La vie en boite... à tartinesOn ne vous a pas parlé cette année du festival parisien Bobines sociales, dévolu comme son nom l'indique au documentaire..social. Le festival s'est terminé dimanche soir avec un film aussi inattendu que drôle et intelligent. La boite à tartines de Floriane Devigne est une improbable épopée en mode mineur dans la Belgique d'aujourd'hui.
Particularisme local ( la boite à tartines les frontières jamais ne dépassa) l'objet témoigne notamment de la lente agonie de la classe ouvrière, des gamelles emportées à l'usine ou sur les chantiers pour ne perdre ni temps ni argent, pragmatisme toujours en vogue aujourd'hui dans les petites entreprises qui peuplent encore le désert industriel wallon ou flamand. Car à la boîte à tartines si elle renferme des clivages sociaux patents, ne recoupe pas la fracture entre francophones et flamands, angle d'attaque exclusif de tous ceux qui parlent de la Belgique aujourd'hui.
On l'utilise aussi dans les modestes usines de...boites à tartines du par ailleurs florissant port d'Anvers. Ou dans les écoles communales où les enfants des classes populaires entreposent leur sandwichs froids – la cantine étant hors de portée des bourses parentales.
Ce sont donc bien des "traces politiques" présentes selon Marx (dont une citation ouvre le film) dans tout objet manufacturé que contient cette boite ouverte par Floriane Devigne. Commentaires
De Iris, posté le 04.02.08 à 09:35
![]() Sympatoche comme notule matinale E sauf le sandoc là tout de suite devant mon pt'tit dej brrr.. De Véro, posté le 04.02.08 à 13:47 ![]() Je tiens à préciser que la boîte à tartines est AUSSI liée une habitude alimentaire des belges : Ils ne mangent JAMAIS chaud deux fois dans la journée. Le midi ou le soir, c'est au choix : Soit un repas chaud avec viande accompagnée de légumes ET des pommes de terres -il y a toujours des pommes de terre dans l'assiette, soit un repas froid composé de tartines avec du fromage ou de la charcuterie. Hyper connu le platekkeis ! Si tu es invité à manger chez des belges et que tu ne veux pas manger de tartines, il y a intérêt à se renseigner avant car ils ne font pas d'écart sur cette coutume ! Les cantines belges sont effectivement séparées en deux : D'un côté sont installés ceux qui prennent des repas chauds et de l'autre ceux qui ramènent la boîte à tartines. L'objet témoigne notamment de la lente agonie de la classe ouvrière... Il ne faut pas exagérer. Ce n'est pas seulement une question de fric, il y a aussi une tradition qui persiste. Beaucoup de belges trouvent que manger froid le midi, c'est non seulement plus économique mais aussi plus simple, surtout s'ils n'ont pas envie de se déplacer pour aller manger. Ici en France, les ouvriers se déplacent souvent sur des chantiers avec un réchaud à gaz pour se faire sa popote. En Bélgique, hop tartines, ni vu ni connu ! Ma mère était ouvrière et mère célibataire et nous mangions toujours chaud le midi malgré nos pauvres moyens. Alors il ne faut pas tout réduire à des clivages sociaux !!!
De EW, posté le 04.02.08 à 14:50 ![]() Oui j'ai négligé l'aspect directement sociétal et culturel de la boîte à tartines, que je mentionne un peu rapidement par" particularisme local" le film n'oublie pas cette dimension et évoque en effet la pratique courante d'un seul repas chaud par jour. le pragmatisme dont vous parlez n'est certes pas étranger à cela mais la dimension sociale reste importante : le cas des cantines d'écoles ou des petites structures n'ayant pas les moyens de la restauration collective est assez saisissant sur ce plan là. alors mea culpa, j'ai vraisemblablement surinterprété une lecture très subjective Merci de votre éclairage crypto : sage (j'y viens j'y viens....) E De Véro, posté le 04.02.08 à 15:16 ![]() L'école où j'étais possédait ses propres cuisines -on mangeait plutôt bien- et magré tout, la moitié des enfants qui occupaient la salle apportaient leur tartines. Une de mes amies mangeait froid par souci d'économie, en effet. Moi, je mangeais chaud simplement parce que ainsi ma mère n'avait pas à cuisiner le soir (voilà pour le côté pratique). Comment ça se passe ici en France pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer la quantine, qui se révèle parfois astronomique (de 4 à 7 euros/repas) ? Il n'y a pas de grandes différences économiques entre nos deux pays. En tout cas, les belges s'accrochent à cette pratique de la boîte à tartines. Ca m'aurait plu de le voir ce film. De EW, posté le 04.02.08 à 16:47 ![]() Il n'est pas exclus que dans un avenir proche le film soit disponible sur vodeo, site dévolu au documentaire on vous le dira dès que ce sera le cas Ajouter un commentaire |
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