L'année 2006 touche à sa fin. Si vous avez consulté le classement des 10 meilleurs films de l'année 2006 selon la rédaction de flu, et découvert le titre du film qui trône en tête de ce classement rituel (Cf le top 2005, 2004, 2003) , il vous sera facile de trouver quelqu'uns des acteurs, réalisateurs et autres personnages qui ont accepté de poser sur la carte des voeux 2006 parmi les 45 personnalités mis à l'honneur sur Flu (illus.). Et en plus, il y a une console wii et 10 DVD de la collection légendes du Cinéma à gagner (entre autres). Bonne année ! Vivement... (le 17 janvier) 2007.
Il y a bien bien longtemps, dans une contrée pas si lointaine, un certain Roger Corman avait financé l'adaptation ciné des 4 Fantastiques. Pour d'obscurs problèmes de droits, ce téléfilm de seconde zone, daté de 1994, n'a jamais été distribué en salles. Mais y' a un petit malin qui a réussi à le dégoter et qui l'a tronçonné sur You Tube en 10 morceaux. Ce sont les dix premières minutes de cette adaptation que nous vous proposons aujourd'hui, en attendant la sortie été 2007 de Rise of the silver surfer (avec Marc "Twin peaks" Frost au scénario). Uniquement pour les anglophones et les amateurs de collants bleus sans Jessica Alba en dessous:
Vincent, c'est un gars simple. Il a beau dormir auprès d'une des femmes les plus désirées au monde (enfin c'est ce que dit Voici), il roule en scooter, il vit dans un quartier popu et va même faire son marché le samedi matin au milieu de visages bigarrés. En somme, c'est presque un français moyen. Sauf que lui, il a droit à une minute trente sur CNN. 90 secondes entièrement à la gloire de sa simplicité. Ah, c'est beau, la modestie:
"Le mardi 2 Janvier, Fluctuat.net et le Cycle des indépendants vous donnent rendez-vous au Majestic Bastille à partir de 19h pour une soirée spéciale Robert Altman. Cette soirée sera l'occasion de rendre hommage au cinéaste américain, récemment disparu, en proposant deux films qui ont marqué sa carrière : M.A.S.H, qui fut récompensé par une Palme d’or à Cannes en 1970 et Short Cuts, Lion d'or à Venise en 1994."
Partenaire de cettte soirée, Fluctuat et le blog Ecrans organisent un jeu-concours : à gagner, 25 invitations valables pour un des deux films au choix si vous répondez à la question : "Quel est le dernier film réalisé par Robert Altman" ? Réponse (élémentaire pour qui aura suivi le lien précédent) à envoyer par mail à l'adresse david fluctuat.net avant le mardi 2 janvier à 12h.
La présentation des deux films sera confiée aux bons soins du docteur es cinéphilie Manuel Merlet, de Flu. Bonnes chances à tous, et joyeuses fêtes !
Alors que se termine la belle expo de la cinémathèque française (51 rue de Bercy, Paris) consacrée à l'expressionnisme allemand, voici que surgit sur le web une étonnante bande annonce: celle du remake du Cabinet du Dr Caligari, le chef d'oeuvre du genre. Ce joli tour de force, dont on peut néanmoins penser qu'il est un tantinet absurde, est signé David Fischer. On y retrouve Doug Jones, le Pan qui hante le dernier labyrinthe de Guillermo Del Toro. Il y interprète César, la créature aux ordres du diabolique docteur. Le site officiel, c'est ici, et les images qui bougent, c'est en dessous:
Faut-il être à la pointe de la modernité pour être moderne ? Apparemment pas, si l'on en croît le dernier film de Pascal Thomas, le bien nommé Grand appartement. Cette auberge espagnole accueille un casting pour le moins hétéroclite et se fiche de la bienséance et des modes. Et pourtant, il se révèle bien plus en phase avec notre monde versatile que bien des films prétentieux. Quand je dis prétentieux, je pense à ceux qui se veulent à tout prix modernes, soit par des prouesses virtuelles et vaines (voirThe Fountainde Darren Aronofsky), soit en mêlant la métaphore à une violence crue et vide (voir Transe de Teresa Vilaverde, un film sans concessions sinon à une noirceur ambiante et finalement de bon ton). Comme quoi, saisir l’air du temps, ce n’est pas donné à tout le monde, et demande du talent. Surtout si on veut en faire naître le rire. Et le rire, ça demande du boulot. Ce que, soit dit en passant, semble parfois oublier certaines comédies qui préfèrent surfer sur les vagues de la facilité, tel The Holiday – quoique que se blottir au chaud, dans une salle de cinéma, avec Cameron Diaz (ou pour les dames, Jude Law) ne soit pas déplaisant. Parmi les autres sorties de la semaine, extrayons deux étrangetés qui, elles aussi, n’ont que faire de la modernité : la suite tant attendue par des millions de spectateurs L’Homme qui sauva le monde, au titre si évocateur : L’homme qui sauva le monde : le retour, un ovni turc à l’humour probablement intersidéral ; et La Montagne sacrée, une reprise de Jodorowsky Autres sorties : Darat – saison sèche, Les petites fleurs rouges, The Grudge 2, Le Lièvre de Vatanen
Les fins d'années existent pour flatter l'ego. Et vas-y que j'te blogue mes 10 plus grands gavages de pop-corn de ces 12 derniers mois ou que je spamme ma top shopping-list DVD à mes copains clones d'Igniatus J. Reilly. Stephen King, lui-même, s'amuse à forwarder son palmarès ciné à la presse people, se targuant au passage d'utiliser une méthode de classement irrécusable. «Votre organisme est conditionné pour mémoriser trois types de films, qu'ils soit bons ou non. Les dramas engagent le cerveau et le coeur, les grosses comédies stimulent le système nerveux et les films d'horreur agissent sur votre digestion. Privilégiez les trois genres et vous êtes certains de convertir le plus grand nombre à votre box-office. C'est marketing...». Un cours d'anatomie que les professionnels de la profession semble avoir séché puisque Warner Bros France a décidé de boycotter le top annuel, bel alibi à la sortie de coffrets Noël. Le distributeur a choisi un palmarès plus classique et intemporel : Celui par qui le scandale arrive de Vincente Minnelli, Un homme change son destin par Sam Wood ou encore Rendez-vous d'Ernst Lubitsch. Tous dispos dans la toute fraîche collection Légendes du cinéma. La rédac Flu aurait-elle rendu bonne copie ? En tout cas, elle partage LE coup de coeur de Stephen (Le Labyrinthe de Pan), beaucoup moins, voire pas du tout son amour sot-o-phile pour Des serpents dans l'avion. Et vous, c'est quoi votre egotop 2006 ?
MaJ : Gagnez 10 DVD de la collection Légendes du cinéma mais aussi une Wii, un T-Shirt ou des assiettes en participant au concours «Carte de voeux» de Flu. Noyeux Joël !
Une bande-annonce aussi travaillée que le générique. Le prochain Michael Bay est annoncé pour le 4 juillet 2007, soit en compétition directe avec le marcel (ou pas) de John McLane.
