Posté par anita b. le 29.07.05 à 15:37 | tags : asie, chine, quentin tarantino
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Pourquoi un film, pris dans une foultitude de productions moulées par l'artisanat d'un studio (la Shaw Brothers), appartenant à un genre très codifié et connu des spécialistes (le film de kung-fu), pourquoi ce film, donc, devient-il un prototype, une oeuvre qui s'échappe, et marque le grand public de son empreinte particulière ?
Ce film, il s'agit de La Main de Fer, ressorti mercredi sur nos écrans. Réalisé par Chen Chang-Ho en 1972, il va très vite devenir un triomphe international, le premier film de kung-fu à la mode Hong-Kong à parcourir le monde en y trouvant inlassablement des adeptes. Le dernier en liste n'étant pas le moindre: Quentin Tarantino himself, qui lui rend hommage à maintes reprises dans Kill Bill. Ces sirènes violentes qui annoncent la montée du danger, l'utilisation des éclairages colorés sur certaines parties du corps pour les mettre en valeur, le héros mutilé qui doit tout réapprendre pour se venger, et ne laisser d'autre survivant que lui-même et sa famille, une mise en scène de combats d'une violence inouïe : tout cela est puisé directement à la source, cette Main de fer qui n'a rien perdu de son tranchant et de la grande originalité qui le caractérisait déjà à l'époque.
L'expérience le prouve : après avoir dû essuyer lors du permier quart d'heure les gloussements moqueurs d'un public venu là pour le kitsch 70's, le silence l'a emporté, et c'est le souffle coupé que nous assistions à la revanche finale de Chi-hao. Beauté et rapidité des combats à mains nue, sens pictural hallucinant, alliance parfaite du détail et du mouvement : La Main de Fer n'a pas fini de nous fasciner. (En particulier dans ces magnifiques copies neuves).
La Main de fer
Chen Chang-Ho, 1972
Sortie salles France (reprise) : 27 juillet 2005
bande-annonce et trailer : ***
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Posté par Medvedkine le 29.07.05 à 15:20 | tags : bande annonce
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Posté par Agathe le 28.07.05 à 15:59 | tags : bande annonce
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Si vous voulez faire votre cinéma, et servir de partenaire à Owen Wilson (La Vie Aquatique), allez-donc vous incruster dans la bande-annonce de Serial Noceurs (The Wedding Crashers, de David Dobkin), qui sort le 10 août en France. C'est complètement débile ; mais on salue l'humour novateur de la promo de cette grosse comédie, consacrée à deux parasites de cérémonies, auxquels vous pouvez vous ajouter... Rien que pour essayer la moumoute de Christopher Walken...
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Posté par Medvedkine le 28.07.05 à 12:05 | tags : actrice, angelina jolie, bande annonce
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Mr & Mrs Smith, un cinéma champion de la connivence auto-proclamée, un cinéma maître faible du second-degré désamorcé d'avance. Avec Angelina Jolie top sexy mais pas top actrice et Brad Pitt pas top sexy et pas top acteur du tout (il débarque d'Ocean's 12, à peine plus). La thérapie de couple qui prend des proportions explosives, Cameron l'avait fait (True Lies), en mieux et surtout beaucoup plus drôle. Là, pauvreté des dialogues, absence de raffinement dans les situations, qui bien souvent enchaînent cliché sur cliché, à quelques exceptions près. Le film pose tellement d'emblée ce sur quoi il repose, les problèmes de couple, les super agents secrets, les situations explosives et excessives à venir, qu'il n'y a plus aucun effort à faire, on sait ce qui va se passer: tout est déjà dit, théorisé, intellectualisé, interprété. Pas d'étonnement.
