Viktor Kossakovsky en quelques sons Jeudi 16 mars, le festival Cinéma du réel présentait Svyato (illus.), le dernier film de Viktor Kossakovsky. Brillant, un brin mégalomane, l’éminent représentant du Studio de films documentaires de Saint-Pétersbourg a signé en quinze ans de carrière 8 films, la plupart remarquables, quels que soient les supports utilisés – pellicule ou vidéo, en fonction du matériel qu’il pouvait trouver. Le cinéma de Kossakovski révèle, comme le souligne Antony Fiant, « les zones sensibles de frottement entre lui-même, ceux qu’il filme et le spectateur », constat qui s’enracine dans les conditions mêmes du tournage : le Pétersbourgeois est la plupart du temps son propre opérateur. Pour Kossakovski, la personne la plus importante du cinéma documentaire est en effet le caméraman, le premier, « au moment de la prise de vue à unir l’éthique et l’esthétique, en convertissant l’événement en image ». Difficile de couvrir d’un trait une filmographie qui recèle autant de trésors, depuis le portrait barré d’une famille rurale en forme de jeu de bascule tragi-comique permanent (Belovy, 1993) jusqu’à son avant-dernier opus (Tische !, 2003), filmé depuis la fenêtre de son appartement pétersbourgeois, chronique du théâtre de la rue, parabole cachée d’un certain état de la Russie contemporaine et machine à remonter l’histoire de l’art. Kossakovsky pratique un cinéma en liberté, charnel et cérébral, démesuré et fantastique, très russe (tendance Gogol), mais dont le résultat s’apparente parfois à ce que l’on a appelé à une époque – mais sous d’autres latitudes – le réalisme magique. Pour en savoir plus, on pourra écouter ce reportage, tout en finesse d'Emmanuel Chicon :
Eléments sonores tirés de l'oeuvre de Kossakovsky et de : Commentaires
De flyer, posté le 20.03.06 à 21:18
![]() Mince... un post hume. (^_^) De Sandor, posté le 20.03.06 à 21:30 ![]() Et il y en aura d'autres... Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum cinéma :
|