Archives > Septembre 2005

Super8 is not dead...


Posté par Sandor le 30.09.05 à 17:42 | tags : expérimental, festival, web

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... c'est la baseline d'un blog belge de fondus de la pellicule Kodachrome 40, emblématique du format Super 8 et dont la production a été définitivement arrêtée par Kodak au printemps dernier. Pour conjurer le mauvais sort, une bande de cinéastes expérimentaux parisiens a tenu à dresser un "bilan festif" de l'utilisation de cette vieille pelloche en soirée de clôture du 7e Festival du cinéma différent à Paris (décembre 2005). Pour participer à cette grande revue joyeuse et triste, on peut envoyer tous ses films tournés en Kodachrome 40 entre 1965 et 2005 à cette adresse-là. Et commémorer ainsi une forme d'image autant célébrée par le adeptes du cinéma d'avant-garde que par les nostalgiques des soirées-films de vacances avec papa.

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Kubrick, Nicholson, Gabriel : du neuf avec des vieux


Posté par Sandor le 29.09.05 à 18:33 | tags : bande annonce, musique au cinéma, stanley kubrick, web, webfilm

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Etonnante découverte que ce vrai-faux trailer proposé par Koant, où quelques plans chosis d'un bon vieux Kubrick inquiétant, remontés avec un petit-chef d'oeuvre d'époque signé Peter Gabriel, donnent l'impression d'un paisible film familial.

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Cinémathèque, ciné-musée


Posté par Sandor le 29.09.05 à 13:14 | tags : cinémathèque française, expos ciné


Rita en parlait déjà hier : 69 ans après sa création, donc, la Cinémathèque française change de peau. L’ouverture rue de Bercy d’une cinémathèque agrandie, associée à la BiFi, dont le fond a été augmenté et déménagé pour l’occasion, était attendu depuis sept ans. L’intérieur de l’ancien Centre culturel américain à Paris, qui n’a jamais été inauguré, a été entièrement reconstruit pour installer quatre superbes salles de cinéma au style très moderne (dont une de plus de 400 places), un espace d’exposition temporaire et un nouveau musée du cinéma.
Celui-ci est divisé en deux parties : l’une au nom conceptuel, "Passion cinéma", et l’autre consacrée aux dernières acquisitions (dont un très beau fond Georges Méliès). Ce nouveau musée permet le redéploiement d’une partie de la collection chère à Henri Langlois, le fondateur de la Cinémathèque, inaccessible depuis 1997 suite à l’incendie du toit de l'ancien bâtiment à Chaillot et dorénavant mêlée au fond des archives françaises du film. Pendant cette période inaugurale, on découvre avec intérêt l’exposition "Renoir/Renoir" (père et fils), où de beaux extraits des œuvres de Jean côtoient plus ou moins judicieusement une vingtaine de peintures de Pierre-Auguste prêtées par le Musée d’Orsay. Les cinéphiles certifiés, habitués aux anciens locaux, seront probablement surpris par l’immaculé des lieux et les hôtesses proprettes qui les accueilleront. Tout est néanmoins réuni pour que la Cinémathèque française commence une nouvelle vie, plus institutionnelle certes, mais avec des moyens plus à la hauteur de sa réputation.

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Cinémathèque : Opening Night


Posté par anita b. le 28.09.05 à 12:39 | tags : cinémathèque française

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Lundi soir rouvrait officiellement la Cinémathèque française, désormais localisée au 51 rue de Bercy (Paris 12e). Une nouvelle qui devrait réjouir les nombreux cinéphiles, demeurés orphelins de leur maison mère depuis déjà six mois.