A la limite, le film est une curiosité parce qu'il parle du couple américain sans enfant (une hérésie, on le sait, pour la majorité des Américains, ce qui reste encore un cliché) et, surtout, d'un couple qui visiblement n'en veut pas (on n'en parle jamais et lorsque Angelina se trouve avec un bébé dans les bras, ça coince). Là, on a une sorte de portrait du couple américain vaguement libéré de la morale religieuse, du désir de paternité/maternité, qui se suffit donc à lui-même et ne se désire que lui-même, tout en passant par des rapports sexuels violents. En cela le film est curieux, pas forcément passionnant, juste un tout petit peu étonnant. Le reste, Doug Liman ? Il exécute avec excès, très honorablement mais sans talent fulgurant. Le final, ouvertement piqué à The Killer, mais un The Killer refourgué chez Ikea, amuse tout juste, sans plus.
Alors oui virtuosité, bon rythme, mais à peine plus que la moyenne, beaucoup de technique, pas tant d'idées que ça. Mr & Mrs Smith, c'est la connivence systématique tarantinienne mais il manque hélas l'essentiel : la philosophie pop, le talent d'écriture, l'amour absolu du cinéma.
Mr & Mrs Smith
Doug Liman, 2005
Sortie salles France : 27 juillet 2005
Bande-annonce et trailer : ***
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Posté par anita b. le 27.07.05 à 13:49 | tags : bande annonce
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Classé culte (oui, bon...), Deep Throat (Gorge Profonde) fut le premier film pronographique à faire scandale, et pas à moitié. Aujourd'hui considéré comme le film le plus rentable de tous les temps avec 25 000 dollars pour la réalisation et 600 M dollars à l'arrivée, cette production aura démontré plus qu'aucune autre l'impact qu'un film peut avoir sur une société, la plus avancée soit-elle. A elle seule, cette petite production réalisée en 1972 par Gerard Damiano, un passionné du corps féminin ne manquant pas d'humour (rappelons le pitch du film : une femme découvre que son clitoris est logé au fond de sa gorge), va déclencher la fureur de la police, la religion, le justice, etc., à un point jamais égalé. En effet, après que la mafia s'est emparée de l'exploitation du film, que l'acteur principal a été traduit en justice et a échappé de justesse à 5 ans de prison pour obscénités, que Linda Lovelace a retourné sa veste pour dénoncer la pornographie, que des milliers de femmes américaines se sont affrontées sur le thème clitoridien, et que Nixon lui a succombé, Deep Throat apparaît aujourd'hui comme un tournant dans le débat public sur la sexualité au XXe siècle.
En tout cas, c'est ce que le film survolté de Fenton Bailey et Randy Barbato tente de nous démontrer, à grands renforts d'intervews "fun" : John Waters of course, tous les protagonistes de l'époque mais aussi féministes, sexologues, hommes de lois, etc., tous insérés comme des éléments du discours du film. C'est là un tic un peu irritant des réalisateurs, mais on ne leur en veut pas trop tant l'histoire qu'il tiennent en main est bonne : voir toutes ces vieilles personnes aborder ce film qui changea leur vie, en bien ou en mal, à quelque chose de touchant. Alors que Damiano n'a pas obtenu un centime sur les revenus du film, Linda Lovelace, fauchée, s'est remise à poser nue vers 50 ans (puis elle est morte, sans le sou) ; un exploitant, sermoné par sa femme, refuse encore de parler des fraudes mafieuses de peur de se faire occir... Alors que le monde de la pornographie l'oublie lentement, Gorge Profonde à bel et bien changé des vies. On en pleurerait presque...