J.K. Rowling a plus d'un tour dans son sac à malices, surtout lorsqu'il s'agit d'enquiquiner Warner Bros. Après avoir imposé la présence au casting d'un nouvel elfe de maison dans le Harry Potter de David Yates (l'ambassadeur des créatures, Dobby, avait numériquement été évincé à l'affiche du 3e épisode... trop cher mon fils), l'auteure vient de griller l'exclusivité du titre de l'opus final aux producteurs. Quelques offs des deux parties laissent en effet entendre que Rowling aurait toppé là avec WB, histoire que la titraille du prochain roman soit révélée au générique du prochain film. Opération marketing ratée puisque le maigre scoop vient d'être dévoilé sur le site officiel de notre faiseuse de best-sellers. Celle-ci, peu convaincue par la méthode « ne levez pas votre popotin du siège tant que Jacques ne l'a pas dit - Jacques, c'est le projectionniste », a préféré vendre la mèche en sollicitant les neurones de ses jeunes et moins jeunes lecteurs avec un jeu point & click plutôt pas mal foutu. Et comme sur Ecrans, on n'a pas de pause café mais on a des idées, je vous laisse nous livrer la soluce complète. Premier indice : cliquez sur la gomme pour démarrer la partie (c'est décidé, en 2007, je m'improvise chambouleur)...
MAJ : le titre de Harry Potter 7 en français est à présent connu : ce sera Harry Potter et les reliques de la mort (le livre et le film).
Joseph Barbera a rendu l’âme le 18 décembre dernier à 95 ans. Il n’avait pas le génie d’un Tex Avery, ni l’invention comique d’un Chuck Jones. On peut même dire que son seul nom ne dit rien à personne. Pourtant il restera comme une des figures marquantes de l’animation du XX siècle. En fait, son nom ne prend sa valeur que quand il est associé à celui de William Hanna. Leurs noms réunis, c’est toute la clique de Scooby doo, des Pierrafeu, du Capitaine Caverne et autres fous du volant qui surgissent soudain en fanfare. Et, last but not least, Tom et Jerry. Au simple énoncé de ces toons, on se rend compte que la majeure partie de leurs créations est née dans et pour le petit écran. Et c’est là que surgit le véritable talent de Barbera et de son acolyte : ils furent les seuls grands – avec Disney – issus de l’âge d’or du cartoon hollywoodien à avoir su négocier l’arrivée de la télévision. Celle-ci leur a permis d’accroître et de consacrer leur gloire. Récemment, elle leur a même rendu hommage d’une bien étrange manière, en censurant dans leurs dessins animées, à la suite d’une plainte, toutes les images de cigarettes et autres substances illicites:
Ingrate télévision qui a su utiliser leurs services quand elle en avait besoin. La preuve par ces images qui pourraient tout à fait compléter notre collection des Fils de pub:
Cette semaine, c’est plutôt grandeur et décadence du cinéma… Ou plutôt révélation et décrépitude. Quoique le mot « révélation » soit assez mal choisi pour qualifier Rolf De Heer. Cet hollandais réalise depuis maintenant vingt ans et est invité dans tous les grands festivals internationaux. Pourtant, en France, on le connaît peu ou pas du tout. Si 10 canoés, 150 lances et 3 épouses (ill. dte) sort dans nos salles après avoir été présenté à Cannes, ses deux films précédents, The Tracker et Alexandra’s Project, sont toujours inédits chez nous. La faute à qui ? A cette éternelle presse française, qui salue aujourd’hui son nouveau film mais qui jusqu’alors s’était montrée plutpôt condescendante sinon assassine vis à vis de ce cinéaste très – trop – original et versatil; et à des distributeurs frileux, peu désireux d’aller contre les avis de cette même presse. Mais au lieu de s’en plaindre, mieux vaut se réjouir de l’écho fait à son nouveau titre, écho qui amènera peut-être certains à s’intéresser aux films d’avant. Curiosité nécessaire et salvatrice quand on regarde le reste des sorties de la semaine où là, le mot "décrépitude" n’est pas galvaudé, en particulier pour le ciné français. Avec Mon meilleur ami (ill.cte), Patrice Leconte continue à sombrer lamentablement dans un soi disant cinéma populaire qui n’intéresse plus personne, même pas lui même. Plus de dix ans que ça dure, avec à chaque fois un mystère : comment arrive-t-il à produire ces films mort-nés ? ; et avec cette fois une autre question : qui enfermera Daniel Auteuil pour qu’il arrête de polluer nos écrans de son sourire niais ? A ce film qui ne sert à rien sinon à rapporter quelques sous – et encore -, on peut ajouter Le Héros de la Famille, ou comment faire encore et toujours le même film – genre œuvre chorale avec plein d’acteurs sur le retour qui n’ont plus rien à dire ni à montrer – pour un public qui au fond s’en fiche royalement. Tout cette médiocrité rendrait presque dépressif. Et ce n’est pas Eragon (ill. gche), héroïc fantasy pour gamins, ni Coast guards et ses gros bras fatigués qui vont y changer quelque chose. Mais heureusement, il y a Rolf De Heer et ses aborigènes rigolards. Autres sorties : Piccolo, Saxo et Cie, Franklin et le trésor du lac, Elsa & Fred, Le Grand silence, Coup de sang, La Maison de sable.
Après Spiderman 3, Die hard 4, Shrek 3et Pirates de Caraïbes 3, enfin un titre qui n'est pas une suite et ne porte pas de numéro : Lettres d'IWo Jima, le nouveau Clint Eastwood. Mais en fait, on pourrait l'appeler aussiMémoires de nos pères 2, puisqu'il s'agit de la même histoire, mais perçue du point de vue japonais. Les deux films forment un diptyque inédit, dont la vision globale sera possible en France à partir du 21 février 2007:
Ah, qu’elle est difficile, la vie sur Terre ! C’est ce qu’apprend à ses dépens Bernard Werber, le romancier expert ès fourmis. Début 2006, il s’était lancé dans la réalisation de Nos amis les terriens, son premier long métrage, produit par Claude Lelouch. Là, il a découvert qu’on ne s’improvise pas cinéaste sur un coup de tête et qu'une caméra, ça ne se place pas n’importe où. D’après nos sources proches du tournage – comme on dit dans la presse « sérieuse » -, le tournage fut catastrophique. Acteurs et techniciens payés au lance pierre, réalisateur « absent »… Cette version longue du court métrageLes Humains, déjà signé Werber, a connu bien des déboires. Maintenant qu’elle est enfin terminée, voilà qu’un triste personnage vient jouer les trouble-fête. Un certain Charles-Henri Pinhas attaque en justice le romancier pour plagiat . Il l’accuse d’avoir copié son court-métrage Intra-terrestres pour réaliser Les Humains. Selon lui, les deux documentaires reposent sur le même principe : la vie humaine vue et racontée par des extraterrestres. Il demande que soient retirées de la distribution toutes les copies du court incriminé et que lui soient versés 60 000 euros de dommages et intérêts. En attendant le jugement de la cour, les spectateurs pourront rendre leur verdict le 18 avril 2007, date de sortie en salles du long métrage. Pour commencer à se faire une idée, la bande-annonce disponible sur le site officiel du film et, comme pièce à conviction, les 7 minutes mises en cause:
Voilà les toutes premières images de Pirates des Caraîbes : jusqu'au bout du monde, qui débarquera sur les côtes françaises le 23 mai 2007. Pour l'occasion, on vous propose de deviner qui se cache derrière la barbiche visible ci-dessous, à côté de celle du Johnny ? C'est le jeu du jour où y'a rien à gagner, sinon toute notre considération.
