L'histoire d'Eugene Allen, 89 ans, ancien maître d'hôtel de la Maison Blanche, est plus hollywoodienne que les meilleurs mélos imaginés par l'industrie du cinéma. On comprend donc aisément que des producteurs se soient précipités pour en acheter les droits.

Le 7 novembre dernier, trois jours après l'élection de Barack Obama, un article du Washington Post racontait de manière extensive l'histoire de Eugene Allen donc, un Noir d'origine modeste qui fut employé de la Maison Blanche pendant 34 ans, de 1952 à 1986, traversant l'histoire de son pays, du combat pour les droits civiques, des assassinats de Kennedy ou Luther King au premières loges. Trois décennies durant, il fut en effet d'abord employé aux cuisines et menus travaux du célèbre bâtiment de Washington, puis fut promu maître d'hôtel. Quand il est arrivé à la Maison Blanche en 1952, il n'avait même pas le droit d'utiliser les toilettes publiques dans l'état de Virginie d'où il était originaire.
Il a serré la main des huit présidents sous lesquels il a travaillé, de Harry Truman à Ronald Reagan, et a partagé parfois plus avec eux. Sa femme était très fière de lui. Ils étaient mariés depuis 65 ans, et attendaient avec impatience l'issue de l'élection présidentielle, n'osant rêver de voir arriver un Noir à la Maison Blanche. La femme d'Eugene Allen est morte lundi 3 novembre, la veille de l'élection d'Obama.
L'Amérique est un pays incroyable. Il s'agit sans doute là d'une des histoires les plus mélodramatiques de l'histoire du cinéma américain, et c'est une histoire vraie. Columbia en a racheté les droits et l'auteur de l'article du Washington Post sera associé à l'écriture du scénario et à la production. Selon la productrice Laura Ziskin, le film brossera le portrait d'un extraordinaire Africain-Américain qui a vu le monde changer, et s'intéressera aussi à l'histoire d'amour entre lui et sa femme.
Il est facile d'imaginer ce que donnera le film, avec force violons et peut-être, s'ils font ça bien, oscars à la clé.
(crédits photo : Kevin Clark-The Washington Post)
Réagir à cet article
Pourquoi n'y voir que le côté "mélo" ? c'est aussi la possibilité de rendre concret un état de fait que beaucoup d'autruches se refusent à affronter. Les ghettos, l'appartheid c'était hier et pour le malheur du monde les vieux démons ne sont pas tous morts. Rendre un hommage à un homme simple qui a enfin la confirmation que son regard vaut celui d'un blanc ne sera jamais du mélo même si le film devait être un navet. Pour éviter tout commentaire, je suis blanche de peau. Mais si notre âme devait être de la couleur de notre peau alors je serais noire.
De Ralph McReiss, posté le 24.11.08 à 18:03
Et moi je serai rouge, tendance violet.
De ali, posté le 13.03.09 à 20:49
Bravo Mr Eugene Allen

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z