Mesrine animal indomptable, Mesrine libertaire magnifique, Mesrine sociopathe criminel... On ne manque pas d'interroger la figure la plus fascinante du banditisme français. Fortement érotisé dans Mesrine : L'Instinct de mort, Jacques Mesrine y apparaît dans toutes ces dimensions.
Jean-François Richet se garde habilement de tout jugement moral pour donner à voir le parcours tout en rupture d'un homme dont la vie ressembla à une course folle et finit chasse à l'homme.
Mais Mesrine est aussi le symbole absolu de la défaite obligée de l'individu seul face au système.
Tout le monde le sait, Mesrine meurt à la fin - ce n'est pas l'enjeu, le film s'ouvre d'ailleurs sur la terrible fusillade finale porte de Clignancourt (voir à ce propos sur Flu la cavale de Mesrine en vidéos d'époque). Il y a un détail que tous les chanceux qui ont vu (et pour notre part adoré) le deuxième volet Mesrine : L'Ennemi public n°1 connaissent : on dit Mérine et pas Mesrine. " Tu dis pas Miromessenil, comment tu dis toi tu dis Rosseny-sous-Bois?" s'agace Vincent Cassel face à un policier.
Qu'un mégalomane complet ivre de lui-même et soucieux de sa propre image (son livre L'Instinct de Mort - le livre, ses entretiens monnayés, ses arrestations mises en scènes au Champagne...) n'ait pas réussi à imposer la prononciation exacte de son patronyme est un exemple trivial de son incapacité à dominer le système- même s'il est vrai que pour la légende Jacques "Mérine" fait quand même plus agent d'assurances que révolutionnaire romantique.
On comprend mieux qu'il s'agit moins de donner à voir l'incroyable liberté du gangster, que sa défaite flamboyante et programmée. Ce que nous dit la saga de Mesrine c'est qu'à la fin tout redevient normal, que rien ne change et qu'on continuera même vingt ans plus tard à écorcher son nom.
Une forme amère de happy-end qui renvoie l'excellent dyptique de Richet à la case divertissement. Une raison parmi d'autres de penser qu'il peut réussir le hold-up sur les recettes...
Sur Flu : le dossier spécial Mesrine, l'homme, le mythe, les films
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Ma mauvaise foi n'attend jamais le consentement mutuel ^^
De fevrier, posté le 12.11.08 à 12:29Et pourtant c'est drôle mais pour une fois, j'ai l'impression que je ne suis pas seul à bougonner sur un fait. A la lecture des avis de spectateurs piochés ici et là sur le web2, beaucoup d'internautes s'entendent à dire que le film est bon (i agree, il a quelque chose ce film, loin des merdes biopicales que le cinéma français a l'habitude de nous servir) mais qu'il aurait ptetre était mieux avec un autre acteur. Heureusement pour le biopic, Cassel a beau s'évertuer à vampiriser "ses" films, il n'y parvient jamais. Peut-être un jour, quand il aura appris à varier la palette de ses émotions (la mimique du "je vais te foutre un coup de boule", ça lasse à force)...