Chaque année, on y a droit. De la maman divorcée à qui sa progéniture arrangera une séance de speed dating le soir de Noël, si possible avec un beau gosse de seconde zone (version Kyle McLachlan), millionnaire et gérant d'un magazin de jouets, à Papa Noël qui a bien du mal à faire avaler à ce monde cynique que non, il n'est pas un SDF ! Noël et la période des guimauves qui se suivent et se ressemblent tout au long des après-midis M6, TF1, et apparemment aussi chez nos voisins d'outre-atlantique. Tant et si bien que nos confrères de Cinematical ont été jusqu'à dresser une grille des programmes anti-noël. Le principe ? Proposer une liste de films prenant Noël pour décor sans l'esprit fraise tagada qui va avec. La sélection fait un grand écart entre Lubitsch (The Shop Around The Corner) et Bergman (Fanny et Alexandre), du pudique Huston (Les gens de Dublin) à l'impudique Kubrick (Eyes Wide Shut), du musclé Bruce Wilis (Die Hard) au plus grassouillet Val Kilmer (Kiss Kiss, Bang Bang)... et pour les plus Scrooge d'entre nous, le slasher movie bien nommé Black Christmas, dont un remake est annoncé pour 2007. Et pour vous, c'est quoi l'affiche absolue à déguster avec la dinde et qui ne sent pas le sapin ?
Et si l'ex-futur président des Etats-Unis avais également manqué le mandat de gouverneur californien récupéré, une fois n'est pas coutume, par Schwarzy ? Sa Vérité qui dérange laisse Washington somnoler, n'empêche que dans les dîners mondains de la Côte Ouest, Al Gore s'échappe sur toutes les lèvres, entre deux gorgées de Montebello. Le documentaire démago-pédago de Davis Guggenheim est en effet relayé par une véritable révolution verte servie en premier lieu par George Clooney (il roule en Tango électrique) et Leonardo DiCaprio, lui-même figure de proue du Tree Media Group, une société de prod' environnementaliste dont on devrait très prochainement découvrir le film The 11th Hour. Le fils prodigue de Scorsese rappelle ceci dit qu'Hollywood n'a pas attendu Gore pour devenir responsable, l'académie des Oscars assure par exemple depuis 2002 l'opération Red Carpet, Green Cars, plus communément appelée «si t'as peur de froisser ta robe Versace en auto hybride Toyota - comme George -, pas la peine de venir fouler notre tapis rouge !». Le Gouvernator enfin s'est engagé à réduire les gaz à effet de serre de 25% d'ici 2020. Reste que la véritable prise de conscience, c'est, bonne surprise, aux majors qu'on la doit. Warner Bros aurait ainsi commandé une enquête sur les émissions de CO² enregistrées en moyenne entre la pré et la post-production d'un film. Pendant le tournage de Syriana, l'équipe de production (tiens, encore George !) a par ailleurs planté 157 arbres et participé à la construction de fermes à éoliennes, histoire de faire oublier la profusion de nuages de carbone dégagés par l'éclairage, les caméras et les machines à café. Et George de s'écrier "la faute à Nespresso" ? What else...
Les réveillons, c'est toujours râté. Il y a ceux où l'on finit raide mort sur la cuvette des toilettes, la meilleure amie de votre petit(e) ami(e) affalée - et prêtant à confusion - sur vous et puis il y a ceux où l'on n'est jamais invité(e). George Lucas, ami de l'Humanité devant l'Eternel, a remédié aux deux cas : le 1er janvier prochain,il vous convie à défiler avec ses Stormtroopers sur Pasadena, Californie, mieux il vous fait cadeau de l'uniforme culte de l'armée impériale, une fois la parade achevée. Faut dire qu'il a bien du mal à motiver les troupes George, lui même cherche à se rappeler cette dernière cuite durant laquelle il aurait dit banco au parrainage du "Tournoi des Roses". Une sorte de fête des fleurs comme il en existe des centaines dans nos stations thermales pour vieux et écolos. Sachez quoiqu'il en soit que vous pouvez bloquer vos réservations dès à présent ici. Je vous laisse : je dois dépoussiérer ma cape noire, commander de la ventoline, faire mes valises et garantir pour la 100ème fois à ma girlfriend que je ne sors pas uniquement avec parce qu'elle est le clone de Carrie Fisher...
Rob Zombie est un mec sympa, sauf avec John Carpenter. Non seulement, il va envoyer aux oubliettes le premier épisode Halloween en réalisant sa préquelle mais en plus, il a négocié l'accord de Miramax pour diffuser gratuitement sur son Myspace ledit épisode. C'est tellement pas bien qu'on a décidé de s'en faire la vitrine ici aussi, histoire de saboter le sabotage (ça va, elle tient mon excuse bidon ?).
Cette semaine, c’est un peu Noël avant l’heure : quelques miracles, des cadeaux plus ou moins inattendus et des gâteaux trop sucrés. Le premier miracle, c’est Luc Besson qui déclare que Arthur et les Minimoys - qui aurait pu tout aussi bien reprendre le titre du dernier Tony Scott, Déjà vu (ill. gche), tant le réalisateur français nous montre une nouvelle fois que son seul talent est de savoir piquer à droite et gauche les recettes qui marchent - serait son ultime film. A l’annonce d’une telle nouvelle, certains – dont l’auteur de ses lignes - se réjouiront certainement. Ce serait néanmoins oublier qu’il nous a déjà fait le coup du grand départ et que, de toute manière, il continuera à sévir en tant que producteur. Aussi, plutôt que de fêter cette vraie fausse sortie, applaudissons Hors de Prix (ill. dte), un vrai miracle ou presque : une comédie française réussie, c’est suffisamment rare pour être célébrer. Mais pouvions-nous en attendre moins du talentueux Pierre Salvadori ? Il y a en effet des valeurs sûres qui nous déçoivent rarement. Comme d’ailleurs la nouvelle vague qui Outre Rhin creuse son sillon et marque son territoire discrètement mais sûrement. Après Montag, sorti il y a quelques semaines, c’est au tour de Requiem (ill.cent.) – un autre titre que le saint Luc des multiplexes aurait pu s’attribuer, tant il joue son va-tout avec le coûteux Arthur – de venir nous le rappeler. Un cadeau de Hans Christian Schmid, qui nous offre là une œuvre sombre mais habitée. Ce qui est loin d’être le cas de la plupart des films à l’affiche, y compris quand ils sont signés de réalisateurs prétendument talentueux ; en guise d’exemple cette semaine, La Flûte enchantée d’un Kenneth Branagh toujours aussi pompeux et prétentieux : une sorte de gros gâteau artificiel, qui n’a d’intérêt que sa musique, composée par un type qui ne manque pas de génie, lui. Pour finir, la vraie surprise, le vrai cadeau de la semaine : la réédition de El Topo, un western mexicain du délirant Alejandro Jodorowsky. Il nous vient de 1970, époque bénie où le cinéma pouvait se permettre quelques audaces dorénavant proscrites. Nostalgie de fin d’année, quand tu nous tiens… Autres sorties : Une jeunesse comme aucune autre, La Pacte du sang.