c'est le grand jour

En présence de Martin Scorcese, la soirée devait prouver une tentative flagrante de modifier l'image que l'on se faisait de cette vieille institution : journalistes dans tous les coins, people ad hoc (Laetitia Casta, Tonie Marshall, Serge Bozon, Manoel de Oliveira, Bertand Bonnello, Frédéric Taddéï, etc.), petits fours et champagne... On l'aura compris, ce nouveau lieu dessiné par Frank Gehry appelle un musée du cinéma modernisé, standardisé et cleané de fond en comble (Manu devrait vous en parler demain). Martin Scorsese se fendit d'ailleurs d'un discours parfait, soucieux de l'avenir du film sur tous ses supports, et témoignant d'un véritable amour du cinéma. Le Fleuve, chef d'oeuvre hindou de Renoir restauré par Scorsese, venant de ce point de vue cloturer la séance merveilleusement.
Après quoi, entre les flûtes de champagne, une anecdote cicurla de main en main. Etienne Chatiliez aurait déclaré sur France Inter quelque chose comme : "Avant, je n'allais pas à la Cinémathèque, ça sentait les vieilles chaussettes. Maintenant, je vais pouvoir y aller : elle est propre". Voudrait-on faire passer une vieille vessie pour une chaussette, sale qui plus est ? Hygiénisme idiot, révisionnisme en marche contre lequel nous nous écrions vivement : "Non, la Cinémathèque période Chaillot et Grands Boulevards ne sentait pas la chaussette, elle resplendissait dans des haillons !". Maintenant, c'est sûr, on lui a offert la robe de soirée. Mais, cher Etienne, l'habit ne fait pas le moine...


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Adieu Philippine, bonjour tristesse


Posté par anita b. le 28.09.05 à 12:24 | tags : réalisateur


1961 : Jacques Rozier réalise son premier long métrage, Adieu Philippine. Juliette et Liliane, deux aspirantes actrices et amies inséparables, y fondent pour Michel, un technicien de la Radio-Télévision française. Alors que Michel doit partir à la guerre dans deux mois, ils flirtent, sortent, font des publicités ensemble, rencontrent Pachala, un producteur pas très net, puis vont en Corse, au Club Med.
La vie est une danse, telle est la devise qui pourrait sous-tendre chaque film de Jacques Rozier. Et déjà dans celui-ci, le mouvement, la vitesse ont un rôle principal. On danse beaucoup chez Rozier. Dans Adieu Philippine, c'est le mambo (Liliane seule, les yeux plantés dans la caméra), le cha cha cha, le tango. Par la danse, c'est le sentiment qui s'exprime, sans avoir recours au mots. C'est aussi, et surtout, une façon première et primaire de s'évader des conventions, de la société, du monde. Car chez Rozier, on a le goût du voyage, du dépaysement.
Marivaudage à trois, portrait de la jeunesse 60's, satire du milieu de la télévision (déjà !), road movie maritime : le film s'affranchit des registres avec légèreté, porté par des acteurs semi-professionnels d'une fraîcheur inouïe. Mais les 60's, ce n'est pas que les yé yé, c'est aussi ce que nous rapelle la première image du film : "1960, 6e année de la guerre en Algérie". Michel partira, l'idylle se brisera, mais le souvenir reste. L'espace d'un instant : on ne saurait mieux définir les films de Jacques Rozier. Revoir Adieu Philippine aujourd'hui, quelles délicieuses retrouvailles.

Adieu Philippine
Jacques Rozier, 1961
Reprise salles France : 28 septembre 2005


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Cinémathèque française : J-2


Posté par Sandor le 26.09.05 à 13:27 | tags : cinémathèque française, web


Après quelque six mois de fermeture, la Cinémathèque française rouvre ses portes au public mercredi, en ses nouveaux locaux du 51, rue de Bercy (Paris 12e), l'ancien Centre culturel américain dessiné par l'architecte Frank Gehry. En attendant l'inauguration, un petit détour par le tout nouveau site de la Cinémathèque dont on retient, notamment, le design élégant et le magnifique logo signés Ruedi Baur : correspondance graphique avec la silhouette du nouveau bâtiment, et multiplicité des écrans sur lesquels il est désormais possible de voir le cinéma. Un logo très classe, très pertinent, en phase avec son contexte et avec son temps.

