Michael Moore prépare actuellement un film sur la crise financière mondiale et l'économie américaine.
N'étant jamais à court d'idées, du moins à court d'images filmées, prêtes à être organisées selon l'ambiance et le climat du moment pour attaquer là où ça fait mal, le cinéaste contestataire annonçait au printemps dernier qu'il travaillait à la suite de son Fahrenheit 9/11, un documentaire qui concernerait donc toujours la politique étrangère américaine. Mais avec l'élan de la campagne présidentielle et l'élection de Barack Obama, et l'avènement de la crise financière, Moore aurait commencé à réorienter son film sur les questions économiques.
Pour un incurable pessimiste comme Michael Moore, dont le crédo est - à tort ou à raison - ce qui va mal, la désastreuse présidence Bush offrait une matière première inépuisable pour alimenter ses brûlots contre l'Amérique. Désormais, l'optimisme et l'espoir portés par l'élection d'Obama ne vont-ils pas nuire à son inspiration et, surtout, à l'intérêt que le monde pourrait porter à ses films ? Certes la crise économique n'est pas près de disparaître, mais le public a-t-il franchement envie qu'on lui décrive par le menu ? Moore s'était déjà attaqué à l'économie américaine et à l'automobile en particulier dans son premier film, Roger et moi. Plus qu'une suite de Fahrenheit donc, son prochain film sera le descendant de ce premier documentaire terriblement d'actualité vingt ans après. La boucle est bouclée.
La presse hollywoodienne, le Hollywood Reporter notamment, semble déjà vouloir tirer un trait sur ce cinéaste depuis longtemps décrié. Moore serait-il la première victime de la future présidence Obama ?
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