La question est posée depuis Confucius pour devenir l'une des plus grandes énigmes de la pop-culture (au même titre que le «qui anatomiserait l'autre le premier : l'Enterprise de Star Trek ou le Star Destroyer de Star Wars ?», voire le «qui survivrait au génocide des liliputiens : les schtroumpfs ou les snorkies ?»). Le monde geek se prête à une solide analyse du conflit. Sur grand écran, le duel existe depuis 1938 avec le début de la saga Captain Kidd (Captain Kidd's Treasure, Captain Kidd, Abbott et Costello rencontrent Captain Kidd, Captain Kidd and the slave girl...). Trou noir ensuite jusqu'aux années 80 et les comédies musicales The Pirates Of Penzance et The Pirate Movie. Si le manga One Piece a essayé de clôturer la querelle en créant des pirates ninjas, celle-ci perdure dans les salles obscures puisque Pirates des Caraïbes : jusqu'au bout du monde nous conduira aux fins fonds de l'Orient, où Johnny Depp, Orlando Bloom et leurs troupes joueront du sabre face à des ninjas tous katanas dehors. Un chien de la chienne de Gore Verbinski au site Askninja.com qui avait ouvertement descendu les deux premiers volets. Bon et vous, vous êtes plutôt Jack Sparrow ou Hattori Hanzo ?
«Les artistes copient, les génies pillent». La citation est de Picasso, repompée par Steve Jobs lorsqu’il faudra légitimer le travail d’Apple lui-même plagié sur celui de Xerox. En dehors des nouvelles technologies, cette vérité fondamentale s’applique tout aussi bien dans l’histoire des effets spéciaux et de l’animation. Ainsi George Lucas, Tim Burton ou encore les studios Aardman ont tous grugé à un moment ou à un autre de leur carrière sur la copie du vieux Ray Harryhausen. Qui ça ? Le père des plus beaux monstres cinématographiques, des morts vivants de Jason et les argonautes au dinosaure des temps perdus («emprunté» par Ishiro Honda pour créer Godzilla), en passant par les cyclopes du voyage de Sinbad aux «yahoos» (bébêtes sauvages et déformées) de celui de Gulliver. Précurseur de la technique du stop-motion, pérennisée depuis dans les derniers films d’animation Disney (le restaurant de Monstres et Cie s’appelle d’ailleurs en hommage «Harryhausen’s»), le Frankenstein du septième art s’est depuis retiré dans l’édition de comics. A 86 ans et demi, il prépare actuellement une mini-série… Jason et les Argonautes. Tom Hanks a d’ailleurs laissé entendre qu’il pourrait en ériger une copie sur grand ou petit écran…
Ca n’est un secret pour personne : les Oscars aiment à bouger leur popotin doré sur du easy-listening. D’Over The Rainbow (Le magicien d’Oz) à Que sera, sera (L’homme qui en savait trop) dans la période faste, de Flashdance au Take My Breath Away top-gunien un peu plus loin dans les 80’s, pour finir par My Heart Will Go On et le Lose Yourself d’Eminem, la cérémonie hollywoodienne aime à récompenser les mélomanes de la FM. Pas de surprises donc pour les 79e nominations de la meilleure chanson originale, toujours aussi bien garnies en soupe pop. La playlist des 56 titres retenus par l’académie compte donc, sans surprise, deux singles de Beyonce Knowles - à l’affiche de Dreamgirls -, la participation de Chris Cornell à la saga 007 plus un discret 50 Cent (Try Not To Remember, BO du guerrier Home Of The Brave) parmi les challengers. Gare aux perturbations cependant, Borat étant bien décidé à pointer sa moustache et la baguette du chef d’orchestre le 16 janvier prochain. Morceau choisi : l’hymne du Kazakhstan. Je suis persuadé qu'interprété par Rod Stewart, ça a de l'avenir en compil techno...
Pour moi, l’événement de ce lundi 11 décembre à la télévision, c’est moins la diffusion de Sartre, l’âge des passions – le téléfilm en 4 parties où Bruno Podalydès a un œil qui dit m… à l’autre – que le passage sur France 3, à 14h55, de Double messieurs. Deuxième film du comédien Jean-François Stévenin, il porte en lui ce souffle de liberté qui manque si souvent dans nos productions nationales. Deux hommes pour le moins à la dérive et souvent soumis à un état d’ébriété enlèvent la femme d’un troisième, soi disant ami d’enfance. Cette femme, c’est Carole Bouquet, magistrale à une époque où elle savait encore prendre des risques. Leurs pérégrinations, totalement imprévisibles et incohérentes, les mèneront dans les hauteurs glacées du Jura. Le ton des films de cet acteur est unique, éloigné de toute explication psychologique et laissant à l’humain le droit à la folie et à l’errance. Toujours avec drôlerie et de manière surprenante. Ce Double messieurs ne ressemble donc à aucun autre film, sinon au Passe-montagne et à Mischka, les deux autres délires poétiques signés Stévenin.
Ce n’est pas le cadeau le plus sexy de l’année, mais ce DVD sort pourtant à point nommer en cette fin d’année. Distribué en salles en mai dernier, Dans la peau de Jacques Chirac resurgit en ce début de campagne présidentielle sous la forme d’un coffret contenant le film et les habituels bonus. Ces derniers se résument pour la plupart à de l’auto-congratulation et nous rappellent toutes les dix secondes ce que la chronique parue à l’époque dans Fluctuat soulignait déjà : l’ambiguïté de ce montage qui, loin du pamphlet, rend ce « bandit » sympathique à force de bêtises, d’erreurs et de maladresse. Didier Gustin, dans Le Parler chiraquien (15 mn), le dit fort bien, entre deux numéros d’imitation et de pub : il le décrit comme « un héros de film » très humain. Les deux auteurs, Karl Zéro et Michel Royer, ont beau se défendre dans les rencontres avec le public (16 minutes d’auto-satisfaction) que telle n’était pas leur idée à l’origine et que le projet se voulait pamphlétaire. Mais ce voyage dans 40 ans de la vie politique française a fait émerger contre leur gré un personnage de comédie, bien plus attachant que ce qu’ils envisageaient. Mais leur film aurait peut-être été moins inoffensif s’ils avaient un peu moins enfoncés les portes ouvertes. En fait, si leur montage ne nous apprend pas grand chose et aligne des images mille fois vues, les bonus eux contiennent un document réellement instructif et passionnant : non pas Dans la peau de Bernadette, simple compilation de scènes coupées qui n’apporte rien à l’affaire (31 mn), mais un entretien avec Jean-François Probst. Ce conseiller, « ami de trente ans », co-fondateur du RPR et auteur de Chirac et dépendances, déballe pendant une heure sur les uns et les autres et parcourt ainsi les cinquante dernières années des arcanes du pouvoir. Sous prétexte de commenter le film, ce hâbleur, imbu de lui-même mais grand connaisseur de la cour présidentielle, débine à tout va, entouré par les deux auteurs du film. Par son aisance langagière et la richesse des références, il met involontairement à jour les manques et défauts du film, superficiel et trop référentiel, c’est-à-dire basé avant tout sur une connivence immédiate avec le spectateur. Cet entretien, après 10 minutes pénibles de congratulations réciproques, nous renseigne donc plus sur Chirac et l’éthique de nos représentants que les 100 minutes de la comédie franchouillarde qu’il vient justement compléter. Mais évoquant un temps que les moins de vingt ans ne sauraient connaître, il risque de paraître un peu obscur aux jeunes spectateurs. Une invitation à s’informer par soi-même, en quelque sorte.