Inside Deep Throat
Fenton Bayley et Randy Barbato, 2004
Sortie salles France : 27 juillet 2005
bande-annonce et trailer : ***
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Posté par Sandor le 26.07.05 à 11:55 | tags : bande annonce, sexe et cinéma
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Grand nettoyage d'été ce week-end. Dans un ultime effort de rattrapage des velléités de lecture enfouies au cours de l'année, j'ai exhumé le dernier numéro de la revue Cinergon (décembre 2004) qui dormait au pied de mon lit depuis six mois. Bien m'en a pris. D'abord parce que cette belle revue propose dans ce numéro une tentative à mon sens pertinente de réhabiliter le son dans le cinéma contemporain (dossier "Ecouter/voir" avec des articles sur Truffaut, Lynch, Tarkovski...). Ensuite parce que Cinergon n'hésite pas à rappeler à chacune de ses pages que le cinéma est un art, et que c'est donc à Pierre Huyghe ou à Bill Viola qu'il faut également comparer Fassbinder, Godard ou même John Woo. Enfin - et surtout ? - parce qu'en couverture de ce numéro, le soleil scintillait sur la mer et jusque dans les yeux de Belmondo. Rien de plus salvateur en ce dimanche grisonnouillant : ça m'a rappelé l'été.
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Posté par Life on Mars le 20.07.05 à 23:33 | tags : web
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Indispensable : la liste des films dans lesquels on entend le plus souvent le mot fuck. Top cinq :
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Posté par Medvedkine le 20.07.05 à 21:19
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Quel est l’objet d’une jouissance ? Tout, c’est-à-dire la moindre chose propice à l’exaltation, la construction fétichiste, la canalisation des fantasmes, aux flux et la rencontre des énergies. Et Lords of Dogtown, récit autobiographique de Stacy Peralta (skater populaire et fondateur de la marque Powell/Peralta, une institution) et ses amis, pile au milieu des années soixante-dix, n’est que ça, de l’énergie (du physique au regard et inversement). Un film voué au plaisir, à la vitesse, aux prouesses, aux mouvements, à la pose, aux figures en général, le social pas en particulier.
Sous le plein soleil californien (toujours beau), filmé par Catherine Hardwicke (qui bouge beaucoup, parfois pour rien), Lords of Dogtown c’est aussi l’ivresse. Tout est ivresse lorsqu’il s’agit de jouissance. La maintenir, qu’elle reste constante, où comment vivre pour et par le skate, dans l’extase d’une jeunesse éternelle insouciante. Se croisent l’amitié, le spectacle, le regard des filles sexy, l’argent, des carrières, de l’illusion et du réel ; un gars honnête et droit, un autre avide de popularité, un bad boys et sa mère à la quarantaine trop frappée, un gosse de riche. Destins croisés, construction d’une communauté de désir et réciprocité, récit mythologique, cinéma américain.
Fin de l’innocence (adolescence), petit monde promu à devenir grand (histoire du skate par ses pères fondateurs), Lords of Dogtown fabrique du fétiche et ressort des noms que certains tenaient comme des légendes. Tony Alva, Stacy Peralta, cousins d’Amérique aujourd’hui acteurs d’une fiction fidèle où pour quelques scènes, de « pool » surtout, on retrouve l’intensité d’un collectif, l’émotion urbaine des après-midi hors la loi. Un truc à soi et certains, un machin qui tient à une planche et quatre roues, la rue métamorphosée et un temps à l’avenir incertain. Lords of Dogtown par Stacy Peralta (aujourd’hui spécialiste de la fiction de glisse), pourquoi pas ? Tony Hawk y joue un cosmonaute.
Les Seigneurs de Dogtown (Lords of Dogtown)
Catherine Hardwicke, 2005
Sortie salles France : 20 juillet 2005
bande-annonce et trailer : ***
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Posté par Daveinthehay le 20.07.05 à 12:18 | tags : bande annonce, court métrage, vincent cassel, webfilm
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On les connaissait pour leurs clips urbains "avec Vincent Cassel", on les retrouve désormais dans un projet long métrage... toujours "avec Vincent Cassel". Le collectif Kourtrajmé - sous la caméra de Kim Chapiron (fondateur canal historique) - tourne actuellement Sheitan, un film d'horreur barré dont la sortie est annoncée aux environs de février 2006. Histoire de patienter, ces VRP de la web-fiction française nous ont concocté un site collector évolutif contenant actuellement le teaser présenté à Cannes, la BO, les coulisses vues par les intermittents et un journal vidéo commencé en janvier dernier. Du bonus DVD anticipé, ça ne se refuse pas...