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Hubert Selby Jr. : Requiem pour un poète


Posté par Sandor le 23.09.05 à 12:34 | tags : documentaire


L'écrivain new-yorkais Hubert Selby Jr, contemporain des Miller et autres Burroughs, s'est éteint il y a un an et demi à l'âge de 75 ans. En 2000, Darren Aronofsky avait porté son Requiem for a Dream à l'écran. Non content d'être un des écrivains les plus fantasques de sa génération, Selby s'intéressait également au cinéma, qu'il abreuva de plusieurs scénarios. Ludovic Cantais revient sur ce parcours embrumé de rêves et d'alcool dans un documentaire au titre très godardien : Hubert Selby Jr., 2 ou 3 choses..., dont le DVD est sorti en mai dernier chez La Luna Productions. Le réalisateur sera présent demain soir à 19h à Hors-circuits (4 rue de Nemours, Paris 11e) pour présenter son film. On peut lire ceci avec profit avant d'y aller.

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Glauber Rocha, sur Flu et en salles


Posté par Sandor le 22.09.05 à 16:59 | tags : brésil, flu, le mag, réalisateur


Trois films de Glauber Rocha - Le Dieu noir et le diable blond (1964), Antonio Das Mortes (1969) et L'Age de la terre (1980) - sont ressortis en salles mercredi 14 septembre. Flu, le mag, avait parlé de ces films ici, à l'occasion d'une intégrale consacrée à ce génial cinéaste brésilien en avril dernier au Magic Cinéma de Bobigny. Quelques lignes à relire d'urgence, avec une interview de l'historien Ismail Xavier sur les avant-gardes brésiliennes au XXe siècle, avant d'aller redécouvrir en salles l'indispensable oeuvre de Rocha.

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Un monde moderne : le travail vu de l'intérieur


Posté par Sandor le 21.09.05 à 18:34 | tags : documentaire, flu, le mag, média, réalisateur, web

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L'image, le monde Flu en a parlé sur le mag il y a 15 jours : nous avons aimé, nous avons adoré Un monde moderne de Sabrina Malek et Arnaud Soulier, remarquable documentaire sur le délitement des conditions de travail dans les sociétés contemporaines à partir de l'exemple des chantiers navals de Saint-Nazaire.
Ce midi, l'émission Vu de l'intérieur sur Radio Fréquence Paris Plurielle (106.3 MHz, FM Paris) a elle aussi accompagné cette sortie en salles, en diffusant une demi-heure d'évocation radiophonique du film, à partir notamment de la parole des cinéastes récueillie par l'équipe de Flu. Une bande sonore enveloppante, à écouter en ligne pendant une semaine, qui fait entrer dans l'atmosphère du film aussi surement que celui-ci tente de donner à voir la résistance des hommes confrontés à la dégradation de leurs conditions de travail.
Mais rien ne vaut l'expérience du film lui-même, toujours visible en salles à l'Espace Saint-Michel (Paris), aux cinémas Le Concorde (Nantes) ou Les Korrigans (Saint-Nazaire)...

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Hitchcock-mania


Posté par Life on Mars le 16.09.05 à 15:55 | tags : alfred hitchcock, réalisateur, web

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Des photos d'Hitchcock ? Oui. Mais aussi, des photos d'Alfred.

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La fin de la foi


Posté par anita b. le 14.09.05 à 10:39 | tags : cinéma sur arte, documentaire

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la foi du siècleEvénement dans cette rentrée DVD, La Foi du Siècle, une histoire du communisme, réalisé par Patrick Rotman et Patrick Barberis, fait partie de ces documentaires qui aident non seulement à se rafraîchir la mémoire, mais bel et bien à faire l'Histoire. Somme phénoménale d'archives (le film dure quasiment 4 heures), les deux auteurs retracent ici avec beaucoup de pédagogie l'histoire d'un projet politique certes désastreux et meurtrier, mais aussi d'une idéologie aujourd'hui encore auréolée d'espérance et de foi. En tenant toujours compte de ce paradoxe fondateur, les auteurs n'entendent pas rendre des comptes ou livrer un combat. Le texte accompagne sobrement des images, uniquement des archives, qui proviennent de tous les pays concernés, et retracent la propagation du communisme dans le monde, les incroyables espoirs qu'il a pu susciter, et la réalité des méthodes employées dans l'établissement du totalitarisme. On ne parlera pas d'objectivité, terme bien entendu inadéquat en matière documentaire, mais d'une tentative intelligente d'appréhender un phénomène qui traverse le XXe siècle, parcouru de mensonges et de malentendus ahurissants. Devant cet outil de réflexion d'une grande richesse, on ne s'étonnera pas de l'absence de bonus, comme on ne s'offusquera que modérement du problème patent de mixage, tant cette Histoire là se doit d'être contée.