Dans la peau de Jacques Chirac de Karl Zéro et Michel Royer, un DVD édité par WARNER. Bonus de l’édition collector : 5 teasers du film ; Dans la peau de ma femme ; Dans la peau des producteurs ; A la sortie du film : avant-premières du film ; Le "parler chiraquien" ; Dans la peau d'un compagnon du RPR : entretien entre Karl Zéro, Michel Royer et Jean-François Probst.
Tout homme le plus influent dans le milieu qu'il soit, Tom Cruise peut retourner au placard. Si on se référe à la liste des 100 femmes les plus puissantes du marché de l'entertainment (publiée dernièrement sur The Hollywood Reporter), son associée et alter ego Paula Wagner se classe tout juste en tête du second tiers. Pas de malaise Tommy, Oprah Winfrey, le modèle de la businesswoman US, elle-même, s'écrase à la 7e place. Mais à qui donc revient la mainmise des médias de loisirs ? A Sony Pictures pardi... et à sa présidente Amy Pascal. «La poule qui chipote» comme la surnomme ses phallocrates détracteurs - nombre de ses confrères mâles octogénaires lui reprochent une surproduction de dramas, genre autrefois intitulé «films pour ménagères» - devance d'une tête ses rivales du petit écran : Anne Sweeney, vice-présidente du groupe Disney – ABC et Judy McGrath, présidente de MTV. Curieusement, la médaille en chocolat revient à Gail Berman, responsable de Paramount Pictures... et du renvoi de Cruise. Cette dernière a été chargée de remettre le prix d'honneur Sherry Lansing à Meryl Streep, récompensant le leadership incarnée par l'actrice dans sa filmographie. Ce à quoi, l'intéressée, étonnée, vient de rétorquer : «Je ne suis le leader de quoi ou qui que ce soit. Je ne peux même pas obliger mes convives à mettre leurs plats dans le lave-vaisselle !». Sur qu'avec ça, le machisme est mort...
Annoncés pour avril 2007, Leonardo, Raphael, Michaelangelo et Donatello ont beau promettre de faire concurrence au lapin de Pâques dans un blockbuster à grand renfort d'images de synthèse, on en regretterait presque la trilogie des années 90 avec sa BO Vanilla Ice (Ice Baby)...
Mel Gibson a ouvert la brèche, la biopicmania aura fait le reste. Noël approchant, le charpentier de Nazareth agite ainsi les ferveurs des cinéastes apôtres comme des moins christiques. Paul Verhoeven a récemment entrepris de revisiter la carrière de Djizeuce, le politique pas le messie, dans Christ The Man (sortie prévue en 2008) ; Brian Grazer, producteur d'Inside Man et du Da Vinci Code, prépare The Prodigal Son, comédie mettant le chevelu face à un dilemme moral : sauver le monde de l'Armageddon ou se taper son rencard ; enfin la documentariste Heidi Ewing - à qui on doit l'une des rares incursions dans l'envers de la scientologie - signe Jesus Camp, un guide touristique pour colonie de vacances totalement love du fils de dieu. En attente de programmation française, citons également Jesus Is Magic, stand-up musical de la «Borat» américaine Sarah Silverman. Carton plein 2005 outre-atlantique, la version ciné a pourtant de quoi faire friser les brebis les plus accrochées avec au générique : racisme, scatologie, inceste, viol. Brrr, à côté Reefer Madness et son anticommunisme primaire, c'est Camping...
Le cannibale gentleman de Thomas Harris fera son come-back sur les écrans en février 2007. A l’image du sirupeux Dragon Rouge vicieux Sixième Sens, le nouvel opus est un préquel. Est même LE préquel puisqu’il explicite les origines criminelles de ce cher Docteur Lecter… ici successivement incarné par Aaron Thomas (enfant) et Gaspard Ulliel (jeune adulte). Anthony Hopkins, caricaturé par sa bouée plus que vieillissante dans l’épisode ratnerien, a préféré jouer les voix-off. A la vue du premier teaser (curieusement allemand), on se dit que la méthode de lifting numérique prochainement adoptée dans le spin-off X-Men «Magnéto», aurait évité à ce Hannibal Rising quelques clichés moins risibles. Raaah, ce qu’on est réac’ à Fluctuat !
Tout réalisateur à films comateux qu'il soit, Lars Von Trier cache une facette de sacré bout en train. Son dernier tour pendable : se prendre pour Tyler Durden et dissimuler tout un tas d'images subliminales dans ses prochains films... à commencer par The Boss Of It All, révélé en octobre dernier au Festival de San Sébastien. A priori, aucune critique n'a encore tilté sur les «intrus visuels» de Lars, cela dit la tendance pourrait rapidement s'inverser avec la prime de 5000 dollars mis en jeu par Mr Dogme. L'heureux(se) physionomiste se verra également offrir un rôle dans Antichrist, film d'horreur dont le tournage est annoncé pour l'été 2007. A coup sur d'ici là, on lira beaucoup sur les déviances sexuelles du cinéaste danois vers les lapins (aperçus récemment dans le trailer d'Inland Empire, or on sait que Von Trier gruge pas mal sur Lynch) ou les nounours en peluche de sa «copine» Björk, cobayes probables de ces incrusts rigolos. Reste l'essentiel : il y aura au moins une affiche dans sa filmographie qui ne prêtera pas à roupiller...
