Considéré comme le nouveau roi de la comédie américaine, Judd Apatow a réussi en quelques années un vrai tour de force : qu'il en soit réalisateur, scénariste ou producteur, on présente désormais toute oeuvre sur laquelle il a travaillé comme "un film de la bande Apatow" ou "un film qui porte la marque de Judd Apatow". Aux Etats-Unis, la présence de son nom au générique est devenue une garantie de succès, ce qui était auparavant le privilège d'une poignée d'acteurs comiques.
En France, si aucun des films de la "bande Apatow" n'a réellement triomphé, les affiches de SuperGrave et de Sans Sarah, rien ne va (films dont Judd Apatow est simplement producteur) portent la mention "par les créateurs de 40 ans, toujours puceau" (qu'il a écrit et réalisé).
De quoi est donc constituée cette fameuse "patte Apatow" qui lierait toutes ces comédies ? On parle d'une alliance de tendresse et d'humour potache, d'une parfaite maîtrise des références culturelles post-80, d'une modernisation des thématiques des Frères Farrelly et d'une façon unique d'aborder les problèmes existentiels du nouveau citadin occidental (En cloque, mode d'emploi en constituerait le parfait exemple). Mais tous ces films sont-ils d'une même qualité et l'influence d'Apatow sur le résultat final est-elle si grande qu'on veut bien le croire ?
Il y en a en tout cas un qui semble ne voir en Judd Apatow qu'un imposteur au succès immérité : Mark Brazill, créateur de la série culte That 70's Show, qui reproche à Apatow de lui avoir volé des idées de scénario lorsque les deux amis débutaient dans le métier. Ils se sont expliqués à ce propos dans un virulent échange de mails, publié après-coup par Harper's Magazine. Mark Brazill y accuse également Apatow d'avoir tiré parti du succés d'estime de la série Freaks and Geeks, dont le mérite ne reviendrait qu'à son créateur, Paul Feig. Si cette correspondance date de 2001, elle révèle l'existence de rivalités et de susceptibilités bien enfouies à Hollywood.
Alors, Judd Apatow est-il vraiment en train de révolutionner la comédie américaine ? Son talent n'est-il pas tout bonnement de savoir s'entourer des bonnes personnes ? On peut par exemple essayer de distinguer la présence d'une éventuelle "patte Apatow" dans les deux vidéos suivantes :
- Générique de la série Freaks and Geeks (dont Judd Apatow fut producteur), 1999 :
- Bande-annonce de Sans Sarah, rien ne va (dont Judd Apatow est co-producteur), 2008 :
De Bishop, posté le 21.06.08 à 19:06 
En tout cas, Supergrave, 40 toujours puceau, en cloque mode d'emploi, et Sans Sarah sont vraiment excellents. Je suis fan du genre
De chandleyr, posté le 21.06.08 à 21:37 
En fait la patte est un chouilla entrain de prendre l'eau vu que ses deux dernières prods n'ont pas franchement rencontrer le succès qu'il esperait. Mais le prochain normalement à un casting de fou seth rogen, eric bana et adam sandler. Si avec ca il retrouve pas la barraka. La meilleure chose qu'il est fait au final reste 40 ans et tjrs puceau. Film qui derrière son côté potache est plus sensible qu'il n'y paraît.
De Robben, posté le 22.06.08 à 12:51 
Il est mignon ce générique de Freaks and Geeks. Les jeunes Seth Rogen et Jason Segel étaient loin de se douter qu'ils seraient les futurs stars du cinéma d'Apatow...
De Jasm1, posté le 23.06.08 à 10:58 
Et nous étions loin de nous douter que Shia Le Boeuf et Jason "no face" Schwartzman (z'ont commencé dans cette série) tiendraient un jour le haut de l'affiche. Comme quoi, on ne peut pas toujours crier au génie d'Apatow...