Agréables et vivantes, les 18èmes Rencontres Cinéma d'Amérique Latine de Toulouse se sont conclues par un palmarès qui ne peut que partiellement rendre hommage à la qualité des films proposés. La sagrada Familia de Sebastián Campos (Chili) a reçu le Grand prix coup de cœur et le Prix FIPRESCI de la première oeuvre pour " son originalité et sa créativité" (repris au Latina, à Paris, le 28 mars à 19h30). Tourné en 3 jours, caméra au poing, et en partie improvisé, ce film a malheureusement échappé à notre vigilance. Le Prix spécial du jury a été attribué à Madeinusa de Claudia Llosa (Pérou), une plongée réussie au cœur d'un village perdu des Andes aux mœurs surprenantes, un récit original, hors du temps et haut en couleurs, fortement marqué par la religion. Le Prix Découverte de la Critique Française de Cinéma et le Prix Rail d’Oc sont allés à La suerte está echada de Sebastián Borensztein (Argentine), une comédie loufoque, un peu facile mais parfois maligne, plutôt intelligente dans son absurdité assumée, et dont certaines exagérations évoquent les frères Farrelly. Le Prix du Public est revenu à En la cama de Mathias Bize (Chili). Précisons que ce dernier est également co-réalisateur, avec Sebastian Campos, du très séduisant Juego de Verano, un film étonnant et amoral, qui témoigne de la vitalité du Chili, un pays qui aura été la grande révélation de ce festival. Enfin, le prix Courtoujours a été décerné à Dos icebergs de Alvaro Muñoz (Chili), 15 mn magnifiées par l'imminence de la mort, où un visage émergeant à peine d'une coulée de boue raconte à un autre aussi mal loti une blague sur Pinochet. Écrites avec finesse, elles alternent entre humour, tendresse ou pathétique avec une grande justesse. Un palmarès cohérent qui met à l'honneur un cinéma chilien que l'on suivra avec attention ces prochains mois. Certains de ces films seront projetés le 28 mars au Latina, à Paris dans le 4ème, à 19h30 et 21h30.
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