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Posté par Sandor le 20.07.05 à 12:00 | tags : documentaire
J'ai lu hier soir que Le Ciel tourne, documentaire de la jeune réalisatrice Mercedes Alvarez sur... - sur quoi au juste ? -, allez, disons sur ce qui ressemble à une muséification progressive de son petit village natal en Castille, ferait "l'unanimité". Bah en fait, non. Pas de notre point de vue. Le film sort aujourd'hui sur les écrans français. Entre autres récompenses, il avait obtenu le grand prix du 27e festival Cinéma du Réel (Centre Pompidou, mars 2005). On en avait alors parlé. Malgré des qualités évidentes (notamment une empathie étonnante avec les paysages filmés, un sens du cadre certain et un très bel art du montage sonore), Le Ciel tourne laisse un goût un peu bizarre, avec des jolis vieux un peu bêtas et tout sourire devant la caméra. Déshumanisés. Formolisés. Comme réduits à leur fonction pour le projet du film. A des pièces d'un musée à venir, justement, auquel les spectateurs du film auraient accès en avant-première. Nous avions rencontré Mercedes Alvarez il y a quatre mois. Elle nous avait répondu. C'est là.
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Posté par Agathe le 19.07.05 à 11:28 | tags : actrice, noir et blanc
est actuellement à l'affiche dans 11 salles de France : en 1960, deux ans après l'apparition de la belle italo-tunisienne dans le monde du cinéma (avec Le Pigeon - I Soliti Ignoti de Mario Monicelli), Valerio Zurlini lui offre son premier grand rôle. Une fille perdue, ballotée par la vie, entre salauds sans scrupules et jouvenceau romantique. Sur fond de musique yéyé, le film est aujourd'hui délicieusement daté, mais offre des séquences magnifiques. Des gros plans, nuque et visage, de la resplendissante Aïda, donna capricciosa. La présence de l'irrésistible acteur militant Gian Maria Volonte. Et la jeunesse veloutée des traits de Jacques Perrin, plus vraiment enfant, pas encore tout à fait homme...
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Posté par Sandor le 19.07.05 à 11:19 | tags : expérimental, festival, germaine dulac
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Cela fait maintenant vingt ans que l'association Paris Expérimental diffuse auprès d'un public aussi large que possible un cinéma qui se veut avant tout événement visuel et sonore, loin des trames narratives commercialement formatées. Depuis la manifestation fondatrice "Paris vu par le cinéma d'avant-garde (1923-1983)" au Centre Pompidou en 1985, ce sont des dizaines de programmations qui ont vu le jour à Paris, et surtout une quarantaine de publications éditées, pour faire redécouvrir les oeuvres protéiformes de Jean Cocteau, Germaine Dulac, Kenneth Anger, Jonas Mekas, Maurice Lemaître, etc.
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Posté par Sandor le 16.07.05 à 21:45 | tags : adaptation, bande annonce, hollywood, jessica alba, super héros
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Deux remarques eu égard aux 4 fantastiques (le film, sortie salles France le 20 juillet) que d'aucuns m'ont annoncé comme un redoutable Nanar (encore un !). D'abord, au vu de la bande-annonce, ça ressemble à un film d'action américain avec plein d'effets spéciaux pas crédibles une seconde, certes, mais à vrai dire pas forcément pire qu'un autre. A vérifier sur écran, si j'en prends le temps (ce ne sera probablement pas le cas), mais là n'est pas le plus important.