La Foi du siècle, une histoire du communisme
Un film de Patrick Rotman et Patrick Barberis
2 DVD Arte Vidéo, septembre 2005


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Obscure clarté nippone


Posté par anita b. le 13.09.05 à 09:57 | tags : japon


une rétrospective passionnante

Succédant tout juste à l'Etrange Festival, La Maison de la culture du Japon à Paris ne nous laisse pas de répit et propose du 13 au 24 septembre un hommage à deux grands scénaristes du pays : Itami Mansaku et Itô Daisuke. Un programme comme d'habitude fort alléchant, avec des films rares couvrant une période large allant des années 1930 aux années 1960, tantôt scénarisés et parfois même réalisés par ces deux figures majeures du cinéma nippon, amis dans la vie comme dans le travail. Leurs styles, eux, sont très différents, puisqu'Itami a quasiment inventé la comédie sophistiquée et très dialoguée "à l'occidentale", tandis qu'Ito est le dépositaire de la grande tradition dramatique et théâtrale, qu'il déploiera en particulier dans le genre Chambara, le film de sabre. La Vengeance d'un acteur, La Légende de Zatôichi, Samouraï Vendetta, les Fourberies de Benten Kozô, etc. autant de grands classiques rarement présentés de par chez nous.

 


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Etrange Festival 5 : Nakata se dévoile


Posté par anita b. le 12.09.05 à 15:38 | tags : étrange festival, festival, forum des images, japon

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Qui fera couler le premier sang ?Carte blanche, deuxième ! Après Sordide Sentimental, c'est au tour des films choisis par Hideo Nakata d'être présentés par l'Etrange Festival. Une sélection plus étonnante pour le réalisateur de Ring et de Dark Water, car très hétéroclite, où l'on croise aussi bien un classique du fantastique japonais, un film de bondage, un Buster Keaton, un docu de 3h30 sur un petit village montagnard ou encore Lettre d'une inconnue de Max Ophüls et M le Maudit version Joseph Losey (une rareté). Samedi soir, il était là pour présenter Liens de sang (1962)de Taï Kato (1962), un joli mélo où un samouraï tente de retrouver sa mère qui l'a abandonné à l'âge de 5 ans. On y retrouve l'attachement aux liens familiaux qui rend les films d'horreur de Nakata si personnels. Particulièrement volubile et bavard, Nakata passa l'essentiel de sa présentation à mimer les positions du cadreur, un homme gigantesque à qui Taï Kato demandait systématiquement des plans à 50 cm du sol. Le spectacle valait le détour...


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Etrange Festival 4 : Belle endormie


Posté par anita b. le 12.09.05 à 15:28 | tags : étrange festival, festival, forum des images, sexe et cinéma


Dormante beauté, fatale beautéLa carte blanche offerte à Sordide Sentimental ne déçoit décidément pas. Avec ce passage en revue de réalisateurs décadents et méconnus, c'était au tour de James B. Harris d'être redécouvert par le public de l'Etrange Festival. D'abord producteur des premiers films de Stanley Kubrick, ce qui lui vaut déjà toute notre gratitude de cinéphiles, l'Américain a par la suite réalisé 5 longs métrages dont Cop, avec James Wood en flic névrotique à la poursuite d'un tueur en série. Si ses films n'ont jamais rencontré de véritable succès public - trop noirs, ambigüs, pas assez binaires - on aurait volontiers tendance à classer Harris parmi les bons réalisateurs de séries B : ses quelques films disponibles en vidéo font l'objet d'un culte pour un petit groupe de fans du film de genre. Mais cette Sleeping Beauty réalisée en 1973 vient complexifier sérieusement le personnage. Alors qu'elle est promenée dans un cirque, une belle jeune femme tenue endormie par des drogues est achetée par un homme qui la réveille et lui présente une couple de femmes avec lesquelles il partage plus que le palais où ils vivent. La belle se prend aux jeux érotiques de la maison, au point que l'homme se perd face à sa "création". Entre sadisme, ironie et irréverence, fantasme et réalité, le film explore un univers sophistiqué et perturbant. Dans une vidéo de présentation, Harris évoquait la sortie prochaine d'un director's cut du film. On est curieux de la réaction qu'un tel film, emprunt du souffle libertaire de son époque, pourra susciter aujourd'hui...


