On avait repéré son nom au générique d'un film, Avec les mots des autres, au premier plan inoubliable : deux garçons de dos qui se mettaient à jouer ensemble et au piano la chanson de Dominique A, le Courage des oiseaux. Un sens du ryhtme, une fragilité et une fantaisie qui se retrouvaient, décuplés et gracieux, dans son second court, Pétunia et naphtaline. Présenté à peine sorti du labo, le nouveau film de Frank Vialle, HOM (Heart of Mine), tient toutes ses promesses de mélancolie musicale et fragmentée. Il y a son groupe, Marker, présent dans tous les films du jeune cinéaste, qui joue live dans une forêt. Il y a aussi un architecte, qui semble méditer au sens de sa vie dans ses petits instants anonymes. Il y a enfin Frank Vialle lui même, en famille. Quand on le voit au piano, comme une citation de son premier film, on se dit que son cinéma se promène librement entre l'esprit de troupe et l'individualisme de ses modèles affirmés de la Nouvelle Vague. Son cinéma s'affranchit ainsi en chantant des codes du court-métrage actuel, et cela fait du bien. On l'attend désormais sur le territoire des longs.