On ne dira jamais assez de bien de ces Rencontres du Cinéma Documentaire, qui depuis 12 ans déjà offrent une programmation toujours impeccable, et un lieu de réflexion vivant sur l'état du cinéma. Sur un thème inespéré, La Comédie documentaire, la programmation de cette année essaie de sortir le documentaire de son image volontiers lugubre et dure pour se tourner vers des horizons plus rares et pourtant assez nombreux... ceux du cinéma documentaire de création. Avec une figure de proue majeure : Luc Moullet, et ses délires burlesques où le cinéaste se confronte au réel (Ma première brasse, Essai d'ouverture). A ne pas rater, un des premiers films d'Emmanuel Mouret, Montre-moi, où son jeu malicieux faussement naïf et vraiment piquant se met en place. L'Italien Claudio Pazienza serait un peu le pendant documentaire d'un Moretti. Bavard, curieux, plein de mauvais esprit, il perpétue une tradition comique où le cinéaste se propose comme grain de sable enrayant la roue du réel.
A ne pas rater aussi la rétrospective consacrée cette année au Russe Sergueï Dvortsevoy, immense cinéaste dont l'oeuvre de tout juste quatre films est une pure merveille. Quatre documentaires (Le Jour du Pain, Paradis, Highway, Dans le noir) qui ouvrent sur un abîme de sens, alors qu'ils ne s'attachent finalement qu'au quotidien de communautés et d'individus pauvres et isolés. Par sa manière de laisser le réel advenir sous des formes éblouissantes, surprenantes, émouvantes, parfois drôles, le cinéaste parvient à nous plonger dans des situations aussi tendues de réalité que dépassées par elle. Une magie opère.
12eme Rencontres du cinéma documentaire - du 9 au 16 octobre - cinéma le Méliès à Montreuil.
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