Surtout, je me souviens de mes lectures de gamin, des magazines BD plein la chambre avec tout un tas de Strange, Marvel et autres Spidey que j'allais échanger au marché. Richard, l'homme élastique, avait les tempes grises, et ça lui faisait au moins 35 ans. Et la femme invisible (comment s'appelait-elle au fait, la femme invisible?), toujours impeccablement coiffée dans une mise en plis parfaite, affichait une assurance de femme installée qui lui valait au moins la trentaine. Et voilà-t'y pas que nos 4 fantastiques débarquent maintenant sur les écrans, et sur les affiches de métro, avec des gueules de gamins post-pubères, dépassant à peine les 20 ans... Bon, d'accord, ça me fout bien sûr un coup de vieux, alors je réagis. Mais surtout, je me demande : par-delà la mode des super-héros au cinéma (Batman, Dardevil, et maintenant les Fab'4, on ne voit plus que ça...), pourquoi cette tendance à leur rajeunissement ?
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Dispo en streaming et en téléchargement sur l'excellent site Archive.org, Plan 9 from Outer Space (Ed Wood Jr, 1959) est généralement considéré comme le plus mauvais film de l'histoire du cinéma. Et pour cause : dans cette histoire de zombies extra-terrestres débiles où Bela Lugosi devait incarner le méchant, la star roumaine s'est décommandée pour laisser sa place au casting à l'épouse du producteur, qui joua toutes les scènes le visage caché derrière un chapeau... En souvenir d'une époque où Tim Burton réalisait de grands films, et en attendant ce qui surviendra demain, "Ecrans" vous offre un lien exclusif vers ce nanar mythique. D'ailleurs, d'autres suivront...
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Posté par Sandor le 11.07.05 à 10:57 | tags : bande annonce, johnny depp, tim burton
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Posté par Sandor le 09.07.05 à 00:55 | tags : documentaire, festival, fid marseille, short list
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Juste un petit mot pour vous annoncer que le palmarès du FID Marseille est enfin publié sur le site du Festival :
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Posté par Medvedkine le 08.07.05 à 17:43 | tags : douglas sirk
Le drame d’Antoine, c’est les autres. Comme dans Tout ce que le ciel permet, son existence avait été régie par des conventions sociales. Il se sentait prisonnier, regardé, jugé. A l’image de Jane Wyman, cette belle bourgeoise éprise d’un amour tragique envers Rock Hudson, l’homme libre, symbole d’une virilité insoumise à l’ordre établi des choses, à l’opinion publique. La critique sociale chez Sirk (soit le mélodrame), remaniée amoureusement plus tard par Todd Haynes, c’était le réel d’Antoine (un réel en négatif, en noir et blanc), le scintillement des sentiments en moins. Il n’avait pas le technicolor, son existence ne prenait pas place au sein d’une pensée architecturale des formes sensibles. Etre dans un film de Douglas Sirk, c’était se situer en pleine philosophie de la lumière et du chromo comme pensée des sens. L’intensification automnale de Tout ce que le ciel permet, c’était du sur-lignage romantique, une spatialisation des cœurs brûlés. Antoine était las des devoirs, de la tenue, de faire bonne figure, comme Jane Wyman il rêvait d’un paradis hors du monde, presque du temps, où son être serait en liberté. Il fantasmait sur une image, juste une image.
