Grâce à son étonnant sujet, Tony Manero, réalisé par le Chilien Pablo Larrain, constituait un des buzz de la Quinzaine des Réalisateurs : au Chili, en pleine dictature de Pinochet, Raùl est obsédé par Tony Manero (le personnage qu'incarne John Travolta dans La Fièvre du samedi soir). Il conçoit un spectacle de danse avec son entourage et s'inscrit à un concours télé d'imitateurs. Autre détail, notre ami se mue occasionnellement en assassin. On attendait donc un mêlange explosif de Disco et de Podium, mâtiné d'une réflexion sur le trouble identitaire en temps de dictature.
Présenté il y a quelques jours, le film a troublé plus d'un spectateur. Se déroulant dans une atmosphère trash et s'échinant à rendre son personnage principal antipathique, Tony Manero s'impose comme le virtuose portrait d'un lâche et d'un égoïste.
Parmi les scènes mémorables, on citera le moment où Raùl défèque sur le costume de scène d'un concurrent, les furieuses avances qu'il fait à la fille de sa fiancée ou encore la séquence qui le voit agresser une vieille dame pour lui voler sa télé, à la manière d'un Benoît Poelvoorde dans C'est arrivé près de chez vous.
Les avis sont partagés, mais nous avons pour notre part adoré.
Les deux camps s'accordent en tout cas sur un point : Disco, c'est la salle d'à côté...
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