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J'ai tué Berlusconi... mais discrètement

Posté par Damien L. le 20.06.08 à 16:21 | tags : bande annonce, italie
La comédie intitulée "J'ai tué Berlusconi" (Ho ammazzato Berlusconi) sort aujourd'hui en Italie dans seulement trois salles, à Rome, Turin et Florence. "Le titre du film a fait peur aux distributeurs" a déclaré à l'AFP la responsable de Collepardo Film, producteur du film. "Nous avions un accord avec un circuit de salles, implanté à Rome et Florence, qui nous a laissés tomber au dernier moment".
Adapté d'un roman d'Andrea Salieri (publié en 2003) et réalisé par Gianluca Rossi et Daniele Giometto, J'ai tué Berlusconi s'intéresse d'après le dossier de presse au "rapport ambigu entre la réalité de la vie sociale et sa représentation dans les médias et l'imaginaire collectif" à travers l'histoire de Matteo qui, après une dispute avec sa femme, renverse en voiture un homme qui n'est autre que Silvio Berlusconi.
Le film a logiquement été mis en chantier avant que Silvio Berlusconi ne retrouve le pouvoir, en avril dernier; et les auteurs ne soupçonnaient sans doute pas qu'Il Cavaliere reviendrait si vite aux responsabilités.

 

Voici la bande-annonce de J'ai tué Berlusconi :

 

Est-ce uniquement le titre (qui rappelle le polémique Death of a President, évocation de l'assassinat imaginaire de George Bush) qui a desservi le film ? Ou plus globalement le choix de traiter de l'homme le plus riche d'Italie et de la collusion des pouvoirs ?
Jusqu'ici, seul Nanni Moretti avait intégré le personnage de Silvio Berlusconi à une fiction cinématographique, avec Le Caïman, qui avait remporté en 2006 un franc succès; mais le nom de Berlusconi n'y était jamais cité et le procédé d'un "film dans le film" permettait d'aborder de façon détournée les sujets qui fâchent. Si J'ai tué Berlusconi sortira le 27 juin dans deux salles supplémentaires -à Catane (en Sicile) et à Naples-, il semble qu'un tel sujet soit trop frontal pour une Italie encore très divisée sur le personnage.
Il nous faudra cependant voir cette oeuvre avant de juger de sa portée politique et de son éventuelle affiliation à la nouvelle vague italienne des films engagés (rappelons que Gomorra et Il Divo ont respectivement reçu le Grand Prix et le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes).

Commentaires

De Dede, posté le 20.06.08 à 17:11 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Le livre de Tabucchi , Perreira Prétend, en 1995 est apparu comme l'un des symboles de l'opposition à Silvio Berlusconi. J'aimerai beaucoup le lire, il doit avoir conserver toute sa force 13 ans après.

De Justice, posté le 21.06.08 à 18:14 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
C'était un suicide commercial de prendre un tel titre. D'autant que citer le nom de figures politiques contemporaines n'est pas artistiquement intéressant. En France le dernier grand film politique était L'Ivresse du pouvoir, mais lui-même ne citait pas les vrais noms...

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