Tout ce que le ciel permet (All That Heaven Allows)
Douglas Sirk, 1955
TPS Cinétoile, vendredi 8 juillet à 21h
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Posté par Agathe le 07.07.05 à 10:46 | tags : michael cimino
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En 1980, Michael Cimino, tout auréolé du succès de Voyage au Bout de l’Enfer (1978), est en mesure d’adapter son grand œuvre d’après un scénario écrit en 1975. La Porte du Paradis, qui aura coûté entre 35 et 42 millions de dollars à United Artists, est un anti-western fleuve : il fait scandale (la longueur ? le ton polémique ? l’irrévérence aux traditions hollywoodiennes ?) et est retiré des écrans au bout de seulement 48 heures d’exploitation. Après un nouveau montage absurde et le passage par la censure, le film restera dans les annales comme un bide critique et commercial…
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Posté par Sandor le 06.07.05 à 12:45 | tags : documentaire, festival, fid marseille, jean-pierre gorin
Le FID se termine aujourd'hui, hélas, et il faudra bientôt aller se consoler à la lumière d'autres projections organisées cet été, ici et ailleurs. Pour ma part, intrigué par les trois films de Jean-Pierre Gorin proposés dans l'un des "écrans parallèles" du festival, j'ai voulu en savoir davantage et je suis allé l'interroger. "Vous savez, vous venez de voir mes films, j'en ai déjà parlé à l'issue des projections alors, maintenant, c'est à vous de me dire ce que vous en pensez", m'a-t-il immédiatement rétorqué. Pas idiot comme point de vue, et assez exigent en termes de conversation. Alors j'y suis allé de mon petit couplet sur Poto et Cabengo (1976), Routine Pleasures (1986) et My Crazy Life (1991), les trois opus qui composent cet ensemble assez pompeusement désigné de "trilogie américaine". Je lui ai dit qu'à mon sens, il n'y avait pas grand-chose de commun dans les thèmes de ses films : deux jeunes jumelles qui développent un langage propre auquel personne ne comprend rien, des amateurs de train miniature placés sous le regard d'un critique de cinéma américain, et un gang de jeunes immigrés Samoans paumés dans une banlieue de Los Angeles. Mais que, chaque fois, on notait chez lui une jouissance à intervenir sur le réel autant qu'il le filme, à entrer dans la cadre pour faire évoluer l'objet auquel il s'intéresse, ou alors à montrer la façon dont ses protagonistes sont influencés par le film en train de se faire. "Sans doute une réminiscence de votre travail au sein du groupe Dziga-Vertov avec Godard", lui ai-je suggéré, "cette vieille obsession à vouloir faire en sorte que le cinéma puisse transformer le réel".
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« Dopo Mezzanotte est une histoire simple. C’est un petit film gentil », prévient la note d’intention du dossier de presse.... A Turin, de nos jours, Amanda (Francesca Inaudi, avec des faux airs de Jeanne Balibar) doit prendre la fuite, et se réfugie dans la Mole Antonelliana qui abrite, depuis 2000, l’impressionnant Musée du Cinéma. Elle y rencontre Martino (Gorgio Pasotti), aussi silencieux et mystérieux que son habituel petit ami est voyou et grande gueule…
Loin de moi l’idée de vouloir enfoncer les « petits-films-gentils », mais il est de mon devoir de dire que celui-ci n’est vraiment pas une réussite. Ça commence très fort, avec une voix-off (celle de Silvio Orlando) qui va s’avérer lourde et omniprésente, sur les façons de raconter une histoire au cinéma, sur les personnages qui se croisent et qui font rebondir le spectateur d’un élément de l’intrigue à un autre. Au bout de 5 minutes, on sait qu’on risque de s’ennuyer ferme... Le petit-film-gentil (un concept en soi hérissant) est partiellement sauvé par la prestation discrète de Gorgio Pasotti, en Buster Keaton à l’italienne, mi-bouffon, mi-lunaire: passionné de cinéma, ce veilleur de nuit de la Mole filme le monde qui l’entoure comme un pionnier du cinéma, avec une précieuse caméra à manivelle qui donne à la moindre séquence un air de cinéma d’auteur. Une canne à pêche sur la ligne du Pô, un train de banlieue qui rentre en gare comme dans les premiers essais des Frères Lumière… Ces hommages répétés au cinéma d’antan sont charmants, et c’est une vraie bonne idée que d’investir le Musée du cinéma comme décor nocturne. Mais dès qu’on sort du silence et des images de Martino, on tombe dans les pesanteurs d’une narration naïve, ou dans le jeu affligeant de Fabio Troiano : bellâtre de service et petite frappe sans cerveau dans le rôle de « l’Angelo ». Même si c’est fait avec humour, les clichés sur l’Italie d’aujourd’hui ne suffisent pas à susciter la connivence du spectateur.