Dans Brewster McCloud, un « vieux » film de Robert Altman, les morts ressuscitaient pour venir parader avec les vivants sous un immense chapiteau de cirque. Le spectacle continuait, au-delà des rires et des pleurs. Leçon de vie que le cinéaste a mis en scène plus d'une fois, et ce jusqu'à son dernier tour de piste intitulé The Last show (illus. gauche). Cet ultime titre est incontestablement le film à voir en ce moment, tout simplement parce qu'il est le dernier d'un des plus grands cinéastes américains. Le noyer dans les sorties de la semaine (par ailleurs riches en images intéressantes : Paprika - illus. centrale -, Hors jeu, L'intouchable, Happy Feet - illus. droite), comme une production lambda soumise aux lois de la distribution, serait d'une cruelle indécence. Altman fut et restera l'égal d'un Martin Scorsese ou d'un Francis Ford Coppola. Son oeuvre est immense, versatile, inégale, toujours rétive aux systèmes et aux modes tout en restant en phase avec le monde. Il s'est éteint après une carrière de 50 ans entièrement au service du cinéma. Par respect pour cet inventeur et créateur hors norme, mais aussi pour le simple plaisir d'un film libre et joyeux, il ne faudrait pas passer à côté de son dernier tour de piste, tout à la gloire du chant, des femmes et du spectacle. De l'essentiel, en somme. The Last Show est donc à voir avec le plaisir de la découverte, de la nouveauté, de la surprise. Un plaisir que l'on ne pourra plus partager avec Robert Altman. Autres sorties : Fragments sur la grâce, Le cheval de Saint Nicolas, Madame Irma, Mauvaise foi, La Nativité, Red Road, Le Regard.
Brett Ratner beugle-t-il du Céline Dion sous sa douche ? Si de tels propos peuvent être poursuivis pour diffamation, gageons que le réalisateur avoue un hommage cinéphilique certain pour Titanic. Selon le story-boarder d'X-Men 3, une des scènes coupées comporte ainsi le fameux paquebot se brisant une ultime fois sous le Golden Gate de San Francisco. La ville, elle-même est rasée sous les assauts télékinésiques d'une Famke Janssen en furie. Une apocalypse visuellement impressionnante, du moins sur planches. A visionner via le portfolio d'Adrian Von Viersen... le story-boarder en question.
Certains cinéastes s’acharnent à faire des films qui, leur vie durant, seront détruits, censurés ou non distribués. René Vautier est de cette trempe, toujours en butte à l’adversité mais mû par la passion. Se définissant lui-même comme un cinéaste d’intervention sociale, il a réalisé des documentaires et des fictions que l’Etat français aurait préféré ne voir jamais exister. Les éditions Futuropolis lui rendent aujourd’hui hommage à travers une bande dessinée intitulée Un homme est mort qui raconte l’histoire d’un film que Vautier tourna en à Brest, lors des grands mouvements ouvriers de 1950. Le cinéaste a alors 23 ans. Tout juste sorti de l’IDHEC, il a déjà derrière lui une condamnation pour avoir réalisé Afrique 50. Ce film anti-colonialiste - qui sera salué à l’étranger - lui vaudra treize inculpations et une condamnation à la prison ! A l’époque, la IVème République ne rigole pas avec la critique. Recherché par la police, émigré en Irlande, il se rend clandestinement à Brest, mandaté par la CGT pour y filmer les grèves ouvrières. A l’époque, le port breton est un immense chantier. La ville, détruite par les bombardements, est à reconstruire. En avril 50, le mécontentement populaire gronde. Les grèves s’amplifient et la répression policière se fait violente. Le 17 avril, des balles sont tirées en direction de la foule. Un homme, Edouard Mazé, tombe à terre, assassiné, et vingt autres personnes sont blessées. Dès le lendemain, René Vautier arrive avec sa caméra. Il filmera les obsèques et les événements qui s’en suivront. Cela donnera un document, intitulé Un homme est mort, qui restera dans les mémoires comme une œuvre belle et émouvante mais ne sera vu que par une poignée de personnes. Car ce film n’a jamais existé que sous la forme d’une seule copie. Montré à l’époque dans les ciné-clubs à travers la France, il se désagrégea de lui-même au cours de sa dernière projection, après plusieurs dizaines de séances. Une œuvre qui mourut de sa belle mort, en quelque sorte… Aujourd’hui, grâce à cette BD, les ombres de ce film refont surface. A jamais disparu, c’est un peu de sa force et de sa vitalité qui nous est remis en mémoire. Et c’est finalement toute la puissance du cinéma de René Vautier qui nous est rappelée. Après sa lecture, on a envie de se replonger dans Avoir 20 ans dans les Aurès. Un autre film pas ou peu distribué, car TF1 en conserve le négatif qui se dégrade progressivement… un autre titre appelé à disparaître ?
Inspiré sans doute par les projets architecturaux new-yorkais pour commémorer Ground Zero, le Japon fantasme également sur la possibilité d'installer un building, icône patriotique, au coeur de la ville. Parmi les propositions en cours, notons un centre commercial Godzilla. Epousant les courbes du monstre, le monument renfermerait un bar hype dans le bras gauche, un resto chic dans le droit, un observatoire aérien sous la bouche (des phares pour les yeux) et deviendrait l'endroit idéal pour héberger des conventions de trekkies ou autres nerds sci-fi. Ishiro Honda, père biologique de la créature comme de ses consoeurs Mothra et Rodan, s'en retourne dans sa tombe. Roland Emmerich, lui, père adoptif, se demande s'il aura droit à son mausolée dédicacée. La semaine du mauvais goût n'est plus et pourtant...
A bas crayons et pinceaux, vive les pixels... L'image de synthèse est devenue depuis peu la norme en matière de long métrage d'animation. Disney a relégué au placard ses celluloids ou les expose dans des musées, les anglais d'Aardman, pourtant spécialistes de l'image par image, s'y sont mis pour réaliser Souris City, et le magnifique Azur et Asmar de Michel Ocelot n'aurait pu exister sans les calculs des ordinateurs. L'animation numérique a donc le vent en poupe et c'est tant mieux, vu la diversité et la richesse des productions proposées. C'est donc porté par cette déferlante que les e-magiciens débarquent une nouvelle fois à Valenciennes, du 5 au 8 décembre 2006. Ce festival est autant ouvert aux professionnels qu'aux novices qui voudraient juste profiter des dernières créations en la matière. Avec une carte blanche à Ocelot, il propose des films venus de tous horizons, des rencontres et des débats. La bande annonce et le programmesont disponibles surle site du festival. Pendant trois jours, des milliers d'images vont se déverser sur les écrans du nord de la France, histoire de nous rappeler que depuis vingt ans, la 3D a fait quelques progrès et que Tron peut désormais passer la main en toute quiétude aux Mickey du XXIème siècle:
"J'envisage deux nouveaux films sur le justicier Marvel avec Thomas Jane dans les deux. L'un d'entre eux est en cours d'écriture. Les scénaristes sont motivés : Jigsaw en serait le vilain !"
Jonathan Hensleigh, réalisateur de la version 2004 du Punisher (la version «1989» était passée inaperçue), ne cache pas son affection pour les crossovers. Calqué sur Freddy VS Jason et Alien VS Predator, préparerait-il un Punisher VS Saw ? Que nenni, un Spider-Man VS Borat semblerait même plus probable. Hensleigh fait en effet référence au némésis de l'anti-héros, un assassin à la solde du syndicat du crime (merci godspeed). Le serial killer John Kramer ne serait-il qu'un vulgaire copycat ?