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Etrange Festival 3 : Roberte, ou le secret


Posté par anita b. le 07.09.05 à 15:13 | tags : étrange festival, festival, forum des images

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Roberte (Pierre Zuca, 1979)Réalisé par le trop méconnu Pierre Zucca en 1979, projeté lors de l'Etrange Festival, Roberte est une adaptation perverse et onirique de deux ouvrages déjà très "gratinés" de Pierre Klossowski, La Révocation de l'Edit de Nantes et Roberte, ce soir. L'écrivain sulfureux y interprète d'ailleurs le rôle d'un mari qui prête sa femme, Roberte, à d'autres hommes pour des séances de tableaux joués. La femme étant interprétée... par la véritable muse de Klossowski, Denise Morin Sinclaire, alors âgée d'une bonne cinquantaine d'années... Erotisme à peine effleuré, figé par le jeu, grandiloquence rococo du décors, apparitions sidérantes (Frédéric Mitterrand tout jeune, Jean-François Stévenin en soldat nazi...), le film dérive aux confins du rêve et de l'obsession, et nous donne furieusement envie de (re)découvrir le cinéma de Zucca. Qui nous enivre tout en nous perdant.


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Etrange Festival 2 : Still rockin'


Posté par anita b. le 07.09.05 à 10:21 | tags : étrange festival, festival, forum des images, musique


Mayo Thomson, un rock énervé aux tempes grisonnantesEn association avec Sordide Sentimental, label mythique et visionnaire emmené par l'attachant Jean-Pierre Turmel (réincarnation flagrante d'Andy Wahrol), l'Etrange Festival nous conviait ce samedi soir à un concert réunissant des personnalités rares sur les scènes fraçaises : l'Anglais Viny Reilly et son Durutti Column et l'Américain Mayo Thompson et ses Red Krayola (photo). Preuve que le rock conserve, les deux prestations furent, chacune dans son genre, de réjouissants moments de pur rock'n'roll. Plutôt précieux et mélodieux dans le cas du premier, accompagné par son fidèle et swinguant batteur, et plus énervé dans le cas des seconds, qui, malgré les tignasses grisonnantes, ont offert un show mémorable.


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Etrange Festival 1 : Surprise de Cannes


Posté par anita b. le 06.09.05 à 20:12 | tags : étrange festival, festival, forum des images


Les villes portuaires, encore et toujoursEntrée en matière sulfureuse, comme il se doit, pour cet Etrange Festival 13e édition, avec une avant-première d'un premier film qui a déjà fait couler beaucoup d'encre à Cannes cette année : The Great Ectasy of Robert Carmichael. Réalisé par Thomas Clay, un Anglais issu de la musique contemporaine plus que du cinéma, ce film coup de poing aurait pu être un des plus beaux "ofni" du moment si sa magistrale rigueur ne s'effondrait malheureusement en une fin de parcours hystérique. Vendu pour la violence de cette scène finale, sensée en faire un enfant d'Orange Mécanique, film culte du metteur en scène, le film impressionne beaucoup plus par la tension qu'il fait naître dès ses premières images. Cinémascope au couteau, regard posé en longs plans sur une ville portuaire pauvre, décors grandioses devant lesquels des gosses paumés viennent fumer leur dope, le film accompagne au plus près les petits traits de la violence quotidienne. On pense beaucoup alors à Alan Clark, réalisateur du premier Elephant, ainsi quà Gus Van Sant par l'utilisation de la musique. Cela jusqu'à la véritable immense scène du film, celle d'un viol, d'autant plus insoutenable qu'on ne la verra pas. Arrivé là, et sans doute poussé par cette tendance forte à cloturer les scénarii par des coups d'éclats en forme de fait divers, le film dérape totalement, et s'achève dans une chorégraphie macabre grand-guignolesque hors de propos. Dommage, car sur sa première heure, The Great Ectasy... fait preuve d'une virtuosité impressionnante. On en reparlera forcément.


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