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Posté par anita b. le 04.07.05 à 20:21 | tags : documentaire, festival, fid marseille
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Cette année au FID, une forme cinématographique émerge tout pariculièrement : le montage "brut", dénué de tout commentaire, voix off ou autre explication. En somme : le spectateur est plongé dans un milieu qu'il va comprendre au fur et à mesure. Il faut dire que les sujets abordés par, entre autres, Noord Korea de Pieter Fleury et Ears, open. Eyeballs, click de Canaan Brumley, portent déjà en eux une promesse de spectaculaire. Dans le premier, le réalisateur a obtenu l'autorisation de tourner en Corée du Nord, suivant le quotidien de civils qu'on imagine triés sur le volet, mais obtenant à travers eux un portrait déjà hallucinant de la middle class nord-coréenne. Depuis les chants qui accueillent les ouvrières textiles le matin, pour leur insuffler le désir ardent de porter leur pays au sommet du monde, jusqu'à l'enseignement en maternelle, pas loin de la lobotomie, on explore un pays fermé, où l'individu n'est qu'une pièce dans un engrenage qui le contrôle totalement. L'absence de commentaire n'est pas, évidemment, une absence de point de vue. Mais ici, Pieter Fleury n'a pas à en rajouter au montage ou à la prise de vue : ce qu'il filme est en soit une expérience si étrange qu'elle porte en elle un potentiel cinématographique immense.
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Posté par Medvedkine le 04.07.05 à 13:42 | tags : gene kelly, musique au cinéma, vincente minnelli
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"Se méfier du rêve des autres, car si on est pris dedans, on est foutu", disait Deleuze lors d’une conférence publiée dans Trafic en 1998. Bellour, reprenant ces mots, les appliquait à Minnelli (Trafic en 2005). Sauf qu'Antoine en était convaincu, ils se trompaient (partiellement). Rancière avait raison (Trafic encore), il ne s’agit pas vraiment de rêve (comme retrait de l’action) chez Minnelli. D’après Antoine, si l’illusion ne s’oppose pas à la réalité chez Minnelli (chez qui il n’y a que de « l’actuel », de l’éternel présent, même fait de mondes perdus), c’est parce qu’il s’agit plus de fantasme(s) que de passages systématiques entre le réel et l’onirisme. Dans Le Pirate, c’est en voulant être la projection fantasmagorique du désir de Judy Garland que Gene Kelly devient Macoco le pirate. Serafin (Kelly), acteur, jouant à être ce fantasme, ce travestissement momentané de la vérité pour mener sa conquête amoureuse. Et même les masques enfin tombés, on vit ses fantasmes au sein du monde, on préserve l’illusion. Ce be a clown, le spectacle, la vie et la scène réunies, soit aussi la « performance ». Antoine, perturbé, se demandait si être pris dans le fantasme de l’autre était une perte. Il n’en était pas sûr mais était d’accord avec Deleuze sur une chose : chez Minnelli, « il y a autant de mondes que d’images ».
Le Pirate (The Pirate)
Vincente Minnelli, 1948
TCM, mardi 5 juillet à 12h50
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Posté par anita b. le 04.07.05 à 12:22 | tags : documentaire, festival, fid marseille
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Posté par Medvedkine le 04.07.05 à 00:19 | tags : douglas sirk
Désespéré par la ronde des psychiatres aux regards ternes, Antoine rêvait secrètement d’une révélation comme celle de Rock Hudson dans Magnificient Obsession. Il aurait voulu vivre cette histoire de conversion, être le miroir réel de ce héros au devenir chrétien. Découvrir lui aussi la bonté, le don (de soi), l’humilité, l’empathie. Racheter ses pêchés, être comme Hudson face à la figure absente du mari de Jane Wyman dont il a causé la mort par orgueil. Cet homme sans visage, invisible, irreprésentable (à l’image de Dieu), qui le guide tel un saint, un Christ de substitution. Antoine cherchait la rédemption, il savait que l’argent pouvait être, comme chez Sirk, la source du mal ou du bien. L’origine du désastre et la cause d’un miracle, comme rendre la vue, par amour, conscience de l’autre. Ce parcours spirituel, de l’égoïsme, l’individualisme, la luxure à la lumière, la charité chrétienne, la vérité, Antoine l’imaginait pour lui-même dans un technicolor sirkien. Sa vie était un mélodrame du réel grisâtre sur laquelle il aurait voulu projeter les lumières des studios Universal.
