30 ans après avoir réalisé son premier long-métrage, Le Nid familial, Bela Tarr est aujourd'hui une signature essentielle du cinéma européen. Distribué pour la première fois en France en 2003 (avec Les Harmonies Werckmeister), le cinéaste revient aujourd'hui en salles avec L'Homme de Londres (dont vous pouvez lire la critique de Flu), adapté de Georges Simenon. Présenté en sélection officielle à Cannes en 2007, le film y avait reçu un accueil très mitigé. La version qui sort en France a depuis été doublée en français et anglais, sous l'égide du réalisateur.
Réduit hâtivement au statut de cinéaste contemplatif, adepte du plan-séquence et partisan de "l'art pour l'art", Bela Tarr est surtout un incroyable démiurge. Capable d'embrasser en une scène des pans entiers d'émotions et d'Histoire, le réalisateur hongrois nourrit également une curiosité pour la violence dont les hommes sont capables.
Le cinéaste a confié aux Cahiers du Cinéma vouloir arrêter le septième art après son prochain film, tout en livrant une forme de traité esthétique : Je ne supporte plus ce deal entre les pauvres et la société, comment ils sont forcés à accepter cet ordre, et on accepte ce monde de merde, c'est incroyable. Alors non, je dois montrer ce qui se passe vraiment : les gens en ont marre, leurs émotions sont fortes, puissantes. Et la question est : comment ces émotions sont exploitées, contrôlées, avant la grande explosion.
Si les extraits suivants ne peuvent livrer qu'une vision fragmentaire de l'oeuvre de Bela Tarr, on ne résiste pas à l'envie de les montrer :
- Extrait de Damnation (1987, sorti en France en 2005) :
- Extrait des Harmonies Werckmeister (2000) :
- Extrait de L'Homme de Londres (2008) :
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Pour moi, un des meilleur cinéaste de notre époque :)
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