Trop parigot-bobo ? Pas assez cyber-yoyo ? Ecrans joue les esclaves masochistes et vous tend le lasso pour se faire battre ! Participez à l'enquête Novatris - Fluctuat et déléguez-nous en 15 minutes chrono vos envies mais aussi vos manques, vos grandes espérances comme vos petites manies de surfeur cinéphile. La mienne, par exemple, c'est de tergiverser avec Jean-Luc Godard par souris interposées. «Non, mais Jeannot, dis voir mon p'tit gars, quand tu te gaves de poires cahuètes avec les copains de Studio Mag', faudrait veiller à pas balancer des inepties aussi grosses que tes hublots parce qu'ils notent tout les emplumés ! Tiens l'autre jour, je lisais comme ça l'un de tes aphorismes pour mormons dépressifs, ça disait 'le cinéma blabla est un moyen d'expression blablabla dont l'expression a disparu des écrans (silence magistral)'... non mais c'est vexant pépère, tu lis Ecrans des fois ou bien ? Tu sais qu'on peut proposer ses propres entrées maintenant ? Y'a des moments, j'me demande si t'es pas légérement mou du clic, mon vieux !». Jean-Luc Godard, c'est mon chat...
Sans surprise donc, Pedro a quitté la cérémonie polonaise tout sourire. Sacré meilleur réalisateur européen 2006 pour Volver, il était accompagné bras dessus, bras dessous de Penélope Cruz (meilleure actrice) et d'Alberto Iglesias (meilleur compositeur).Contrairement à Cannes, il s'est laissé rafler cependant le prix du meilleur scénario attribué à la très courtisée Vie des autres de Florian Henckel Von Donnersmarck. Les critiques ne semblent pas avoir visé à côté puisque l'affiche repart également avec deux consécrations dans les catégories «film» et «acteur européen». Le cinéma d'outre-manche s'avère le grand perdant de la distribution puisque, sur ses 11 nominations, il n'empoche qu'une anecdotiue récompense pour la photographie du Vent se Lève. Les Froggies, à l'inverse, s'en sortent avec les honneurs : ceux de 13, tzameti, découverte de l'année, des chefs déco de La Science des Rêves et de Garrel Sr, prix de la critique pour Les amants réguliers. On passera sur la pub très décolletée de Sophie Marceau concernant son prochain long-métrage (Trivial avec Christophe Lambert et Marie-Christine Barrault) ou les quelques dzien dobry et dzienkuje écorchés de Julie Delpy. De quoi jeter aux oubliettes la légende du plombier polonais...
Zizou est plus humain que l'humain. Ainsi pourrait-on tirer morale de ce Portrait du XXIe siècle, ovationné à Cannes et prêt à ressusciter la ola en live du sofa avec la sortie DVD de ce docu-testament le 5 décembre. Loin de l'auréole qu'on se borne à lui dresser sur sa calvitie, l'ex-capitaine des Bleus est filmé sous tous les angles par Philippe Parreno et Douglas Gordon. Prouesses de réalisateurs : on suit 90 minutes durant, les fluctuations mentales de l'homme sous le maillot – ici espagnol -, de la maîtrise à la hargne, du triomphe à la chute... comme un avant goût de sa fin de match. Bonus heureux, la parole est donnée au premier cobaye de sport-réalité dans une interview plus qu'à nu. On se plaira également à visionner les prolongations, du making of (avec un staff comprenant les cadreurs de David Lynch ou le directeur de la photo de Jean-Pierre Jeunet, la dream team est ailleurs que sur le terrain) ou la galerie photos du film, également admirable sur Flu, le mag.
En guise de coup de sifflet lançant la parution de l'édition DVD, nous mettons en jeu 5 galettes de Zidane, un portrait du XXIe siècle (1er au 5e prix), 3 BO signées Mogwaï (6e au 8e prix) ainsi que 2 livrets photos du documentaire (9e et 10e prix). Principe du concours : répondez aux trois questions ci-dessous et à la question subsidiaire, envoyez vos réponses à david@fluctuat.net avant le 18 décembre minuit, coordonnées incluses. A vos crampons de souris...
Ze questions :
1) Quelle affiche titanesque sert de point de départ au documentaire Zidane, un portrait du XXIe siècle? - Real Madrid - Villareal - France - Italie - Juventus de Turin - Milan AC
2) Combien de caméras ont été utilisées simultanément pendant le tournage ? - 1 - 17 - 45
3) A quel autre générique, Zidane sera-t-il prochainement crédité ? - Inland Empire de David Lynch - Le remake des Maîtres de l'Univers par John Woo - Astérix aux jeux olympiques de Thomas Langmann
Question subsidiaire : quels sont les derniers mots de Materazzi pour Zizou durant la tragi-comique finale de coupe du monde 2006 ?
Coincé entre les prix littéraires et le début de l’hiver, est arrivé le nouveau Bonitzer. Je pense à vous dit son titre trompeur. «…à vous», ce n’est pas nous, le public, semble-t-il. Alors, à qui pense vraiment Pascal Bonitzer en réalisant ce film ? Pas à ses acteurs non plus, nombreux et talentueux, mais dont les personnages sonnent un peu creux car trop légers, trop évanescents, voire caricaturaux. Ils ne sont pourtant pas à blâmer. Edouard Baer est drôle sans en faire trop, Hippolyte Girardot papillonne gaiement, et Géraldine Pailhas, superbe et touchante, tire son épingle du jeu avec charme et justesse, comme souvent. Non, il pense plutôt au milieu littéraire qu’il connaît si bien, à l’édition parisienne et ses petits secrets dont il se serait inspiré…peut-être. Cette démarche plutôt vaine et nombriliste aurait très bien pu être sauvée par des idées de mise en scène ou l’instauration d’un climat particulier.
Rien de tout cela n’arrive hélas. Le rythme est bancal, alternant entre rebondissements exagérés et temps morts involontaires. La caméra semble posée au hasard, sans idée, se reposant sur la qualité de dialogues qui ne suffissent pas à cacher un certain vide. Difficile dans ces conditions, de s’intéresser aux chassés-croisés de ces «parisiens d’élite». Heureusement, quelques saillies verbales de qualité font naître un sourire : c’est maigre. Ne cachons pas notre déception : cette étrange collaboration, prometteuse sur le papier, entre Marina de Van, co-scénariste, et l’auteur de Petites coupures n’aboutit pas vraiment. A l’image de son précédent film, Pascal Bonitzer ne sait pas quel chemin choisir parmi les diverses pistes suggérées. Dommage, car l’inquiétante Marina de Van (Une robe d’été, de François Ozon; Dans ma peau) semblait ouvrir une voie, vite abandonnée, entre le fantastique et le démoniaque, qui titillait la curiosité. Le Bonitzer nouveau est donc un cru mineur…que l’on aurait cru meilleur. Il arrache des sourires, rares, mais n’étanche pas notre soif de cinéma, et à peine notre faim de mots.