Le Secret magnifique (Magnificient Obsession)
Douglas Sirk, 1954
TPS Cinétoile, lundi 04 juillet 05 à 21h00
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Posté par Sandor le 03.07.05 à 18:05 | tags : asie, chine, documentaire, festival, fid marseille
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Comment Jia Zhang-Ke lui-même, contemplant son propre reflet dans le verre de sa caméra, prend conscience de son travail de réalisation d'une image de la société chinoise en pleine mutation (The World, 2005).
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Posté par Medvedkine le 03.07.05 à 01:51
Une chasse à l’homme, c’est une affaire de montage, de champ/contre-champ, un rapport à l’autre. Jeremy repensait à Traqué de Friedkin tout en s’endormant alors que Thomas conduisait. Pour lui, Traqué c’était l’excitation, la jouissance d’une image associée à une autre, quelque chose d’élémentaire, presque de primitif, comme la lutte acharnée entre Tommy Lee Jones et Benicio Del Toro dans le film. Friedkin faisait plus qu’étendre la poursuite de French Connection au film entier, c’était sa construction même, associer et séparer les images, les corps, créer une continuité (et la tenir) qui soit à même de se charger des intensités fictionnelles et instinctives de Del Toro et Jones. Faire de la chasse une idée qui se construise au cinéma grâce aux mouvements, aux détails, aux gestes, aux déplacements dans l’espace (forêt, ville), c’était quelque chose de topographique et d’ontologique. Traqué était un film synthétique, presque épuré, une force brute à l’émotion contenue, primale. L’autoradio jouait les premières notes de The Man Comes Around de Johnny Cash. Ca tombait bien, c’était la musique du film.
Traqué (The Hunted)
William Friedkin, 2003
Ciné-Cinéma Premier, dimanche 3 juillet à 21h
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Posté par Sandor le 02.07.05 à 23:07 | tags : documentaire, festival, fid marseille, jean-pierre gorin
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23h, et la valise toujours pas bouclée... Pas grave, Rita m'a précédé. Demain, départ à 7h20 du mat' pour la rejoindre au FID ; d'ailleurs, elle vous en a déjà parlé. Manu, lui, reste à la maison : pas encore encaissé son retour de Cannes et les triples Hawaï de Jockos, la barman du Martinez. Du coup, Rita et moi, c'est sûr, on va se sentir un peu orphelins. Mais bon, il y a les calanques, le Vieux-Port, la plus belle lumière tombante de la côte sud, et le soleil qui se reflète dans les lunettes de Rita. La nuit tombée, des projections. Les compétitions, française et internationale. Et aussi des vieilles pelloches. Notamment, de ce mec-là. Un cinéaste que j'avais rencontré sans le savoir, au détour d'un film inoubliable du groupe Dziga-Vertov, avec Godard : présence vive, à l'écran, des fedayins palestiniens massacrés lors de Septembre noir, et dont l'image survit jusqu'à présent. Jean-Pierre Gorin présente trois films somptueux, paraît-il, à Marseille. Tournés aux Etats-Unis, sur la côte ouest, non loin de San Diego. Là où il y a la liberté. La route. Le ciel. Et le soleil toujours, rayonnant comme une promesse dans les yeux de Rita.
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Vous le saurez en cliquant ci-dessous, découvrant ainsi le trailer du dernier Spielberg.
Allez, bon week-end...
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