous les deux amoureux de la même femme (Dorothy Malone) mais, alors que l'un trouve ses faveurs, l'autre tombera petit à petit sous la séduction naïve et passionnée de... la fille de cette femme. Or cette fille, il l'apprendra bien assez tard, est aussi la sienne. Grand mélo tragique dissimulé sous les accoutrements du western, El Perdido déploie un romantisme noir qui accompagne la chute programmée de son personnage principal, amoureux éconduit puis terrassé par la Vérité. En ce sens, il s'agit là d'un parfait western crépusculaire, cet avatar torturé qui détourne les grandes bases de la période "classique" du western pour le conduire à l'orée de l'indéfinissable mais inéluctable "modernité". Une notion bien complexe, mais qui devient évidente à la vision du film. Un immanquable, donc !
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Posté par Sandor le 18.04.05 à 16:23 | tags : court métrage, web
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Attention, occasion rare : le chat sort de sa tanière. Après un dernier opus sympathique projeté à Beaubourg en décembre dernier et désormais disponible en DVD, il réapparaît lors d'une soirée organisée par la souvent stimulante - mais parfois cryptique - Association Henri Langlois, le mardi 26 avril à 21h30 au cinéma L'Accattone (20, rue Cujas, 75005 Paris).
Au programme, essentiellement des courts métrages, remplis de félins et d'éléphants comme d'habitude, mais également L'Ambassade (1973), fascinant petit film super-8 qui est également l'une de ses seules fictions. La projection est suivie d'un débat animé par Philippe Lafosse.
Pour les plus impatients, ou les inconditionnels, il est possible de retrouver le chat immédiatement, commentant à peu près tous les jours de l'année 2004, ici.
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Posté par anita b. le 15.04.05 à 18:01 | tags : court métrage, festival
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Côté court se termine ce dimanche à Pantin : vite, vite, c'est le moment de se plonger dans l'oeuvre démiurgique du lettriste Maurice Lemaître, honoré par une belle rétrospective, mais aussi de découvrir les courts métrages du trop méconnu Guy Gilles, la magnifique programmation consacrée à l'essai au cinéma, et les compétitions fiction et expérimental. Un des meilleurs festivals consacrés au court !
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Posté par Medvedkine le 12.04.05 à 09:50 | tags : mk2
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Pour une raison encore inconnue, il semble désormais impossible de voir le magnifique film de Gregg Araki Mysterious Skin en copie 35mm sur Paris. En effet, MK2, distributeur et exploitant exclusif du film sur Paris, le diffuse désormais en copie Dv Cam, entendez par-là en vidéo. On s'étonne que les salles communiquent peu sur ces projections auprès des spectateurs, dont certains à raison sortent furieux après dix minutes de film pour se faire rembourser leur billet. Quoi de plus normal ? Si encore MK2 ne s'en cachait pas, passe encore, mais lorsqu'on ne dit rien et qu'ensuite un caissier soutient mordicus avec agressivité qu'une projection Dv Cam ça vaut du 35mm, autant qu'on nous passe le DvD, notre home cinema fera très bien l'affaire. Des explications ?
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Posté par fluctuat.net le 05.04.05 à 14:11 | tags : jean luc godard, web, webfilm

Hasard des programmations, choc de générations ? Le Centre pour l'image contemporaine de Saint-Gervais Genève propose simultanément cette semaine une présentation de la 56K TV bastard Channel de Reinhard Storz (2004) annoncé sur le blog AEIOU et une projection intégrale de la série de films Six fois deux, sur et sous la communication (illus.) réalisés par Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville ... en 1976. De la télévison au web, d'une génération à l'autre, un même constat, une même nécessité : l'acculturation. Du 5 au 8 avril, plus d'info online.
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Posté par Medvedkine le 02.04.05 à 20:18 | tags : angelina jolie
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Il risque de passer inaperçu et pourtant l’un des évènements cinématographiques de ce début d’année est en salle, Capitaine Sky et le monde de demain. Ce projet de dix ans, son auteur réalisateur Kerry Conran le commença seul pour 5.000 $ (une version de six minutes), avant d’être produit par la Paramount qui engagea quelques millions de dollars et nombreux infographistes afin que le film naisse tel que son auteur l’avait désiré. Entièrement tourné en image de synthèse (pas de décor, que des fonds bleus), avec Jude Law, Gwineth Paltrow et Angelina Jolie, Sky Captain représente le rêve brûlant d’un idéaliste, le fantasme total d’un imaginaire transfiguré. Tel le visionnaire Legend of Zu de Tsui Hark pour son utilisation du numérique, Sky Captain invente une plasticité parfaite, lisse, fait naître du néant la conviction des mondes possibles totalisés par le cinéma. Il emprunte, rend hommage avec un amour fou dans chaque plan, et finit par être un objet singulier. Des jeux d’ombres archi structurés du film noir à la blondeur incandescente de Gwineth Paltrow rappelant toutes les femmes fatales, des cadres néo constructivistes du cinéma de propagande soviétique à l’ambiance rétro futuriste des comics ou des B.D de Jacobs, du cinéma d’aventure ou de science fiction des années trente jusqu’à une lumière au formol composite digne d’un film de Sokourov, le film opère une synthèse délirante où l’œil se réjouit de touts les possibles sans jamais s’arrêter. Ecrit comme une succession d’épisodes liés, le film s’affiche comme un serial magnifique, un récit d’aventure rocambolesque et extravagant où se mêlent plaisir d’exploration, spectacle et génie du gadget. Formidable coffre à jouets, incroyable projet et pari d’une audace téméraire, Sky Captain est nulle part, semblant revenir d’un songe à la nostalgie profonde presque mélancolique. Il est la jointure exacte où le visuel s’estompe pour entrer vers une zone secrète du cinéma où la forme devient l’essence parfaite ; la rémanence impossible des souvenirs qu’il nous faut reproduire avec nos machines afin de rendre visible leur absolue distance.
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Posté par fluctuat.net le 01.04.05 à 19:26 | tags : expos ciné, stanley kubrick
Les vénérables Deutsches Filmmuseum et Deutsches Architektur Museum de Francfort proposent une exposition-miracle pour tous les fans de 2001, l'Odyssée de l'espace, dont certains décors ont été reconstruits : une immersion totale dans l'oeuvre de Stanley Kubrick qui promet d'être un événement pour tous les cinéphiles de la planète. Il est si rare que les grands musées nationaux consacrent des expositions de cette importance à des réalisateurs. On se souvient à Paris de l'expo Hitchcock et l'art à Beaubourg. Ensuite ? Le site de la manifestation (all./angl), ici, propose des épreuves collector marquées de la main du maître. Consulter également la galerie photos qui présente la scénographie de l'expo : celle-ci, présentée à Berlin (Martin-Gropius-Bau) jusqu'au 11 avril, tournera ensuite à Rome... Avec le soutien de la Christiane Kubrick art school, Londres ({illus.} © 2003-2004 Deutsches Filmmuseum)
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