Le festival de Vendôme, ville située rappelons-le à 45 minutes de Paris, existe depuis 15 ans, et a pris l’excellente habitude de déroger à toutes les nôtres. On y trouve ainsi non seulement des longs métrages inédits et très attendus tels que Ping-Pong de Matthias Luthardt, Golden Door d’Emmanuel Crialese ou Jours d’Aout de Marc Recha, mais aussi des courts et moyens métrages, des clips de Gaëtan Chataignier (bassiste des Little Rabbits), des installations de S. Louis ou Ange Leccia ou encore des expositions et des performances. Tout ce fastueux programme se retrouve ici. Aux esprits curieux et (un peu) voyageur, voilà une noble invitation !
La guerre, toujours la guerre. Apocalypse Now, Voyage au bout de l'enfer, Full Metal Jacket, La ligne rouge... Les plus grands films sont généralement des films de guerre, allez savoir pourquoi. L'instinct belliqueux de l'Homme sans doute. Au Majestic Bastille, le thème servira d'inauguration aux mardi thématiques du cinéma. Premier épisode le 5 décembre prochain à partir de 20h avec les projections de Dr Folamour et d'Europa. Deux visages de la guerre donc, d'un côté la satire version Kubrick, de l'autre l'apocalypse signée Von Trier. Deux génériques qui seront d'ailleurs décryptés et prêteront à présentation par notre Monsieur Cinéma : Manu.
En partenariat avec Fluctuat.net, le Majestic Bastille offre donc 30 invitations pour une séance au choix : Dr Folamour à 20h ou Europa à 21h40. Pour repartir avec votre place, rien de plus simple : on se met au garde à vous, on cogite à la question «Quel film de Sydney Lumet se rapproche du synopsis de Dr Folamour et a fait l'objet d'un remake – avec George Clooney et Harvey Keitel – en 2000 ?»... et on rend sa réponse au sergent chef Daveinthehay avant mardi matin et à l'adresse suivante david@fluctuat.net. Rompez !
Majestic Bastille 4, boulevard Richard Lenoir, Paris 11e M° Bastille
Vous aimez les chats, vous détestez les brunes à forte poitrine, vous n'êtes pas sensible à l'humour non sensique et lui préférez les bons mots subtils... Alors ne regardez pas cette vidéo!
Profitons de la diffusion sur Canal + de Masters of horror (au menu cette semaine Tobe Hooper et Stuart Gordon ) pour évoquez avec un brin de nostalgie une série pionnière en la matière - c’est-à-dire « invitons les géants du grand écran à faire joujou avec le petit » -, la bien nommée Amazing stories. D’autant qu’elle est disponible depuis cette été en DVD zone 1 (non sous-titrée français), et que peut-être un jour, après quelques cierges brûlés, nous pourrons la trouver dans nos bacs en zone 2.
Créée par Steven Spielberg en hommage à la séminale et toujours jeune Twilight zone, et s’inspirant pour son titre d’un des meilleurs pulps du genre (cf. ill. gche), elle fit l’événement dans les années 80. Enfin elle le fit ailleurs qu’en France, car chez nous, elle fut diffusée dans des émissions pour enfants sous le titre de Histoires fantastiques. C’est pour dire l’immense considération qu’on lui accorda, alors même qu’elle alignait à son générique au poste de réalisateur : le créateur de E.T. (qui en était aussi le producteur et le scénariste), l’indispensable Joe Dante , Martin Scorsese , Clint Eastwood, Danny de Vito et quelques autres de moindre importance. Et loin de se contenter de cette jolie brochette, qui aurait pu se suffire à elle-même, la série leur offrit un espace de création personnelle.
Ainsi Scorsese y développe en moins d’une demi-heure un terrifiant récit proche du Horla de Maupassant, où un romancier genre Stephen King croit être poursuivi par une ombre vue par lui seul. Une histoire d’angoisse et de peur psychotiques, comme les aiment celui qui filma dans ses longs métrages tant de grands paranoïaques (à voir sur You tube, en trois parties téléchargées tout à fait illégalement). Et Eastwood nous raconte encore une fois un conte de fantômes et de mort, où un peintre – joué par un Harvey Keitel à la barbiche, ill. dte) – retrouve sa défunte épouse (Sondra Locke, la Mme Eastwood de l’époque) par la grâce d’un portrait magique. Cela n’est pas sans rappeler une nouvelle d’Edgar Allan Poe. Et montre que Spielberg ne se gêne pas pour piller les patrimoines littéraire et cinématographique. Mais quand on voit le résultat, on n’en a que faire. La première saison contient en effet de petites perles – moins sanglantes il est vrai que celles de Masters of horror - qu’il serait bon un jour de repasser à la TV. A regarder comme on ouvre un vieux livre, au coin du feu et toutes portes closes.
Saviez-vous que John Woo rêvait de produire Les maîtres de l'Univers sur grand écran ? Passons encore pour son addiction à Métroïd - qu'il adaptera l'an prochain - mais là, le réal s'attaque à du lourd : un dessin animé alibi d'une licence de jouets Mattel, dont l'un des personnages principaux s'appelle Fisto le bûcheron et qui a donné vie à la culture bodybuilding dans les années 80... même Michael Bay pouffe. Il n'est pas le seul : The Rock, déprimé à l'idée de porter une perruque blonde pour camper Musclor, vient de se désister, compromettant sévèrement le projet, ce dernier traînant sur le bureau de la Fox depuis six ans. On se contentera donc de la version Dolph Lundgreen qui fêtera bientôt ses 20 bougies. Cadeau d'anniversaire : ce trailer anthologique mi-Star Wars, mi-V et un petit jeu pour le week-end : saurez-vous reconnaître la brunette qui hurle pendant cette minute trente ?
Steven Soderbergh n'est plus le seul à faire frissonner les exploitants de cinéma. Bien que son Bubble se soit soldé par un échec commercial global, il a quand même provoqué pas mal de hauts-le-coeur dans le milieu en sortant simultanément en salles, en édition DVD et en ligne. Google, qui ne recule devant aucun festin, s'est lancé également depuis juillet dernier dans la VOD. Cobaye de l'entreprise : Automne, polar franco-américain et première affiche de l'énigmatique Ra'Up McGee (pas une biographie sur le personnage, ça sent l'alias à plein nez). Le film, hommage mesuré à Melville avec entre autres Irène Jacob et Jean-Claude Dreyfus au cast, a été projeté l'an dernier de manière confidentielle aux Etats-Unis avant d'exploser sur Google Video US. Un demi-million de connections depuis, à 4 dollars l'unité (10 si vous ne supportez pas le streaming), on vous laisse faire le compte.
En France, Automne est diffusé gra-tui-te-ment, la filiale hexagonale planchant en attendant sur une solution de paiement adéquate à ses services. L'industrie ciné (comme celle de l'édition et de la presse avant elle) s'insurge : Google se pose en effet en sauvageonne face aux principes d'exploitation cinématographique qui fixent à 6 mois après sa sortie en salles le délai exigé pour la commercialisation d'un film en DVD et à 9 mois pour celle en VOD. Réponse du berger à la bergère : il s'agirait d'une logique de partenariat et non d'exploitation entre Google et l'auteur, ce dernier essuyant le refus des distributeurs depuis 5 ans. Drôle de mécène pour situation malsaine, Automne, lui, joue aux trois singes et continue à s'effeuiller sur la blogo.